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Comment les meilleurs événements virtuels misent sur l’expérience d’apprentissage des participants

  • 5,5 min de lecture

Le monde de la vie en ligne s’est considérablement ouvert en 2020 alors que bon nombre d’activités habituelles, y compris dans le secteur de l’agriculture, sont devenues virtuelles.

Les campagnes d’adhésion, les communications, les réunions de comités et l’événement qui est souvent le plus important pour les groupes agricoles, soit les conférences annuelles, se tiennent maintenant essentiellement en ligne.

Mais comment les organisateurs et les présentateurs veillent-ils à ce que les producteurs tirent le meilleur parti de l’apprentissage dans un environnement virtuel?

« Les conférences traditionnelles de deux à trois jours étaient destinées à un univers en personne, mentionne Janet Stewart, directrice générale et conceptrice d’expériences d’apprentissage à We Love Learning. Elles doivent être repensées lorsqu’elles passent en mode virtuel. »

Déterminer les objectifs d’apprentissage

Mme Stewart ajoute que, lors de l’organisation d’une conférence en ligne, la première étape consiste à déterminer les objectifs d’apprentissage. Ceux-ci peuvent être occultés lorsqu’une conférence est combinée avec une assemblée générale annuelle, laquelle comprend des exigences comme l’élection d’administrateurs et des modifications aux règlements administratifs.

Une telle démarche exige des efforts considérables de la part des organisateurs, peut-être au détriment des aspects pédagogiques de la conférence. Toutefois, Mme Stewart exhorte les organisateurs à se concentrer sur les participants, dont l’intérêt principal dans une conférence est l’apprentissage.

« Une conférence est une merveilleuse occasion d’apprendre des conférenciers, des ateliers et du réseautage, puis de se nourrir de l’apprentissage informel issu des discussions de couloir », indique Mme Stewart. « Cette variété peut et devrait être reproduite en ligne d’une manière qui ne provoque pas de fatigue numérique chez les participants et qui démontre que les organisateurs se soucient d’eux.

Mme Stewart affirme que, dans le monde numérique, les événements ne doivent pas durer plus de quatre heures. Les organisateurs doivent savoir de quelle façon les participants y assisteront, que ce soit à l’aide de leur téléphone ou d’un ordinateur, pour que les conférenciers puissent planifier leur présentation en conséquence. Par exemple, il peut être difficile de voir une présentation PowerPoint dense sur l’écran d’un téléphone intelligent.

Des séances en ateliers aux présentations entrecoupées

Mme Stewart suggère plutôt d’entrecouper les présentations à l’aide d’activités dans le cadre desquelles de petits groupes composés de six à huit personnes peuvent se réunir pour discuter de l’une des présentations ou de sujets spécialisés afin de promouvoir l’apprentissage et le réseautage.

Jenn Norrie, responsable des communications en santé animale pour l’Amérique du Nord et l’Europe à Alltech, à Calgary, indique que le conférencier, le sujet et la qualité de la présentation doivent être captivants.

Les organisateurs d’un événement virtuel moderne doivent déterminer comment reproduire le type de relations qui s’établissent lors d’une conférence en personne.

« Nous sommes en concurrence non seulement avec d’autres conférences et événements virtuels, mais également avec l’horaire de travail des producteurs. Nous avons donc besoin de conférenciers et de sujets intéressants pour que les participants prennent le temps de les regarder » ajoute Mme Norrie.

Mme Stewart rappelle aux organisateurs de prévoir des pauses pour permettre aux participants de consulter leur courriel ou vaquer à d’autres activités. Même les pauses peuvent avoir un certain attrait, comme la venue d’un groupe musical ou d’une autre forme de divertissement.

C’est de la musique aux oreilles de Marty Seymour, directeur principal, Relations avec l’industrie et les intervenants à FAC.

« Les gens consomment essentiellement ce qui se trouve en ligne dans une optique de divertissement », mentionne M. Seymour. Un événement virtuel moderne doit être structuré en gardant cela à l’esprit, et les organisateurs doivent déterminer comment reproduire sur une plateforme stérile le type d’établissement de relations qui a lieu lors d’une conférence en personne. »

Se rappeler des conseils des clubs des 4-H sur l’art de parler en public

M. Seymour mentionne que les présentations doivent être brèves, soit idéalement moins de la moitié de la durée d’une présentation en personne, et être offertes en utilisant des techniques éprouvées sur l’art de parler en public et sur la mobilisation en ligne. Ces techniques sont généralement enseignées par les clubs des 4-H, à Toastmasters, par la Junior Farmers Association of Ontario et par d’autres organismes de formation et de développement du leadership.

M. Seymour mentionne que les participants de ces programmes se souviendront de conseils comme ceux-ci : « soyez bref, brillant et concluez » et « dites-leur ce que vous allez leur dire, dites-le-leur, puis dites-leur ce que vous leur avez dit ».

Il souligne que les organisateurs de conférences doivent s’assurer que les conférenciers invités sont habiles à conserver l’écoute du public. Et s’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour animer un événement, ils doivent prévoir dans leur budget l’embauche d’un animateur professionnel, par exemple une personnalité de l’actualité, qui pourrait également attirer les foules.

Selon M. Seymour, puisque la vidéo est habituellement l’un des aspects d’une conférence virtuelle, les présentateurs doivent compter sur du matériel audiovisuel fiable, ce qui implique de tenir compte des angles de la caméra et de l’éclairage.

« Positionnez votre caméra afin que votre public n’ait pas une vue plongeante de vos narines », conseille M. Seymour.

Poursuite de l’apprentissage post-conférence

Mme Norrie indique que les possibilités d’apprentissage post‑conférence s’avèrent fructueuses. Par exemple, pour compléter les séances mensuelles de l’expérience virtuelle ONE qui se déroule sur un an, les équipes d’Alltech ont mis sur pied un club de lecture de vidéolivres. Les participants regardent individuellement une vidéo sur un sujet, comme la nutrition des porcs, puis en discutent en groupe.

Mme Norrie indique que les efforts supplémentaires comme ceux-ci reflètent la volonté de l’entreprise d’apporter une valeur ajoutée à l’expérience d’apprentissage en ligne des producteurs. Elle dit que la participation aux réunions et aux événements virtuels doit être conviviale pour que les participants accèdent facilement à la plateforme, au contenu et à d’autres ressources comme l’ordre du jour.

Mme Norrie ajoute que ces éléments sont devenus la norme pour les producteurs.

« Alors que les organisations deviennent de plus en plus dépendantes des événements virtuels, cela a fait naître des attentes », ajoute Mme Norrie.

En conclusion

Alors que les conférences et réunions virtuelles sont devenues la norme, il est important pour les groupes comme les associations agricoles de s’adapter aux présentations en ligne, surtout lorsque l’apprentissage constitue l’objectif principal.

Selon les experts, pour que l’événement soit réussi, les organisateurs doivent déterminer les objectifs d’une conférence en ligne, créer des plateformes pour la mise en réseau de petits groupes, inviter des conférenciers intéressants et faire un suivi auprès des participants après la conférence.

Article par : Owen Roberts