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Comprendre le commerce et l’agriculture : Vue d’ensemble

  • 8,5 min de lecture

Le Canada est une nation commerçante, en particulier dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation, où nous cultivons et produisons plus que ce que nous pouvons consommer au pays. En 2019, le Canada s’est classé au cinquième rang des exportateurs mondiaux de produits agricoles. Les exportations combinées de produits agricoles et de denrées alimentaires s’élevaient à 67 milliards de dollars.

Un rapport sur le système agricole et agroalimentaire affirme que, dans l’ensemble, plus de 50 % de la production agricole canadienne est exportée directement ou transformée en vue d’être exportée. Certains produits comme la viande rouge, les grains céréaliers et les légumineuses dépendent fortement du commerce. D’autres, plus particulièrement dans les industries laitières et avicoles soumises à la gestion de l’offre, sont principalement destinés au marché intérieur.

Le Canada est un grand exportateur et importateur de produits agricoles et alimentaires. En 2019, nous avons enregistré un excédent commercial dans le domaine des produits agricoles et alimentaires de 14,9 milliards de dollars (l’excédent des denrées alimentaires était d’environ 741 millions de dollars). Cependant, les années précédentes, le commerce alimentaire, pris isolément, était déficitaire.

Raison pour laquelle le Canada se distingue en tant qu’exportateur de produits agricoles et alimentaires

Notre position d’exportateur dominant est due à notre compétitivité et à notre capacité de vendre des produits de haute qualité à un prix intéressant pour les acheteurs étrangers. Nos richesses naturelles (eaux et terres) et notre productivité globale sont les principaux moteurs du rendement et du succès de nos exportations.

Par exemple, nous pouvons accroître les volumes d’exportation en ayant recours à un plus grand nombre de facteurs de production (augmenter la superficie cultivée, embaucher plus de main‑d’œuvre, modifier les rations alimentaires, etc.). Chaque option signifie que nous pouvons justifier des dépenses plus élevées, si l’accroissement de la valeur de cette production dépasse celle des coûts. L’accroissement de la productivité améliore nos chances de succès sur les marchés d’exportation.

D’autres variables sur lesquelles les entreprises exercent parfois un contrôle très limité influent également sur le succès. Le cours des devises en est un exemple. La dépréciation de la valeur du dollar canadien rend nos produits plus concurrentiels pour les acheteurs étrangers.

Une question de logistique

En général, le fret maritime pour le transport en vrac est moins coûteux que le transport maritime en conteneurs, et les deux modes sont bien plus économiques que le fret ferroviaire. Cependant, pour le transport intérieur de moyenne à longue distance, le transport ferroviaire est plus économique que le camionnage.

Le fret maritime en provenance des côtes Ouest et Est du Canada offre un accès relativement peu coûteux à de nombreux pays importateurs. Cependant, l’Australie jouit toujours d’un net avantage sur le plan logistique lorsqu’elle vend des produits à la Chine, tandis que la Russie a un net avantage en matière de transport lorsqu’elle achemine des produits vers une grande partie de l’Europe.

La qualité supérieure, la fiabilité des livraisons et la fidélisation des clients entrent également dans l’équation, mais les coûts de transport peuvent prendre une importance considérable. C’est l’une des raisons pour lesquelles les États‑Unis sont le principal partenaire commercial du Canada. Ce sont nos voisins immédiats, et les deux pays ont en commun une longue frontière relativement ouverte.

L’importance de la diversification des marchés

Lorsque des désaccords commerciaux surviennent ou qu’un marché se tarit, il est important d’avoir d’autres clients. La dépendance à l’égard d’un seul client ou d’un seul pays comporte un risque inhérent.

Pour développer de nouveaux marchés, il faut établir des relations avec les acheteurs, ce qui nécessite du temps, des efforts et des ressources.

Par exemple, si un événement perturbait le marché américain de l’avoine canadienne, les producteurs d’avoine et les acheteurs de grains qui exportent de l’avoine pourraient souhaiter avoir d’autres débouchés. Cependant, il est difficile de détourner les produits du client qui paie le mieux vers un marché qui paie moins pour se prémunir contre une éventuelle perturbation du marché en période de prospérité.

Le vieux dicton dit : « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier », mais le développement de nouveaux marchés présuppose l’établissement de relations avec les acheteurs, ce qui nécessite du temps, des efforts et des ressources. Il faut parfois un premier succès à l’exportation sur un marché avant de se développer sur d’autres marchés. Le Service des délégués commerciaux peut fournir un soutien aux petites entreprises qui cherchent à pénétrer de nouveaux marchés.

Cependant, la diversification n’est pas toujours faisable – ou possible

Par exemple, les produits de boulangerie constituent la plus grande exportation de produits alimentaires au Canada, et 95 % des exportations sont destinées aux États‑Unis en raison de la proximité et de la durée de conservation limitée de ces produits périssables.

L’Amérique est également la principale destination des exportations canadiennes de porc, de bœuf et de viande rouge. Cependant, il est intéressant de noter que les produits à base de viande bovine comme le foie, la langue et les peaux trouvent des marchés de plus grande valeur dans d’autres pays comme le Japon et la Corée du Sud.

Les accords commerciaux ouvrent des perspectives

Les divers accords commerciaux peuvent ressembler un peu à une soupe à l’alphabet. Il y a l’ACEUM (l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique), qui a remplacé l’ALENA (l’Accord de libre‑échange nord‑américain).

Récemment, le Canada a également signé l’AECG (l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne). Ensuite, il y a le PTPGP (l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), auquel participent onze pays signataires, soit le Canada, le Japon, Singapour, l’Australie, le Mexique, la Nouvelle‑Zélande, Brunei, le Chili, la Malaisie, le Pérou et le Vietnam.

Pendant les années 1980 et 1990, de nombreux efforts ont été consacrés aux accords commerciaux mondiaux. Bien que l’Organisation mondiale du commerce soit toujours pertinente, des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux ont récemment été conclus pour remplacer un seul accord unique couvrant des dizaines de pays. Si la portée des accords commerciaux qui profitent aux exportateurs canadiens s’est élargie, d’autres négociations sont en cours ou d’autres considérations existent pour élaborer des accords de libre‑échange (c.‑à‑d. les Émirats arabes unis, la Thaïlande, l’Inde, le Royaume‑Uni et la Communauté des Caraïbes).

La réduction des droits de douane dans les pays importateurs est positive pour les exportations canadiennes

Les accords commerciaux ne se limitent pas à l’agriculture et à l’alimentation. L’objectif global est de réduire les obstacles et de faciliter les échanges. Les pays signataires d’un accord commercial s’accordent généralement un traitement préférentiel. Cela prend souvent la forme de droits de douane moins élevés, ce qui rend nos exportations plus concurrentielles par rapport à un autre fournisseur qui ne bénéficie pas d’un accès préférentiel semblable. Les droits de douane effectifs sur les exportations canadiennes peuvent être facilement récupérés à partir de l’outil Info‑Tarif Canada d’Exportation et développement Canada (EDC).

Les obstacles commerciaux non tarifaires sont de plus en plus importants

Les droits de douane ne sont pas les seules politiques qui influent sur les flux des échanges commerciaux. Les obstacles non tarifaires tels que les mesures sanitaires et les exigences en matière d’inspection peuvent également jouer un rôle majeur en facilitant ou en entravant les échanges. L’AECG est un bon exemple. Les importations de canola par l’UE doivent être accompagnées d’une documentation sur les répercussions environnementales. Ou encore, l’UE n’importera que des produits à base de viande bovine provenant d’exploitations certifiées dont le bétail est minutieusement inspecté pour détecter l’utilisation d’agents antimicrobiens.

Les limites maximales de résidus (LMR) en sont un autre exemple. Elles varient d’un pays à l’autre, ce qui crée de l’incertitude pour les exportateurs. Le Codex, une initiative internationale, vise à faire des recherches et à fournir des LMR que les pays peuvent utiliser pour leurs évaluations. Malheureusement, il n’existe pas d’évaluation du Codex pour de nombreux composés chimiques, et les pays font souvent fi des recommandations du Codex même lorsqu’elles existent. Ainsi, les LMR peuvent constituer un obstacle non tarifaire au commerce.

D’autres préoccupations phytosanitaires sont également devenues des obstacles non tarifaires au commerce, notamment les facteurs de croissance utilisés dans la production de viande, les graines de mauvaises herbes dans les expéditions de céréales et des quantités infimes de grains génétiquement modifiés non enregistrés.

Politique et commerce

La plupart des économistes estiment que le commerce sans restriction contribue à la richesse globale, parce que les pays ont tendance à produire et à exporter les produits pour lesquels ils détiennent un avantage comparatif. Cependant, de nombreux pays sont également en train de promouvoir l’autonomie alimentaire. Ils ne veulent pas trop dépendre des autres nations pour un besoin humain aussi fondamental.

L’exemple de l’Inde

L’Inde compte des millions d’agriculteurs, dont la plupart exploitent de petites parcelles et peinent à gagner leur vie et à nourrir leur famille. Le gouvernement indien est souvent contraint d’équilibrer les besoins de ses agriculteurs et l’abordabilité des aliments pour son importante population.

Ainsi, l’Inde prend parfois des mesures pour limiter les importations de légumineuses, ce qui a des répercussions importantes sur les lentilles et les pois canadiens.

En 2016, les importations de légumineuses de l’Inde en provenance du Canada se chiffraient à plus de 1,1 milliard de dollars et représentaient plus de 40 % des exportations canadiennes de pois jaunes et de lentilles rouges. En 2018, des restrictions quantitatives à l’importation imposées sur les pois et des droits de douane sur les pois et les lentilles ont considérablement réduit les échanges. Heureusement, une demande chinoise pour les pois canadiens a vu le jour, et la Chine est devenue le plus grand marché d’exportation pour cette culture.

À peu près au même moment, en raison d’un différend diplomatique, la Chine a réduit les importations de canola canadien, interdisant les ventes de quelques‑unes des plus grandes sociétés céréalières. Une partie du canola canadien déplacé est allée en Europe pour la production de biodiesel, compensant la réduction de la production européenne de colza aux Émirats arabes unis.

Le commerce est vital pour les pays exportateurs et importateurs

Sans le commerce, les secteurs agricoles canadiens seraient considérablement plus petits, ce qui entraînerait une perte énorme au chapitre de l’activité économique et des emplois. De plus, beaucoup d’autres pays dans le monde auraient du mal à nourrir leur population.

Chaque produit dépend de marchés d’exportation différents et présente des nuances commerciales différentes. C’est pourquoi la compréhension de la dynamique commerciale des produits que vous produisez peut constituer un outil de planification utile.

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