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Faire face à l’incertitude économique avec les informations de la Banque du Canada

  • 15 avr. 2020
  • 4 min de lecture

Dans les prochaines semaines, l’équipe de l’Économie agricole de FAC vous aidera à comprendre le contexte commercial en rapide mutation en raison de la COVID‑19.

Le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC) publié aujourd’hui était attendu avec impatience. En quelques semaines seulement, les ventes des entreprises de certains secteurs se sont effondrées et plus de 6 millions de Canadiennes et de Canadiens ont demandé des prestations d’assurance-emploi ou la prestation d’urgence. Voilà qui est plus que suffisant pour complètement renverser l’évaluation de l’économie faite par la BdC en janvier. 

Il est difficile de saisir l’ampleur du ralentissement économique au Canada et aux États-Unis

  • Les projections économiques ont connu tout un renversement : en janvier, la BdC avait initialement projeté une augmentation de 1,6 % du PIB pour 2020. Elle a décidé de ne pas rapporter ses habituelles prévisions détaillées en raison du haut niveau d’incertitude. Cependant, elle estime que le PIB lors du deuxième trimestre de 2020 sera entre 15 et 30 % inférieur au niveau enregistré au dernier trimestre de 2019.
  • La forte baisse du revenu des ménages a une incidence sur les habitudes de consommation alimentaires, d’autant plus qu’elle coïncide avec un nouveau cadre de vie : l’achat d’aliments en ligne, la préparation de repas à la maison et la mise en réserve de provisions sont tous à la hausse.  Mais la fermeture des restaurants implique un repli de la demande pour plusieurs types d’aliments.
  • La durée de la crise économique est inconnue, mais il y aura un redressement. Les projections récentes du FMI suggèrent une augmentation du PIB canadien en 2021 de 4,2 % au Canada après un déclin de 6,2 % en 2020.
  • Une conclusion similaire s’applique également aux États-Unis : le FMI estime une décroissance du PIB pour 2020 de 5,9 % suivie d’un rebond de 4,7 %.

Les taux d’intérêt demeureront bas pendant une longue période

  • La BdC a pris l’initiative sans précédent de réduire son taux directeur de 150 points de base en moins d’un mois. La possibilité d’autres réductions est écartée pour le moment puisque la Banque n’est pas disposée à faire reculer les taux d’intérêt à court terme en territoire négatif.
  • Les rendements des obligations à long terme du gouvernement avaient initialement baissé suivant les mesures monétaires extraordinaires prises pour soutenir l’économie canadienne. Le rendement des obligations de référence du gouvernement du Canada à 5 ans a enregistré un creux à la mi-mars, puis a rebondi légèrement avant de reculer au cours des 4 dernières semaines. Bien qu’il soit possible que le taux d’intérêt effectif moyen des entreprises ne descende pas sous son plus bas niveau enregistré au printemps 2017, les taux d’intérêt devraient demeurer près des creux historiques.

Le marché du pétrole ne rebondira pas tant que la demande ne sera pas plus vigoureuse

  • L’industrie pétrolière canadienne continue de faire face aux pressions exercées sur les prix en raison de la faiblesse de la demande de pétrole, et ce, malgré la réduction de la production anticipée par les grands pays exportateurs de pétrole.
  • La faiblesse des prix du pétrole et la dépréciation du dollar canadien qui en résulte soutiennent les marges des exploitations agricoles.

Le FMI prévoit une décroissance du PIB mondial de 3 % en 2020

  • Cette contraction serait la plus marquante depuis la Grande Dépression, et significativement plus importante que le repli enregistré durant la Grande Récession de 2008-09.
  • La Chine a été une économie durement touchée pendant le premier trimestre de l’année. Son économie devrait croître de 1,2 % en 2020, ce qui est considérablement plus lent que les 5,9 % projetés en janvier. Les mesures de confinement en Chine ont été progressivement levées, entraînant une modeste amélioration de l’activité économique en Chine (en anglais seulement).
  • La croissance plus lente du revenu dans les marchés émergents provoque un recul de la demande d’aliments, ce qui entraîne une baisse de la demande de produits agricoles.

Même dans le meilleur des cas, les outils habituels pour comprendre les relations économiques manquent inévitablement de précision. Chaque jour apporte son lot de nouvelles informations et données, lesquelles peuvent amplifier les fluctuations de prix dans les marchés. Dans de telles circonstances, il est souvent plus utile de planifier pour des éventualités diverses que de faire des prévisions précises.

Approfondissez vos connaissances sur les tendances économiques et envisagez un nombre limité de scénarios représentatifs. Cela vous aidera à créer un bon plan de gestion du risque et à guider votre stratégie d’entreprise dans ce contexte d’incertitude.


Jean-Philippe Gervais
Vice-président et économiste agricole en chef

Jean‑Philippe Gervais est vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2010, M. Gervais était professeur d’économie agricole à la North Carolina State University et à l’Université Laval. Il était aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en agroindustrie et commerce international à l’Université Laval. M. Gervais est l’ancien président de la Société canadienne d’agroéconomie. Il a obtenu son doctorat en économie de l’Université d’Iowa State en 1999.

@jpgervais