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Dans ce numéro - Le 12 mai 2017

Les prévisions météorologiques contrastées suscitent des préoccupations 

Owen Roberts

Tandis que la pluie cause des inondations dans de nombreuses régions du pays, les météorologues sont en train de formuler des prévisions à long terme pour l’été qui vient.

Les agriculteurs espèrent que bon nombre des prévisions nationales récentes sont erronées, parce que si elles s’avèrent exactes, la saison de croissance 2017 pourrait être difficile.

Conditions variables

Selon les prévisions du 3 mai du AccuWeather Global Weather Center, les conditions varieront à l’échelle canadienne : des températures élevées et de faibles précipitations sont attendues dans l’Ouest et le Centre des Prairies, ainsi que dans les Territoires-du-Nord-Ouest, et des conditions fraîches et pluvieuses prévaudront dans une grande partie du Québec et du Canada atlantique.

D’ouest en est, le Canada sera touché par un vaste éventail de conditions météorologiques, allant du chaud au froid.

Par exemple, on prévoit un risque accru de feux de friches en Alberta en raison de conditions très chaudes et sèches.

À l’opposé, on prévoit des orages et du temps violent dans la région des Grands Lacs.

Enfin, on prévoit du temps anormalement frais et humide pour la côte Est du Canada en raison des températures de la surface de la mer qui sont inférieures à la normale, ainsi qu’un nombre accru de journées brumeuses.

Qui donc aura du beau temps? AccuWeather prévoit que les régions près de la côte du Pacifique auront des températures près des normales, et que l’Est du Manitoba et une grande partie de l’Ontario auront du temps chaud, mais pas trop chaud.

Conditions favorables pour le fourrage

« Vaut mieux du temps chaud que du temps froid », souligne Cedric MacLeod, directeur général de l’Association canadienne pour les plantes fourragères. « Toutefois, le fourrage a besoin de pluie. L’eau a une incidence déterminante sur la production fourragère. »

M. MacLeod indique que la plus grande partie des Prairies a eu un automne humide et a entamé l’hiver avec des réserves d’humidité suffisantes. Ces conditions sont idéales pour l’ensemencement, pourvu qu’il n’y ait pas trop d’eau (au printemps). Cependant, ces réserves s’épuiseront rapidement si le temps chaud et sec persiste.

Un épuisement des réserves d’humidité peut avoir des répercussions à long terme. Par exemple, la sécheresse de 2012 a entraîné une diminution marquée de la production d’aliments pour animaux. Les éleveurs de bovins ont inondé le marché nord-américain de bestiaux, ce qui a causé des pénuries d’aliments pour animaux. Il s’en est suivi une flambée des prix à la consommation de 2014 à 2016.

Nombreux outils offerts

Dale Cowan, agronome principal des coopératives AGRIS et Wanstead dans le Sud-Ouest de l’Ontario, indique que les prévisionnistes ont plus d’outils que jamais à leur disposition pour formuler les prévisions les plus exactes possible.

Il conseille donc aux producteurs de prendre les avertissements des prévisionnistes au sérieux et d’exercer une gestion appropriée.

Par exemple, des sols bien structurés et bien drainés demeurent productifs lorsque les conditions sont sèches. À l’opposé, durant une saison de croissance humide, les producteurs doivent effectuer un dépistage ultra vigilant pour déceler des problèmes comme le pourridié et les maladies fongiques.

Conseils sur l’utilisation des céréales ayant passé l’hiver au champ comme aliments pour animaux 

Richard Kamchen

Les céréales qui ont passé l’hiver au champ peuvent servir à nourrir le bétail, mais cela présente certains risques, peut-on lire dans un rapport conjoint de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Environ 2,3 millions d’acres de la récolte 2016 n’ont pas été récoltés dans ces deux provinces combinées.

L’un des auteurs du rapport, intitulé Risks of Using Over-Wintered Crops as Livestock Feed, (Les risques liés à l’utilisation des cultures ayant passé l’hiver au champ comme aliment du bétail, en anglais seulement) est Barry Yaremcio, spécialiste de l’élevage bovin et du fourrage au ministère de l’Agriculture de l’Alberta. M. Yaremcio déconseille aux éleveurs de nourrir leurs poulets, leurs porcs, leurs moutons, leurs bovins ou toute autre espèce exclusivement de céréales récoltées au printemps.

« Intégrez-les dans une proportion d’environ 20 à 25 % à la ration totale de vos animaux et mélangez-les avec d’autres fourrages qui sont de meilleure qualité et en meilleur état », recommande-t-il.

Plusieurs options s’offrent aux producteurs qui envisagent d’intégrer des cultures céréalières ayant passé l’hiver au champ : le pâturage en andain, l’utilisation des cultures battues au printemps comme aliment et la mise en balle.

« Chaque option comporte des avantages et des risques », indique l’un des auteurs, Murray Feist, nutritionniste spécialiste des ruminants au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan, qui ne préconise pas une option plutôt qu’une autre. « Chaque exploitation a des choix différents qui s’offrent à elle. »

Pâturage en andain

Les conditions hivernales portent atteinte aux cultures restées au champ, faisant diminuer leur teneur en protéines et en énergie, de même que leur digestibilité, peut-on lire dans le rapport.

La digestibilité pourrait être réduite de 10 % dans le cas du fourrage vert ou du pâturage en andain, ce qui rend les cultures non battues ou les grains battus au printemps encore moins viables comme ingrédients principaux ou exclusifs d’une ration.

« Il est très important d’effectuer des analyses de la teneur en éléments nutritifs des aliments pour animaux, ajoute M. Yaremcio. En cas de doute, ou si des problèmes surgissent, n’hésitez pas à consulter des nutritionnistes et un vétérinaire. »

Battage au printemps

Les cultures battues au printemps peuvent être contaminées par l’ergot, le Fusarium, des moisissures, de la poussière et des matières fécales.

Les concentrations microbiennes qui étaient présentes dans les cultures à l’automne le sont toujours à l’arrivée du printemps.

Les céréales et le maïs peuvent être infectés par des mycotoxines, et les porcs, les poulets et les bovins laitiers sont les plus menacés par ces organismes, souligne M. Yaremcio.

Les conditions météorologiques qui prévalaient l’automne dernier ont accru les risques d’infection par les mycotoxines, de sorte qu’il est encore plus important d’effectuer un dépistage des mycotoxines dans les cultures battues au printemps.

« L’analyse des types de moisissures et de leur concentration n’est pas indispensable, mais le dépistage des mycotoxines est essentiel », insiste M. Yaremcio.

Mise en balle

La mise en balle des cultures en vue de leur utilisation comme fourrage vert l’automne et l’hiver prochains est peut-être l’option la plus souvent retenue par les producteurs, dit M. Yaremcio.

Le produit récolté, toutefois, doit être sec avant d’être mis en balle.

Les balles qui ont un taux d’humidité de plus de 16 à 18 % risquent de s’échauffer, de perdre de leur qualité et de leur teneur en énergie, et de devenir la proie des moisissures.

Le râtelage ou le retournement des andains de cultures ayant passé l’hiver au champ accélère l’assèchement et aide à obtenir des taux d’humidité plus uniformes.

« Vous devez prendre des précautions si vous décidez de mettre en balle et d’utiliser du fourrage vert pour récupérer les cultures récoltées au printemps », indique M. Yaremcio.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le rapport (en anglais seulement).

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La Terre de chez nous

 

Allison Finnamore

Allison Finnamore

Rédactrice en chef

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