Pendant ce temps au Canada (partie I)

Analyse du marché

Aperçu

  • Il m’apparaît important de mettre de l’avant quelques sites qui permettent de suivre l’évolution des récoltes
  • D’entrée de jeu, un outil intéressant provient de Statistique Canada : Programme d’évaluation de l'état des cultures (PEEC)
  • Ces données sont cruciales maintenant pour déceler une demande pour les grains

Tous les lundis, et ce depuis le mois de mai, le USDA (en anglais seulement) publie le rapport sur la qualité des récoltes en cours ou à venir en sol américain. Producteurs et spéculateurs scrutent avec attention les chiffres publiés et comparent les données avec les années dernières afin d’extrapoler les rendements à venir et d'estimer, en fin de compte, les prix de la future récolte sur les grandes cultures.

Situation au pays

Mais qu’en est-il de la situation dans notre propre pays? La proximité et surtout la quantité de grains récoltés au sud de la frontière font en sorte que même les producteurs canadiens regardent les rapports américains avec une grande assiduité. Pourtant, au Canada, il existe des données semblables qui sont cependant trop peu regardées ou trop peu consultées par la grande majorité des producteurs et autres participants du marché. En fait, il faut chercher longtemps, malheureusement, pour mettre la main sur ces données. Pourtant, elles demeurent des outils très intéressants pour susciter une réflexion supplémentaire sur la mise en marché des récoltes. Il est important de suivre ces données afin de vérifier l’importance des échanges de grains entre les différentes provinces (transport/bases/exportations/importations, etc.).

Il m’apparaît important de mettre de l’avant quelques sites qui permettent de suivre l’évolution des récoltes, des conditions de celles-ci, ou même des rendements estimés ou réels.

Tous les lundis, et ce depuis le mois de mai, le USDA publie le rapport sur la qualité des récoltes en cours ou à venir en sol américain.

Outil intéressant

D’entrée de jeu, un outil intéressant provient de Statistique Canada : Programme d’évaluation de l'état des cultures (PEEC). Ce programme propose la visualisation de la végétation au sol prise par des satellites et indique un indice de rendement estimé par rapport aux moyennes de rendements annuels moyens ou à l’an dernier (blé de printemps, entre autres).

En fait, on peut choisir notre point de comparaison. Ces indices de végétation deviennent de plus en plus populaires (CERES, CROPCAST), mais demeurent des modèles bien approximatifs de la réalité.

La Colombie-Britannique (en anglais seulement) n’offre pas de rapport sur ses récoltes. Même les associations de producteurs de la région ne proposent pas de telles données. Pour connaître un tant soit peu la production de la province, il faut se fier au rapport de Statistique Canada qui établit la production dans chacune des provinces canadiennes.

La province de l’Alberta (en anglais seulement) offre un rapport complet sur la situation de toutes les récoltes à venir.

Conditions difficiles

Pour résumer la situation, la province de l’ouest est aussi aux prises avec des conditions climatiques difficiles depuis le début de l’année. Les catégories Bonnes et Excellentes dans tous les grains/céréales confondues furent estimées à 60 %, alors que la moyenne des 5 dernières années se situe plutôt près de 74 %. Le rapport détaille les catégories Bonnes et Excellentes dans toutes les régions productrices de la province, mais aussi pour chacune des denrées produites.

Selon mon appréciation personnelle, la province qui se démarque dans la publication des données est la Saskatchewan (en anglais seulement). Les rapports sont complets avec beaucoup de points de vue visuels intéressants (cartes). Dans la dernière publication datant du 24 juillet, on notait que la période des foins était presque terminée en Saskatchewan. Les rendements étaient significativement moindres cette année que la moyenne et les producteurs ne retourneront pas aux champs pour une deuxième coupe. Ce qui signifie qu'à plusieurs endroits, le foin sera plus rare. Les besoins excéderont l’offre. Les pâturages ont aussi besoin d’eau pour les bêtes. Plus de 65 % des champs sont en « manque » ou en « très grand manque » d’humidité. Ces données sont cruciales maintenant pour déceler une demande pour les grains ou comprendre comment le commerce de grains sera effectué dans les prochains mois (relation nord-sud ou est-ouest, ou vice-versa). La grande majorité des récoltes sont en mauvais état (Durum – 21 % Bon et Excellent par rapport à 95 % l’an dernier – Canola – 52 % par rapport à 92 %).

Frédéric Hamel est présentement directeur, Stratégie commerciale chez TRT-ETGO, professeur en formation continue à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe et consultant en environnement et gestion des risques. Provenant du milieu rural, il a travaillé dans sa jeunesse dans plusieurs entreprises agricoles de sa région de la vallée du Richelieu.

Détenteur d’un baccalauréat en finance et du titre de CFA (analyste financier agréé), il a travaillé à FIMAT, à la Banque Royale et à MF Global en gestion des risques financiers pour les entreprises. En tant que gestionnaire spécialisé en produits dérivés (GSPD), titre octroyé par l’Institut canadien des valeurs mobilières, il propose différentes structures de gestion de prix (contrepartie) sur les denrées et autres commodités à des entreprises clientes et à des producteurs agricoles. De plus, il s’intéresse activement au marché émergent des crédits carbone et autres crédits environnementaux en Amérique du Nord.

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