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Documenter vos pratiques durables : un levier stratégique pour les transformateurs alimentaires

5 min de lecture

Cet article est tiré d’un panel et de présentations tenus lors de l’évènement « Créer son avenir pour un impact durable », organisé par le CTAQ.

Le secteur de la transformation des aliments et des boissons doit composer avec des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) de plus en plus rigoureuses. Les détaillants rehaussent leurs attentes envers les fournisseurs pour répondre aux besoins des consommateurs et aux nouvelles réglementations, tandis que les investisseurs et institutions financières adaptent leurs stratégies pour soutenir les entreprises capables d’intégrer la durabilité au cœur de leurs pratiques.

Dans ce contexte, trois questions centrales s’imposent :

  1. Pourquoi consigner vos initiatives écoresponsables?

  2. Quelles activités prioriser et comment les valoriser?

  3. En quoi ces démarches renforcent-elles la résilience, la performance et la crédibilité, tant de votre entreprise que du secteur agroalimentaire?

Faire de vos actions durables un avantage concurrentiel

Les attentes des détaillants

« Pour les détaillants, la traçabilité et la transparence sont essentielles. Ils doivent pouvoir compter sur des données fiables et comparables pour évaluer les pratiques de leurs partenaires, notamment les transformateurs alimentaires. Notre plus grand défi, c’est de mieux comprendre et documenter notre chaîne d’approvisionnement au-delà des premier et deuxième niveau », explique Marie-Claude Bacon, vice-présidente, affaires publiques et communications chez METRO inc. L’entreprise a mis en place un code d’approvisionnement responsable couvrant le respect réglementaire, les droits de la personne, l’environnement et le bien-être animal. Les fournisseurs doivent remplir une autoévaluation et, au besoin, METRO développe des plans d’action pour améliorer certains aspects de leur performance. Mme Bacon souligne aussi que l’harmonisation des demandes demeure un enjeu, chaque détaillant ayant encore ses propres critères. De son côté, METRO travaille notamment en partenariat avec GS1, un organisme de normalisation spécialisé dans la traçabilité, afin de faciliter et d’uniformiser la circulation de l’information.

Le regard des partenaires financiers

Les investisseurs cherchent à soutenir les entreprises qui génèrent un effet positif au-delà de la seule rentabilité. « Avant, l’objectif visait à gérer les risques et ne pas nuire. Aujourd’hui, il s’agit de créer de la valeur ajoutée en intégrant l’incidence ESG dans les décisions d’affaires », explique Guy LaRoche, directeur de portefeuille chez Fondaction. « Des critères comme la gouvernance, la responsabilité sociale et la gestion circulaire des ressources sont désormais incontournables pour obtenir l’appui des investisseurs », renchérit-il.

Les institutions financières guident les entreprises dans leur transition durable. « Pour nous, la pérennité passe d’abord par la productivité et la résilience. Les bonnes stratégies réduisent les risques et représentent un investissement à long terme qui rapporte. Nous accompagnons nos clients dans l’adoption de meilleures pratiques, sans créer de contraintes inutiles », souligne Marie-Claude Bourgie, vice-présidente exécutive, Stratégie et Impact, chez FAC.

Elle précise toutefois que, lors de transactions de plus grande envergure, FAC s’assure que les entreprises disposent d’équipes et de systèmes de collecte de données conformes aux attentes des détaillants et des marchés étrangers. Ce soutien peut aussi prendre la forme de solutions concrètes, comme des prêts pour faciliter l’obtention de certaines certifications ou encore de produits intégrés au cadre de finance responsable.

Les transformateurs et la réduction des GES : état des lieux

Une étude menée par Inno-centre et la firme de recherche Léger, auprès de 131 entreprises du secteur de la transformation alimentaire du Québec1, révèle une sensibilisation croissante, mais des plans d’action inégaux. Si la majorité juge important de contribuer à réduire son impact climatique, toutes les entreprises ne présentent pas le même niveau de maturité. Pour plusieurs, le développement durable reste surtout associé à la réputation ou à l’image de marque plutôt qu’à une occasion stratégique.

« On constate une réelle volonté d’agir, mais aussi des obstacles liés à la complexité du processus et au manque de moyens financiers. Plusieurs entreprises ne savent pas par où commencer », observe Éric Waterman, vice-président agroalimentaire chez Inno-centre.

Malgré ces défis, de plus en plus de transformateurs mettent en place des approches structurées pour mieux comprendre les retombées de leurs initiatives et suivre leurs avancées sur le plan environnemental.

Transformer une exigence en moteur stratégique

Face à l’évolution rapide des exigences ESG, vous avez tout intérêt à vous appuyer sur des données éprouvées. Celles-ci ne servent pas seulement à évaluer les risques et à mesurer les progrès : elles soutiennent vos décisions d’affaires et renforcent la confiance de vos partenaires et détaillants.

« L’essentiel, c’est d’avancer étape par étape, sans vouloir tout entreprendre simultanément, et de commencer par établir une base de référence, souligne M. Waterman. Chaque petit pas, même modeste, favorise l’évolution de l’entreprise. » Les bonnes stratégies réduisent les risques et représentent un investissement à long terme qui rapporte.

Pour amorcer ce virage de manière structurée, une analyse de matérialité ESG s’impose souvent comme le meilleur point de départ. Elle aide à identifier les enjeux les plus significatifs pour votre organisation et à concentrer vos efforts là où ils auront le plus d’impact. En dressant un portrait clair de vos principaux indicateurs – qu’il s’agisse, par exemple, de la gestion de l’énergie, de l’eau et des émissions de GES, de la santé, de la sécurité et des conditions de travail, ou encore des politiques internes et des relations avec les fournisseurs –, vous posez les bases solides qui vous permettront de passer efficacement de la planification à l’action.

Envie de savoir par où commencer?

Découvrez une approche étape par étape pour réaliser et appliquer une analyse de matérialité ESG adaptée aux besoins et aux réalités propres à vos entreprises du secteur alimentaire et des boissons.

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Un investissement stratégique

Documenter vos pratiques écoresponsables n’est pas une simple formalité : c’est un atout stratégique. En rendant vos actions mesurables et crédibles, vous démontrez aux détaillants, investisseurs et institutions financières que votre entreprise allie efficacité et engagement concret. Loin d’être une contrainte, cette transparence devient un levier de compétitivité pour accroître la performance de votre entreprise et, à plus grande échelle, celle du secteur agroalimentaire. Au Québec, plusieurs programmes d’aide disponibles, notamment ceux du MAPAQ, soutiennent les entreprises de transformation alimentaire qui souhaitent innover ou améliorer leurs pratiques agroenvironnementales. Ces mesures facilitent la mise en œuvre d’initiatives durables et l’accès à un accompagnement spécialisé, comme celui proposé par les experts d’Inno-centre.


1Les données de l’étude ont été collectées par l’intermédiaire d’un sondage Web (distribution de liens ouverts) entre le 20 janvier et le 19 février 2025.

Article par : Mélanie Lagacé

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