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L’école et la communauté font découvrir l’agriculture aux jeunes

5,5 min de lecture

Si le directeur d’école Kevin Van Lagen (ou monsieur V. L. comme l’appellent les élèves de l’école Altario) manque une journée, il risque de manquer beaucoup de choses.

« Un jour où j’étais absent, les leaders étudiants se sont réunis, et apparemment, ils ont échangé quatre agneaux contre six cochons. Je suis revenu le lendemain, et ils ont dit : “Monsieur V. L., nous allons avoir des cochons!” »

Et c’est de cette manière que se prennent généralement les décisions dans cette ferme-école. « Les élèves font beaucoup de choix », explique M. Van Lagen.

Un apprentissage qui fait écho au patrimoine agricole

L’école Altario, située dans la municipalité du même nom, à trois heures de route au nord de Medicine Hat, en Alberta, n’est pas une école primaire et secondaire rurale ordinaire, et M. Van Lagen n’est pas un directeur d’école comme les autres. En mettant en valeur le patrimoine agricole de la région et en renforçant les liens entre l’école et sa communauté, M. Van Lagen redéfinit l’enseignement en milieu rural et fait découvrir aux élèves un monde de débouchés dans le domaine de l’agriculture.

Aujourd’hui, cette école est fort différente de ce qu’elle était lorsque M. Van Lagen est arrivé en 2014.

« La communauté d’Altario est très soudée, et l’école a toujours affiché des taux de réussite élevés. Je dirais cependant qu’elle avait traversé des périodes difficiles. Il y avait beaucoup de roulement de personnel. En fait, à mon arrivée, j’étais le sixième directeur en six ans. »

Comment pouvons-nous faire découvrir à nos élèves plus de carrières en agriculture?

Cette année-là, l’école comptait neuf finissants, dont la plupart allaient poursuivre des études en agriculture. Mais quand il leur a demandé quelle carrière en particulier les attirait en agriculture, beaucoup n’étaient pas conscients des différentes options possibles.

« Au fil de ces conversations, j’ai commencé à me rendre compte que les élèves ne connaissaient pas vraiment l’éventail des débouchés qui s’offraient à eux, explique M. Van Lagen. Et c’est là que l’idée a commencé à germer. Comment pouvons-nous présenter les différents cheminements de carrière en agriculture à nos élèves, et comment pouvons-nous célébrer le fait que nous sommes une collectivité résolument axée sur l’agriculture? C’est notre patrimoine, mettons-le en valeur. »

Une idée simple donne lieu à un investissement commercial

Même s’il n’est pas issu du milieu agricole, M. Van Lagen était prêt à relever le défi. « J’ai beaucoup appris ces dernières années », déclare-t-il en riant.

M. Van Lagen a commencé par organiser quelques journées thématiques sur l’agriculture à l’école. Des conférenciers de la région et des démonstrations étaient au programme de ces journées. Ce printemps-là, il s’est dit que ce serait intéressant d’élever un bouvillon pour recueillir des fonds pour l’école. Quelques parents ont dit : « Pourquoi ne pas l’élever à l’école? » La société agricole locale a apporté une contribution financière pour la construction d’un abri, et l’école a aménagé un petit enclos.

« En février 2019, je suis tombé sur une grange de dix mètres sur dix mètres à vendre. Alors j’ai demandé à la commission scolaire si elle était prête à nous l’acheter. »

La réponse était oui.

« En juin, nous avons tenu une journée portes ouvertes et une danse campagnarde dans notre nouvelle grange, et nous avons vendu aux enchères l’un de nos bouvillons, dit M. Van Lagen. Nous avons recueilli plus de 50 000 $ en dons ce soir-là. »

Aujourd’hui, la ferme-école est florissante et ne cesse de se diversifier.

« Nous élevons habituellement des dindons et des poulets, et nous avons aussi des poules pondeuses, des moutons, des cochons, des paires vache-veau et des bouvillons. »Comment pouvons-nous présenter les différents cheminements de carrière en agriculture à nos élèves.

Les élèves ont eu l’occasion de participer à des transplantations d’embryons bovins, qui ont permis d’obtenir trois veaux de race pure : deux veaux mâles Charolais et une génisse Simmental portés par des receveuses issues d’un croisement Angus-Simmental. « C’est une expérience très enrichissante pour les enfants, et ces animaux ont une certaine valeur, alors nous verrons quelles décisions ils prendront », dit-il.

En outre, grâce à un système hydroponique modulaire, les élèves produisent des fruits et des légumes frais toute l’année.

« Nous récoltons 500 végétaux par semaine. Nous avons un programme dans le cadre duquel les gens peuvent s’abonner et recevoir une boîte de fruits et légumes frais chaque semaine », explique-t-il.

En 2024, un deuxième système hydroponique modulaire a été ajouté afin de créer un espace pédagogique où les élèves peuvent expérimenter la culture d’une grande variété de végétaux, des fleurs aux tomates en passant par les poivrons, à partir de semences reçues en don.

« Ce système supplémentaire n’est pas destiné à générer des profits, déclare M. Van Lagen. Il permet aux élèves de découvrir différentes cultures et d’apprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. »

La même année, l’école a également ajouté un nouveau bâtiment pour expérimenter la culture de fourrage à l’intérieur. Grâce à une subvention de recherche, les élèves ont comparé les rations traditionnelles à un mélange composé à 70 % de fourrage et ont constaté que les gains de poids étaient pratiquement identiques.

Profiter de l’expérience de mentors et de leaders inspirants

Des mentors de la collectivité contribuent à différents aspects de la ferme, et M. Van Lagen affirme qu’un véritable sentiment d’appartenance s’est développé. La collectivité redonne à l’école, et les élèves tiennent les rênes de leur propre apprentissage.

Les élèves du secondaire peuvent se porter candidats pour être les dirigeants de la ferme. À ce titre, ils sont responsables de volets particuliers de l’exploitation agricole. Quant aux plus jeunes, ils participent aux activités de la ferme chaque semaine en effectuant certaines tâches.

L’agriculture favorise l’esprit communautaire

« Lorsque les élèves arrivent à l’école le matin, ils s’attaquent d’abord à leurs corvées, puis nous préparons le déjeuner pour toute l’école. Le reste de la journée se déroule à peu près comme dans les autres écoles », poursuit le directeur.

« Chaque jour, il y a une période où les élèves peuvent travailler à la ferme. Certains font des corvées, d’autres construisent quelque chose ou s’occupent d’un animal, par exemple. »

Le mercredi est jour de récolte, et un petit magasin aménagé dans l’école ouvre l’après-midi pour que les gens de la région puissent venir acheter leurs fruits, leurs légumes et leur viande. Le jeudi, les élèves sèment de nouveau.

La gestion des affaires au quotidien

Les dirigeants de la ferme se réunissent régulièrement pour prendre des décisions.

« Je leur dis que tant que les décisions cadrent avec le caractère durable et éducatif de notre programme, ils peuvent prendre les décisions qu’ils veulent », explique M. Van Lagen.

« Ce sont eux qui décident quand nos bouvillons sont prêts à se faire abattre. Ils peuvent décider de les abattre sur place pour en vendre la viande ou de les vendre à une personne qui s’en occupera. »

Les décisions sont fondées sur les meilleures données auxquelles les élèves ont accès à un moment précis.

« Les élèves découvrent les prix associés aux différentes manières de vendre les produits, ainsi que les coûts connexes, puis ils prennent des décisions, fait valoir le directeur. Ils font l’analyse et décident ensuite. »

Des mesures incitatives efficaces

L’incitation pour les élèves est bien réelle. « En fonction des résultats que l’exploitation obtient chaque année, nous accordons des bourses d’études », ajoute M. Van Lagen.

Le programme continue de s’étendre au-delà de la ferme. En 2024, l’école Altario a été reconnue comme un établissement collégial en Alberta et collabore désormais avec le collège Lakeland afin de proposer des cours en agriculture qui comptent à la fois pour les crédits du secondaire et ceux du collège. Afin de favoriser l’apprentissage pratique, la construction d’un centre d’apprentissage dans une cabane en bois rond est en cours. Ce centre comprendra des chambres, une cuisine et un espace de rencontre, et devrait éventuellement accueillir jusqu’à 30 élèves suivant des cours en ligne qui viendront y effectuer les travaux pratiques de leur programme d’études.

Alors qu’il entame sa treizième année en tant que directeur de l’école Altario, M. Van Lagen affirme qu’il constate un sentiment croissant de fierté chez les élèves et dans la collectivité.

« C’est fantastique. Nous avons un modèle qui illustre vraiment ce qui peut arriver lorsqu’une communauté entière s’unit autour d’une école. C’est incroyable ce qu’on peut faire. »

Tiré d’un article de l’AgriSuccès par Emily Leeson.

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