Les anticipations

Analyse du marché

Aperçu

  • On amorce la période la plus critique de l’année de commercialisation pour les grains
  • Pour l’instant, la météo ne coopère pas; les cartes montrent trop de chaleur et pas assez de pluie
  • C’est le temps de revoir le plan de commercialisation et de rectifier les objectifs au besoin

Que ce soit au niveau des matières premières ou des devises, on dit des marchés à terme qu’ils sont gérés par pure anticipation. Autant les acheteurs que les vendeurs prévoient et supposent ce qui va arriver pour prendre position dès aujourd’hui. Comme chaque famille qui protège sa recette de sauce à spaghetti, c’est la même chose pour les marchés à terme.

Chacun possède sa recette secrète : certains mettent l’emphase sur des paramètres fondamentaux comme l’offre et la demande et d’autres préfèrent se fier à l’interprétation d’un graphique. Peu importe la méthode, ce qu’on doit retenir c’est qu’on amorce la période la plus critique de l’année de commercialisation pour les grains.

L’idée, c’est d’être à la bonne place au bon moment.

Nous sommes rendus à la mi-juillet, les cultures de maïs américain amorcent la pollinisation et nous devrions avoir de plus en plus de précision sur le rendement dans les prochaines semaines. Puis, ce sera le tour du soja qui remplira ses gousses en août. Les prochaines semaines seront, comme à chaque année, les plus déterminantes pour le prix des grains.

À partir de maintenant, tout peut aller très vite. Les prix peuvent s’envoler si la météo ne coopère pas, ou à l’inverse, ils peuvent s’écraser si jamais on prévoit une bonne récolte.

Beaucoup de décisions sur la mise en marché devront se prendre bientôt. Puisque c’est un marché géré par pure anticipation, les acteurs du marché, et par conséquent les prix, n’attendront pas d’avoir toute l’information et la certitude absolue pour s’ajuster!

L’idée c’est d’être à la bonne place au bon moment.

De temps en temps, j’aime aller voir un film au cinéma avec ma conjointe. On s’obstine deux minutes sur le film à voir, puis on finit par choisir sa comédie romantique. Encore. Pas grave, elle aime ça et ça me rend heureux de la voir contente. Aussi, j’ai le sentiment d’apporter ma contribution en prenant une deuxième hypothèque pour m’acheter un sac de maïs soufflé et un 7up. Bien entendu, si le film est à 19 h, on s’organise pour partir avant. Pas besoin de partir à midi, juste 30 minutes avant, c’est bien assez. Vous comprenez que si l’envie nous prend d’aller voir un film et qu’il est 18 h 59, on va être en retard et on va le manquer. Reste à se croiser les doigts pour qu’il y ait de la place à la représentation suivante.

Actuellement dans le grain, il est à peu près 18 h et si on veut aller voir Les pages de notre amour, il faudrait se brancher bientôt. On a de la pression. D’un côté, certains disent que c’est peut-être la dernière représentation tandis que les autres nous rappellent qu’au pire on peut y aller demain. Qui dit vrai?

D’ici les trois ou quatre prochaines semaines, on devrait avoir une bonne idée de la taille des récoltes de maïs. On ne le saura pas exactement, mais ça va se préciser. Pour l’instant, la météo ne coopère pas; les cartes montrent trop de chaleur et pas assez de pluie. Les marchés réagissent donc positivement face à cette adversité et au risque d’un rendement plus faible que prévu.

L’idée n’est pas de jouer au devin et de prédire le prix. Ça marche de temps en temps, mais c’est un jeu risqué. Par contre, c’est le temps de revoir le plan de commercialisation et de rectifier les objectifs au besoin. C’est maintenant ou jamais!

Diplômé de l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal, Simon Briere est spécialisé dans la gestion de risque et des produits dérivés sur les matières premières agricoles ainsi que les taux de change. Depuis 2008, il a su développer des compétences précises dans le secteur agroalimentaire allant du producteur à l’utilisateur final. Amené à interagir avec différentes organisations, Simon contribue continuellement au développement et au rayonnement de l’industrie en tant que conférencier invité. Maintenant chez R.J. O’Brien & Associés Canada, il offre un service de gestion de risque intégré, cohérent et discipliné au profit de ses partenaires.

Le contenu et les opinions exprimés dans ce commentaire sont uniquement ceux de l’auteur(s) et ne sont pas nécessairement partagés par R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. Les données et les commentaires fournis ici sont à titre informatif seulement. Il existe un risque important de perte de contrats à terme sur marchandises et d’options sur contrats à terme sur matières premières et n’est pas approprié pour tous les investisseurs.

R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. est membre de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) et du Fonds canadien de protection des épargnants (FCPE).

Voir aussi

La remontée du marché des grains prend fin, mais...

La remontée du marché des grains prend fin, mais...

La remontée du marché des grains prend fin, mais...

La remontée du marché des grains prend fin, mais...

Même avec de moins bonnes récoltes, la disponibilité de grains restera plus que confortable.

Les spéculateurs

Les spéculateurs

Les spéculateurs

Les spéculateurs

Puisque le spéculateur ne fait ni partie de l’offre ni de la demande, pourquoi est-il pertinent d’en parler?

Il se brasse des affaires grâce à la popularité des bières artisanales

Il se brasse des affaires grâce à la popularité des bières artisanales

Il se brasse des affaires grâce à la popularité des bières artisanales

Il se brasse des affaires grâce à la popularité des bières artisanales

L’accroissement de la production d’orge brassicole, l’essor des fermes de culture du houblon et l’ouverture de nouvelles installations de maltage sont attribuables aux entreprises de brassage de bière artisanale, qui mettent l’accent sur les ingrédients locaux.

Le secteur céréalier se prépare pour une récolte exceptionnelle

Le secteur céréalier se prépare pour une récolte exceptionnelle

Le secteur céréalier se prépare pour une récolte exceptionnelle

Le secteur céréalier se prépare pour une récolte exceptionnelle

Le secteur céréalier du Canada se prépare à composer avec une récolte qui pourrait être exceptionnelle cette saison. Parmi les mesures envisagées, mentionnons une récolte échelonnée et l'utilisation d'autres points d'expédition.

Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire Fermer
caractères
Il n’y a aucun commentaire.