Valeur des terres agricoles au Canada en 2016 : Trois choses à retenir

En 2016, la valeur des terres agricoles au Canada a augmenté en moyenne de 7,9 %. Bien que la valeur des terres agricoles continue de croître, elle progresse à un rythme plus lent en général. C’est la troisième année de suite que le taux de croissance diminue par rapport à l’année précédente. La valeur moyenne des terres agricoles au Canada a augmenté de 22,1 % en 2013, de 14,3 % en 2014, et de 10,1 % en 2015.  

Voici mes trois conclusions au sujet du rapport Valeur des terres agricoles 2016 de FAC. PDF (3.8 MB)

 1. La valeur des terres agricoles progresse à un rythme plus lent

En 2016, la valeur des terres agricoles a augmenté dans toutes les provinces (à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador où les données étaient insuffisantes pour mener une analyse). On a enregistré des hausses variant de 1,9 % (Nouveau-Brunswick) à 13,4 % (Île-du-Prince-Édouard). Le taux d’augmentation a toutefois diminué pour une troisième année consécutive en Saskatchewan et pour une quatrième année de suite au Québec et en Ontario. Un ralentissement du taux d’appréciation de la valeur des terres alors que les recettes des cultures montrent des signes de stabilisation constitue un pas dans la bonne direction. En effet, cela devrait maintenir les terres agricoles à un prix accessible pour les producteurs qui veulent prendre de l’expansion.

La seule province à montrer des signes d’une croissance plus rapide et constante en 2016 est la Colombie-Britannique, où les pressions urbaines et les débouchés uniques de la province lui ont permis de connaître la plus importante hausse régionale de la valeur de terres au Canada. La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont également affiché une croissance plus importante de la valeur des terres agricoles qu’en 2015.

2. La situation varie d’une région à l’autre

Saskatchewan 7,5 % Nord-Ouest 10,3 %
    Nord-Est 9,3 %
    Centre-Est 0,0 %
    Centre-Ouest 7,8 %
    Sud-Ouest 16,6 %
    Sud-Est 0,0 %


Parmi les 51 régions comprises dans l’étude menée par FAC, PDF (2.7 MB) 7 régions n’affichent aucune fluctuation annuelle et 8 régions ont enregistré une augmentation annuelle moyenne de plus de 10 %. La Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick, le Québec et la Saskatchewan ont connu des variations plus importantes entre les régions, certaines variant très peu d’une année à l’autre alors que des régions voisines affichaient de fortes variations d’une année à l’autre.

3. Le revenu et les taux d’intérêt, des facteurs qui exercent une influence constante sur la valeur des terres agricoles canadiennes

Des revenus agricoles élevés ont contribué à la hausse de la valeur des terres agricoles. Les résultats des recettes monétaires agricoles pour 2016 ne sont pas encore disponibles mais nous prévoyons une augmentation de 2 % des recettes des cultures par rapport à 2015, soit 10 % de plus que la moyenne pour la période de 2011 à 2015. Cette augmentation est attribuable à un huard faible, qui a contribué à raffermir la demande de produits agricoles canadiens et à atténuer les effets des problèmes de production reliés aux conditions climatiques dans l’Ouest.

La faiblesse des taux d’intérêt contribue également à la croissance de la valeur des terres agricoles. Le taux d’intérêt effectif des entreprises de la Banque du Canada n’a cessé de reculer pendant toute l’année 2016, et a atteint un creux record au dernier trimestre de 2016

Il est essentiel d’assurer des revenus agricoles durables pour soutenir la valeur des terres agricoles

Dans notre prochain billet de blogue, nous présenterons notre point de vue sur les perspectives à long terme de la valeur des terres agricoles. 

Pour de plus amples renseignements au sujet de l’évolution de la valeur des terres agricoles dans votre région, visionnez notre vidéo ou téléchargez le rapport intégral. N’oubliez pas de vous inscrire à mon webinaire qui aura lieu le 18 avril. Vous aurez la possibilité de me poser des questions en direct.

Pour un tableau complet de la valeur des terres agricoles, cliquez ici.

 

 Jean-Philippe Gervais

Jean-Philippe Gervais

Vice-président et économiste agricole en chef

Jean‑Philippe Gervais est vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2010, M. Gervais était professeur d’économie agricole à la North Carolina State University et à l’Université Laval. Il était aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en agroindustrie et commerce international à l’Université Laval. M. Gervais est l’ancien président de la Société canadienne d’agroéconomie. Il a obtenu son doctorat en économie de l’Université d’Iowa State en 1999.

@jpgervais

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