Passer au contenu principal

Comment une stratégie de marque personnelle peut-elle renforcer la confiance du public?

  • 5 min de lecture

La plupart des produits de base sont représentés par une marque – alors pourquoi pas les agriculteurs?

La création et la gestion d’une marque présentent de nombreux avantages : la marque permet notamment de présenter de manière positive l’agriculture au reste du monde, de soutenir les autres agriculteurs et d’accroître la rentabilité.

Les raisons qui motivent un producteur à créer une marque varient.

Motivation

Par exemple, lorsque le producteur de porc Stewart Skinner de Stonaleen Farms, à Listowel, en Ontario, a entrepris de créer sa marque Modern Farmer il y a dix ans, il visait le marché mondial. Le mouvement « Feeding Nine Billion » était lancé et il voulait en faire partie.

Il a donc créé une marque qui reflète sa vision de la technologie et de la tradition.

« Modern Farmer » témoigne du fait que certaines parties de nos activités sont très actuelles et soutenues par la technologie, tandis que d’autres remontent à nos origines, à ce que nos arrière-grands-pères faisaient en tant qu’agriculteurs », dit M. Skinner.

Sur les médias sociaux, il a commencé à promouvoir sa marque principalement en tant que rédacteur invité sur les blogues d’autres personnes, mais c’est Twitter qui lui a fourni les meilleurs résultats. Ce média social lui permet de se joindre à une communauté solidaire de producteurs de porc du monde entier, déterminée à produire de la viande de porc de la manière la plus efficace possible.

M. Skinner avoue qu’il n’a pas encore trouvé le moyen de monétiser réellement Modern Farmer. Toutefois, en rencontrant d’autres producteurs de son réseau pour échanger des renseignements, résoudre des problèmes et commercialiser ses produits, il a évité des heures de travail à tenter de trouver seul des réponses et des contacts.

Cela a renforcé sa conviction de rester fidèle à sa marque.

« Je n’y renoncerai pas », déclare-t-il. « Un magazine a essayé de m’acheter mon pseudonyme Twitter, mais j’ai refusé de le vendre. Modern Farmer représente ce en quoi je crois, et c’est important pour moi. »

Talons hauts et champs de canola

À Watrous, en Saskatchewan, Lesley Rae Kelly a créé sa marque High Heels and Canola Fields il y a quatre ans, pendant un congé de maternité, en réfléchissant à ses prochaines démarches.

Sa marque est un hommage à l’une des cultures les plus révolutionnaires de l’Ouest canadien, le canola. Les talons hauts évoquent l’aspect « conseil d’administration » de l’agriculture, notamment la gestion de portefeuilles financiers.

Mme Kelly a fait ses preuves dans les deux univers, en tant que gestionnaire au service de la Marque de Financement agricole Canada (FAC) et en tant que membre d’une exploitation familiale. Elle a décidé de se lancer sur les médias sociaux après avoir rencontré un consommateur qui l’a traitée, alors qu’elle était enceinte, de « mauvaise mère » pour avoir utilisé des produits de protection des cultures dans son exploitation agricole.

« J’ai passé du temps à suivre d’autres personnes sur les médias sociaux, à observer ce qu’ils faisaient avec leur marque, et j’ai décidé qu’un nom accrocheur m’aiderait à innover », raconte Mme Kelly.

Elle avait raison. Elle a utilisé sa marque pour créer un blogue et coanimer un balado appelé « What the Farm », et a écrit plusieurs articles qui sont devenus viraux. Son intention initiale était de s’amuser, de créer une image positive de l’agriculture et de se défendre contre les campagnes hostiles à l’agriculture.

En cours de route, elle s’est intéressée à la santé mentale des agriculteurs. Mme Kelly a joué un rôle essentiel dans l’établissement de liens entre l’agriculture et l’initiative de santé mentale Bell Cause pour la cause, et a cofondé la Do More Agriculture Foundation (en anglais seulement), une importante ressource communautaire consacrée à la santé mentale des agriculteurs.

Toutes ces initiatives lui ont permis d’améliorer considérablement le profil de sa marque. Aujourd’hui, elle est une influenceuse incontestée sur les médias sociaux et compte près de 25 000 abonnés sur Twitter.

« Établir une voie de communication avec le milieu urbain canadien, c’est comprendre le monde dans lequel vivent les citadins, ce que je fais par le biais de discussions sur la santé mentale. »

Une marque agricole attire le public urbain

Près d’Elm Creek, au Manitoba, Colin Penner exploite Pennmann Farms avec sa femme Lori. Il crée une marque qui reflète son intérêt pour l’éducation, la défense des droits, le leadership et la communication.

Il pense qu’une marque de « ferme » attire les citadins qui, dans l’ensemble, sont fascinés par la vie agricole – même par les images qui semblent banales pour les agriculteurs et les gens de la campagne, comme des machines inertes ou un coucher de soleil.

Une marque de « ferme » attire les citadins qui, dans l’ensemble, sont fascinés par la vie agricole.

« Je veux que l’agriculture ait une présence publique positive », déclare M. Penner. « Tant d’agriculteurs dont on parle dans les médias sont associés à des histoires négatives. Je veux montrer qu’il y a beaucoup de belles histoires à raconter. »

En plus de travailler à la ferme céréalière familiale de 4000 acres, M. Penner enseigne un cours de base pour les étudiants en agriculture de l’Université du Manitoba, son alma mater, appelé « projet gestion de planification de la gestion ». Il est également coprésident de l’association Manitoba Young Farmers.

« Nous parlons de ce que nous sommes et de ce que nous faisons », explique M. Penner. L’échange de renseignements lors de réunions ou sur les médias sociaux est un moyen de créer une marque et d’aider les gens à découvrir l’agriculture. »

En conclusion

La création d’une marque personnelle solide peut aider une entreprise à se faire connaître et à gagner en crédibilité aux yeux des consommateurs. Les experts suggèrent de créer un espace ouvert et positif qui permet d’informer le public, d’assurer sa promotion, d’être un meneur et de fournir de l’information sur tous les aspects de l’agriculture, même ceux que les agriculteurs peuvent trouver banals.