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Incidence de la COVID-19 sur les secteurs canadiens des céréales, des oléagineux et des légumineuses

  • 21 avr. 2020
  • 3,5 min de lecture

Dans les prochaines semaines, l’équipe de l’Économie agricole de FAC vous aidera à comprendre le contexte commercial en rapide mutation en raison de la COVID‑19. Nous actualisons l’article Perspectives pour 2020 : Secteurs canadiens des céréales, oléagineux et légumineuses afin que celles-ci reflètent les changements au contexte opérationnel.

La rentabilité des producteurs de céréales, d’oléagineux et de légumineuses devrait rester faible en 2020. La volatilité des prix a augmenté fortement au cours des trois premiers mois de 2020 en raison de la COVID‑19. La baisse des prix des produits agricoles de base a été partiellement compensée par la dépréciation du dollar canadien.

Nous prévoyons que les prix moyens du maïs, du soya et de l’orge fourragère seront inférieurs aux prix moyens de 2019. Les prix du canola, du blé dur, des pois jaunes et des lentilles rouges devraient être en moyenne plus élevés en 2020 qu’en 2019, mais inférieurs à leurs moyennes sur cinq ans. Le blé de printemps est le seul produit de base pour lequel le prix moyen de 2020 devrait être supérieur à celui de l’an dernier et à la moyenne quinquennale (tableau 1).

Tableau 1. Tendance à la baisse des prix des produits de base par rapport à la moyenne quinquennale

Sources : Statistique Canada, AAC, USDA, CME, MGEX, ICE Futures Contracts, et calculs effectués par FAC.

Les prix des intrants devraient être plus faibles en 2020 et soutenir la rentabilité. Les prix du diesel à usage agricole ont chuté de près de 20 % par rapport à mars 2019 et devraient continuer de baisser en avril et mai. Les prix du phosphore et de l’urée ont régressé de près de 15 % et 6 % respectivement, alors que ceux de l’ammoniac anhydre sont restés inchangés. Étant donné qu’il reste encore d’importants travaux de champ à effectuer au Canada et aux États-Unis, les prix des engrais pourraient remonter légèrement en avril et en mai.

Facteurs de l’offre et de la demande ayant une incidence sur les prix

1. La demande mondiale s’affaiblit à un moment où l’offre est abondante

  • Les importantes réserves mondiales de céréales, oléagineux et légumineuses ont porté les ratios stocks-utilisation mondiaux à des sommets inégalés, laissant entrevoir des possibilités limitées pour une augmentation importante des exportations canadiennes.
  • La récession mondiale de 2020 entraînera invariablement une baisse de la demande de produits de base dans les marchés émergents.
  • D’importants exportateurs comme la Russie et l’Argentine mettent en place des restrictions à l’exportation qui pourraient faire grimper les prix pour les exportateurs canadiens.
  • La pandémie de COVID-19 perturbe le transport ferroviaire et maritime des céréales, des oléagineux et des légumineuses. Les fermetures d’usines en Chine a causé une pénurie de conteneurs au Canada, ce qui crée des problèmes pour le transport des légumineuses et des cultures spéciales.

2. La demande d’éthanol aux É.-U. est plus faible que les prévisions de 2020 sur les superficies en acres de la culture du maïs

  • Les consignes de confinement visant à « aplatir la courbe » ont entraîné une baisse significative de la demande de carburant, ce qui a fait baisser les prix du pétrole. Le plus récent rapport WASDE indique une diminution de la production prévue de maïs destiné à la fabrication d’éthanol de 375 millions de boisseaux, ce qui entraîne une baisse prévue du prix saisonnier du maïs de 5 % ou 0,20 $ US le boisseau.
  • Malgré la faiblesse de la demande d’éthanol, les producteurs américains prévoient d’augmenter les superficies affectées à culture du maïs (en anglais seulement) de 8 % ou 97,0 millions d’acres. Il sera intéressant de voir comment les intentions d’ensemencement seront ajustées en fonction de l’évolution des attentes du marché.

3. Assouplissement de la demande canadienne d’aliments pour animaux

  • La baisse des stocks de bétail canadiens devrait réduire la demande intérieure globale d’aliments pour animaux. La perturbation des installations de transformation du bétail et la faiblesse des prix du bœuf et du porc devraient limiter toute expansion potentielle de l’industrie canadienne des bovins et des porcs en 2020.
  • Les mesures de confinement ont déplacé la demande de produits laitiers et ont déclenché un ajustement à la baisse de la production laitière au Canada et aux États-Unis, réduisant la demande d'aliments pour animaux en 2020.

La création d’un plan de marketing solide qui tient compte de la volatilité future des marchés de produits de base sera une stratégie judicieuse. 


Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer