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Comment deux agroentreprises ont su s’adapter à l’imprévu

  • 4,5 min de lecture

Une vague d’incertitude sans précédent a frappé le milieu agricole en 2020. Mais l’agriculture canadienne n’en était pas à sa première crise. Entre les ravages causés par l’encéphalite spongiforme bovine (ESB) et l’effondrement des prix des produits agricoles, les producteurs et les agroentrepreneurs ont toujours trouvé des moyens de survivre, voire de prospérer, malgré l’imprévu.

Tessa Verbeek : une approche diversifiée

La famille de Tessa Verbeek s’est engagée dans l’industrie du bœuf de l’Alberta en 2005, en pleine crise de l’ESB. Elle a pris ce risque pour constituer ses stocks à bas prix et vendre sa production à prix plus élevé quand l’industrie se rétablirait. Cette stratégie s’est avérée assez efficace, mais certainement pas autant que la famille l’espérait. Il a donc fallu chercher d’autres sources de revenus.

À l’époque, Mme Verbeek — qui pratique maintenant l’agriculture et l’élevage avec son mari Colin et ses beaux-parents dans le comté de Sturgeon — s’investissait à fond dans des cercles 4-H de bovins, et dans différentes associations de producteurs et organisations communautaires. C’est en partie ce qui a amené la famille à faire une percée dans le marché des bovins d’exposition. Pour ce faire, elle a misé sur différents bagages génétiques et plusieurs stratégies de vente, et a même donné des cours pratiques sur l’exposition de bovins.

« Cette entreprise résulte en quelque sorte de notre passion pour les 4-H. De plus, j’adore enseigner et transmettre des compétences. » Mme Verbeek ajoute que les cours pratiques n’ont pas rapporté une manne énorme, mais qu’ils ont aidé à payer les comptes.

Une stratégie de vente renouvelée

Et c’est toujours le cas. L’enseignement demeure l’une des nombreuses facettes de l’entreprise agricole de sa famille, parallèlement à la production céréalière et aux ventes de taureaux. La vente de veaux pour les clubs d’exposition demeure aussi une activité importante.

La pandémie, bien entendu, a grandement réduit les possibilités d’exposer les bovins. Mais une stratégie d’affaires qui répartit les ventes entre les marchés de l’Alberta, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique s’est révélée très avantageuse.

« Ça nous a permis de tirer des recettes satisfaisantes des vaches commerciales qui ont des veaux tardifs. Pour notre marché, nous vendons des bouvillons et des génisses à des éleveurs de la Colombie-Britannique, où le vêlage a lieu plus tard. Nous avons développé une clientèle en donnant nos cours, en apprenant à connaître des gens. Nous avons une diversité intéressante de veaux hâtifs pour nos clients de l’Alberta et de la Saskatchewan. »

« Nous essayons toujours de penser aux autres possibilités. C’est une conversation continue et un regard que nous portons vers l’avenir. »

« Nous vendons aussi des veaux parce que notre étable n’est pas assez spacieuse pour loger plus de 200 veaux naissants à la fois, et que nous n’avons pas la main-d’œuvre nécessaire. »

Même si la production céréalière et l’élevage de bovins apportent une énorme charge de travail — sans compter le chevauchement des tâches —, la diversification est toujours à l’ordre du jour pour Mme Verbeek et sa famille.

« Nous sommes toujours en pleine récolte pendant les préparatifs pour les ventes de veaux, mais en fin de compte, nous sommes reconnaissants de pouvoir mener toutes ces entreprises. Cela nous aide à surmonter certaines tempêtes, à condition que les deux marchés ne soient pas déprimés. »

« Nous essayons toujours de penser aux autres possibilités. C’est une conversation continue et un regard que nous portons vers l’avenir. »

Trevor Lawson : réinventer les soins vétérinaires grâce à la technologie

La COVID-19 a créé des défis sans précédent dans le domaine de la santé animale. Pour continuer à servir les éleveurs, les vétérinaires ont dû trouver des solutions créatives en matière de main-d’œuvre et tirer un meilleur parti de la tendance aux consultations à distance.

Trevor Lawson, vétérinaire de la Nouvelle-Écosse, indique qu’il a aussi été important de s’enquérir plus activement de l’état de santé des agriculteurs.

Relever de nouveaux défis

Si un éleveur a été malade ou qu’il est exposé à un risque accru, par exemple, les praticiens envoient maintenant au moins deux personnes, au cas où le producteur serait incapable de participer aux tâches qui demandent deux personnes. Ce facteur est particulièrement important dans les situations où il est impossible de respecter la distanciation. Ce changement peut paraître banal, mais il s’agit d’une difficulté qu’on n’aurait pas imaginée avant la pandémie.

« Certaines tâches ne peuvent être accomplies par une seule personne », explique M. Lawson. Il donne un exemple récent où un agriculteur a dû l’aider à faire vêler une vache charolaise « particulièrement hostile ». Toutefois, il rappelle l’importance de prendre toutes les mesures possibles pour limiter les contacts directs.

Les consultations à distance ont la cote

L’établissement de diagnostics et les consultations de santé animale par téléphone et par échange de fichiers (par exemple des vidéos) permettent depuis longtemps d’éviter les visites à la ferme. Mais depuis mars 2020, ces consultations à distance sont essentielles pour les vétérinaires.

Comme la technologie était utilisée de plus en plus fréquemment avant la pandémie, M. Lawson indique que la courbe d’apprentissage n’a pas été trop abrupte lorsque le virus a atteint le Canada.

« J’exerce depuis quinze ans et j’utilise la technologie depuis le tout début. Nous sommes beaucoup mieux préparés pour effectuer le suivi des cas. Nous nous adaptons aux contraintes imposées par la COVID, mais en réalité, nous utilisions déjà un grand nombre de ces méthodes. »

Les exemples de l’industrie agricole, comme ceux que nous venons de décrire, montrent l’importance de la souplesse et de la capacité d’adaptation lorsque des circonstances imprévues se présentent. Bien entendu, un état d’esprit positif favorise grandement l’adaptation et l’acceptation du changement.

D’après un article de l’AgriSuccès par Matt McIntosh. 

 


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Grâce à un partenariat pour l’exploitation d’une centrale de trigénération, à l’apport d’une main-d’œuvre locale et à des liens étroits avec les consommateurs, Doef’s Greenhouses est une entreprise familiale dynamique qui réussit et qui bâtit – même durant les périodes difficiles.