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Connaissez-vous votre coût de production?

  • 3 min de lecture

Il est de plus en plus important pour les producteurs agricoles de connaître leur coût de production (CDP) afin de maximiser leurs bénéfices et de réduire leurs pertes potentielles. Ces chiffres sont indispensables pour déceler à l’avance les problèmes financiers.

La connaissance du CDP réel est un « premier pas déterminant » pour tâter le pouls de l’exploitation, dit Darren Bond, spécialiste en gestion d’exploitation agricole de la société Manitoba Agriculture and Resource Development de Teulon, au Manitoba. « Habituellement, le coût de production des exploitations céréalières se calcule par acre (ou par hectare) et est ensuite converti en coût par boisseau (ou par tonne) vendu ».

Le CDP pour les vaches

Les éleveurs-naisseurs évaluent généralement leur CDP en dollars par vache. Certains le calculent maintenant en dollars par livre de veau sevré étant donné que les ventes de veaux sevrés constituent leur principale source de revenus. Pour calculer le seuil de rentabilité, il s’agit de diviser les coûts de production totaux du troupeau par le nombre total de livres de veaux sevrés, ce qui permet d’obtenir le coût de production unitaire.

« Ces calculs peuvent être rebutants, mais il ne faut pas se laisser décourager », dit M. Bond. Vous n’avez pas à réinventer la roue si vous vous appuyez sur un modèle offert par votre ministère provincial de l’Agriculture, ou si vous utilisez un logiciel comme AgExpert Champs de FAC.

« Il est très important de personnaliser ces modèles en y saisissant vos propres chiffres. Chaque producteur a un CDP différent; seuls vos chiffres vous procureront l’information dont vous avez besoin. »

Déterminer les coûts fixes et variables

Le coût de production se compose des coûts fixes et des coûts variables. Les coûts fixes sont les dépenses comme les paiements au titre de prêts pour l’achat de terres et d’équipements, l’amortissement, l’impôt foncier et les retraits personnels. Les coûts variables comprennent les semences, l’engrais, le carburant, les réparations et les aliments pour animaux.

« La plupart des agriculteurs comprennent très bien leurs coûts variables par acre, mais certains peinent à déterminer leurs coûts fixes, dit M. Bond. Je recommande habituellement aux producteurs de commencer par saisir leurs paiements réels au titre de prêts pour l’achat de terres et d’équipements, leurs coûts de main-d’œuvre et leur coût de la vie, puis d’établir une moyenne selon leur superficie. »

Les coûts fixes d’un producteur de céréales et d’oléagineux pourraient s’établir à 150 $ par acre, mais les coûts variables diffèrent d’une culture à l’autre. Dans le cas du canola et de l’avoine, par exemple, ils pourraient se chiffrer respectivement à 450 $ et à 325 $ par acre. Lorsqu’on additionne les coûts fixes et les coûts variables, on constate que le seuil de rentabilité serait de 600 $ par acre pour le canola et de 475 $ par acre pour l’avoine.

Une analyse par simulation vous permet de déterminer quelles cultures offrent les meilleures perspectives de profit.

Une fois que vous connaissez vos chiffres, exécutez une analyse par simulation pour évaluer comment vous vous en sortiriez selon différentes combinaisons de rendement et de prix afin de déterminer quelles cultures offrent les meilleures perspectives de profit. Si l’on reprend l’exemple du paragraphe précédent, une récolte de 50 boisseaux de canola devrait se vendre 12 $ le boisseau, et une récolte de 125 boisseaux d’avoine devrait se vendre 3,80 $ le boisseau pour être rentable.

Il est indispensable de connaître votre CDP pour prendre des décisions éclairées pour votre exploitation. N’hésitez pas à solliciter des conseils d’experts en cas de doute.

Calculez votre coût de production

Vos chiffres étant propres à votre exploitation, nous vous invitons à vous poser les questions suivantes :

  • Pour chacun de mes produits, quel est le coût correspondant au seuil de rentabilité compte tenu de mes coûts fixes et de mes coûts variables?
  • Quels résultats obtiendrais-je selon différents niveaux de rendement et de prix?

D’après un article de l’AgriSuccès par Lorne McClinton.