Passer au contenu principal

Tous les agriculteurs canadiens s’endettent – comment gérez-vous votre endettement?

  • 4,5 min de lecture

Les agriculteurs de tout acabit s’endetteront durant leur carrière. Pour certains, la dette est remboursée presque aussi rapidement qu’elle est contractée. Pour d’autres, elle peut les accompagner tout au long de leur carrière. Dans les deux cas, ou dans une autre situation propre à votre exploitation agricole, la question suivante se pose naturellement : Comment gérez‑vous votre endettement?

De nombreuses réponses sont bonnes, ce qui importe est de trouver une solution qui permet à l’agriculteur de gérer, de réduire ou d’éliminer sa dette. Les périodes d’incertitude peuvent rendre la situation d’endettement encore plus précaire.

Matière à réflexion

Lorsqu’il est question de la dette agricole, les flux de trésorerie, sont une préoccupation majeure, selon Jennifer Hoogendoorn, directrice de la fiscalité et des assurances chez MNP, à Clinton, en Ontario.

« En quoi cela [le nouvel actif] vous apportera-t-il de la valeur? », mentionne‑t‑elle. « Si vous allez construire une nouvelle étable, cela augmentera‑t‑il votre productivité? Si oui, dans quelle mesure? »

Pour ce qui est d’une nouvelle remise à machinerie, quoique l’idée semble attrayante, elle devrait être considérée avec prudence pour déterminer les avantages financiers, s’il en existe, découlant de cette construction.

Cela en vaut-il la peine?

« Si la remise à machinerie en vaut la peine et permet d’éviter l’usure de l’équipement, il faut tout de même considérer le rôle des flux de trésorerie. Si l’achat d’une moissonneuse-batteuse est envisagé, le prix de la remise devrait être inclus dans le calcul. »

Mme Hoogendoorn indique que les agriculteurs restructurent leur dette existante pour plusieurs raisons, notamment un changement dans leurs objectifs de vie, de nouvelles occasions d’affaires ou des taux d’intérêt plus bas.

Toutefois, elle invite à la prudence en ce qui concerne les taux d’intérêt, et suggère que, même si un chiffre peut sembler attrayant, il doit être considéré avec précaution.

« Faire quelque chose simplement parce que les taux d’intérêt sont faibles n’est pas sensé en soi », explique‑t‑elle. « Si vous ne pouvez pas payer pour quelque chose à un taux de 5 %, ne le faites pas à 2 %, sauf si vous êtes disposé à vendre au même moment que les autres. »

Couvrir simplement les paiements d’intérêt a également des répercussions à plus long terme. Notamment, si le portrait financier d’un agriculteur a changé et que cela entraîne une vente forcée, comment se sentirait‑il véritablement dans une telle position?

L’endettement ne me dérange pas

Dans le sud de l’Alberta, Rick Stamp, producteur de semences, sait que l’endettement fait partie de la vie agricole. Il gère des dettes depuis que sa femme Marian et lui ont démarré leur exploitation agricole il y a 40 ans. Leur niveau d’endettement actuel est « très élevé, mais pas intolérable. »

Une partie de cet endettement découle dans les récentes mises à niveau de l’infrastructure de leurs installations de conditionnement des semences, du commerce au détail ainsi que d’une série d’acquisitions de terres.

Une façon de gérer la dette a été de bloquer des taux d’intérêt faibles, plutôt que de payer un loyer chaque année. Toutefois, la terre doit être rentable, il s’agit ainsi de connaître les coûts de construction et de bien suivre les marchés pour aider à déterminer les flux de trésorerie.

« Quand les prix des produits de base sont élevés, il est facile de se laisser prendre au jeu en se disant que les choses vont très bien aller et les prix vont augmenter », déclare M. Stamp. « Vous devez être très réaliste en considérant ce qui vous attend, et éviter de voir trop grand. »

Dans la région géographique de M. Stamp, qui est reconnue pour ses tempêtes de grêle, les dommages en raison de la grêle sont une préoccupation permanente qu’il a toujours en tête. Les événements météorologiques lui permettent de rester modeste et de maintenir un service de la dette conservateur.

L’accent est mis sur la santé financière

Chaque année, M. Stamp s’isole dans une pièce avec son équipe financière et consacre une semaine entière à examiner chaque poste lié à son exploitation. Cette semaine axée sur la stratégie lui permet de préciser clairement les plans pour l’avenir de l’exploitation agricole.

Sans les conversations avec son cercle proche de confiance composé de conseillers agricoles, de planificateurs financiers et de membres de sa famille, M. Stamp laisse entendre qu’il ne serait peut‑être pas rendu là où il est aujourd’hui.

Si vous ne pouvez pas expliquer pourquoi vous contractez une dette, vous ne devriez pas vous endetter au départ. C’est aussi simple que ça.

« Vous avez besoin de gens pour vous dire la vérité à 100 %. Nous faisons analyser le tout adéquatement afin de ne pas prendre de décisions uniquement pour nous réconforter », déclare‑t‑il. M. Stamp ajoute qu’en tant qu’agriculteur, si vous ne pouvez pas expliquer pourquoi vous contractez une dette, que ce soit pour accroître votre production ou votre efficacité, vous ne devriez pas vous endetter au départ. Point à la ligne.

Son approche conservatrice en ce qui concerne la dette agricole signifie qu’après quatre décennies, il tire couramment profit de ses actifs pour agrandir et assurer la croissance de son exploitation agricole pour ses fils, et le fait d’avoir misé sur la dette joue en sa faveur, et cela le rend heureux.

En conclusion

L’endettement est une réalité liée aux pratiques commerciales en agriculture, mais c’est la façon de gérer cette réalité, y compris les taux d’intérêt, qui diffère pour chaque exploitation. Les experts déconseillent d’augmenter le niveau d’endettement en raison de faibles taux d’intérêt ou simplement pour couvrir les paiements d’intérêt. Bloquez des taux d’intérêt bas, lorsque cela est possible, et règle générale, consacrez du temps chaque année à un examen complet du portrait financier de votre exploitation agricole.

Article par : Trevor Bacque