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L’importance du calcul des coûts de production pour la réussite des fabricants alimentaires

  • 3 min de lecture

De nombreux produits alimentaires et boissons naissent d’une passion, étant créés lorsqu’une personne voit une occasion d’affaires et qu’elle possède l’expertise nécessaire pour mettre au point un produit ou une formulation distincte.

Le fruit d’une passion

Les petites entreprises peuvent être si enchantées par leur produit qu’elles ne sont pas nécessairement conscientes des obstacles qu’elles risquent de rencontrer.

Les entreprises connaissent généralement bien les coûts de leurs produits, des matières premières et de la main‑d’œuvre, mais les coûts associés au développement des affaires peuvent leur échapper. Les petites entreprises peuvent être si enchantées par leur produit, explique le consultant québécois Yanick Bouchard, qu’elles ne sont pas nécessairement conscientes de certains obstacles potentiels — ou coûts de production — qui peuvent surgir.

« Il arrive souvent qu’une entreprise ait de formidables produits et idées, mais qu’elle ne sache pas comment les commercialiser, explique M. Bouchard, dont l’entreprise, Solution YB, aide les petites et moyennes entreprises à commercialiser leurs produits. C’est toute une étape à franchir. »

Certains facteurs comme le prix de détail, le coût à l’unité et les coûts de distribution sont des éléments fondamentaux; pourtant ils sont souvent négligés. Ils doivent être pris en compte dès le départ pour assurer la viabilité de l’entreprise, précise‑t‑il.

Difficile de revenir en arrière

Il arrive parfois, explique M. Bouchard, que les coûts détaillés soient oubliés au moment du lancement du produit. Puis, après quelques mois et un peu d’expérience, les coûts sont déterminés. Les fabricants peuvent alors être tentés d’augmenter les prix de détail pour couvrir les dépenses qui avaient été omises. Cela peut poser problème, selon M. Bouchard.

« Les fabricants connaissent les coûts des ingrédients et les coûts de main‑d’œuvre pour fabriquer une unité de produit, mais ils doivent également inclure tous les autres coûts variables et coûts fixes qui contribuent au financement du produit, indique M. Bouchard. Voilà ce qui est très souvent à l’origine du problème : les fabricants ne sont pas toujours conscients de cela. »

Les dépenses suivantes doivent également être considérées dans le calcul du coût de production :

  • emballage
  • transport
  • publicité
  • amortissement de l’équipement
  • réparations de l’équipement
  • loyer
  • intérêts
  • impôts

Calcul de la marge brute

M. Bouchard insiste sur l’importance de connaître la marge brute de l’entreprise, qui est calculée en soustrayant le coût des marchandises vendues (communément appelé CMV) du revenu, puis en divisant cette différence par le revenu et en exprimant ensuite ce résultat en pourcentage.

« Si la marge brute est inférieure à 50 %, il sera difficile d’élargir la distribution en maintenant le même prix de détail, explique M. Bouchard. La marge brute devrait idéalement se situer entre 70 % et 80 % pour permettre à l’entreprise de croître de façon viable. »

« Lorsque la marge se situe entre 70 % et 80 %, de véritables possibilités s’offrent à l’entreprise. »

Lorsque la marge d’un produit est de moins de 50 %, M. Bouchard tente d’abord de voir si les coûts des matières premières ou de la main‑d’œuvre peuvent être réduits. Si ce n’est pas le cas, le seul moyen logique d’assurer la rentabilité consiste à augmenter le prix.

Toutefois, cela présente un risque considérable, surtout si le prix du produit est substantiellement supérieur à celui de la concurrence.

« Si votre produit se vend maintenant à 20 $ et que ceux de vos concurrents se vendent à 10 $, votre produit pourrait se retrouver hors du marché. », précise M. Bouchard.

Même si c’est palpitant de lancer un produit et de commencer à générer des ventes, il est crucial de prendre le temps d’effectuer des prévisions de revenus et de dépenses. Le coût de production est un élément fondamental de la veille stratégique qui est souvent négligé par les petites entreprises.

Article par : Chris Powell