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Diriger deux exploitations sous un même toit implique de trouver un terrain d’entente

  • 3,5 min de lecture

Les couples d’agriculteurs dirigent souvent leur entreprise en collaboration. Certains, toutefois, jugent préférable de maintenir une plus grande distance entre les entreprises.

Travailler en harmonie malgré des personnalités différentes

Sally et Mark Bernard font l’élevage de volailles pour les œufs et la viande, en plus de cultiver et de moudre des céréales fourragères à leur ferme biologique de Lower Freetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. De façon générale, la gestion des deux volets de leur exploitation est nettement répartie.

« Si on nous le demande, nous répondons habituellement que Mark s’occupe de la production céréalière et que Sally s’occupe des volailles, ce qui est vrai, mais la réalité est un peu plus nuancée que cela. Je suppose qu’il en va ainsi de tous les couples d’agriculteurs », dit Sally.

En raison du caractère mixte de leur exploitation, la gestion du foyer, notamment des enfants, est parfois complexe. C’est particulièrement vrai lorsque les saisons de pointe se chevauchent, mais aussi en raison des personnalités que Sally qualifie de « différentes, mais complémentaires ».

Tâchez de séparer autant que possible les problèmes liés au travail des questions familiales et, comme dans toute profession, d’adopter une approche proactive de la résolution de conflits.

« Nos personnalités totalement opposées représentent un défi, mais sont aussi l’essence de notre réussite, dit-elle. Nous avons des idées très différentes et nos propres moments de frustration; cela nous incite à réfléchir, et nous finissons toujours par trouver les meilleures idées. » Cela se traduit, par exemple, dans la façon dont ils gèrent et perçoivent le rendement des employés.

« Sa conception de l’assiduité et des pauses est très différente de la mienne, alors il est très important que nous soyons au même diapason lors des évaluations ou dans des situations difficiles. »

Il est aussi crucial d’établir des priorités. À cette fin, le couple se réunit chaque matin afin de passer en revue le travail à accomplir au cours de la journée.

« Lors de ces réunions, nous nous assurons de répéter l’information en reformulant afin que tout soit clair. »

Un emploi comme les autres

Pour Élise Pigeon, travailler en partenariat avec son frère dans la ferme de cultures commerciales de sa famille est comme n’importe quel autre emploi. En effet, elle compare cette situation à celle de n’importe quel couple de travailleurs.

Son conjoint, J.‑P. Michon, exploite une ferme laitière avec sa propre famille à La Présentation, au Québec. Tous deux vivent à la ferme laitière avec leurs enfants, et selon Élise, une des plus grandes difficultés est de « comprendre la réalité de l’autre ».

Comme les rôles qu’ils occupent dans leur ferme respective diffèrent, il n’est pas toujours possible de prévoir à quel moment l’autre sera occupé et pourquoi. Élise occupe aussi un emploi à temps plein à l’extérieur de la ferme.

« Durant la haute saison, nous devons planifier notre horaire, ce qui est presque impossible. Mais quand je ne peux pas être à la maison pour souper, il prend le relais et n’hésite pas à prêter main-forte. Nous avons de la chance que les grands-parents soient nos voisins et qu’ils soient toujours prêts à nous donner un coup de main. »

Respecter les différences

Élise considère aussi que les différences de personnalité représentent à la fois un défi et un avantage. En effet, des expériences et des points de vue différents leur permettent de profiter d’un réseau élargi de contacts et de trouver des solutions créatives aux problèmes.

Le plus important est d’être capable de rester réaliste et de garder une perspective d’affaires. Cela suppose de séparer autant que possible les problèmes liés au travail des questions familiales et, comme dans toute profession, d’adopter une approche proactive de la résolution des conflits.

« C’est difficile, mais la capacité d’être honnête et rationnel devant les faits aide à ne pas laisser les émotions triompher des idées », dit Élise. Elle ajoute que cela aide aussi à ne pas laisser l’agriculture occuper toutes les conversations à la maison – même si, étant donné la passion qu’expriment J.‑P. et les enfants, ce n’est pas toujours facile de les en dissuader.

En conclusion

Beaucoup de couples d’agriculteurs exploitent deux fermes complémentaires. Il peut être difficile de trouver un terrain d’entente devant des défis comme les attentes liées au partage des tâches agricoles et aux obligations domestiques et familiales, mais la communication est la clé. Réunissez-vous le matin pour déterminer les priorités du jour et pour planifier l’horaire de la famille. Il est aussi important de rester réaliste et de garder une perspective d’affaires.

Article par : Matt McIntosh