L’ingrédient du jour : la volatilité

Analyse du marché

Aperçu

  • La volatilité : principal paramètre pour quantifier le risque
  • La volatilité est faible présentement
  • La volatilité ne sera pas faible éternellement

Dans ma marmite…
Ingrédients

  • Faible volatilité
  • Faiblesse du dollar américain
  • Printemps très pluvieux, semis imparfaits
  • Fonds de spéculation en forte position de vente
  • Convergence des moyennes mobiles
  • Superficie ensemencée en baisse comparativement à 2016
  • Forte demande

Préparation

  1. Placer le maïs au centre des États-Unis. Préchauffer le four à 200 °C (400 °F).
  2. Dans une grande poêle, faire fondre le surplus d’inventaire dans l’éthanol, l’exportation et l’élevage.
  3. Au besoin, ajouter un peu de gras de canard ou d’huile d’olive. Réserver.
  4. Dans un plat de cuisson d’une capacité de 2 à 2,5 milliards de boisseaux, mélanger les différents ingrédients. Saler et poivrer au goût.
  5. Mijoter à feu doux jusqu’au 4 juillet.

Bon avec…

Un rouge généreux et charpenté. Pastille aromatique et charnu. Un Zinfandel!

Actuellement la volatilité est faible. Mais ce n’est pas une erreur.

Dans les prochaines semaines, je vais tenter de passer en revue les différents ingrédients qui constituent le marché des grains actuellement. Je mettrai l’accent sur certains points à surveiller et commenterai l’impact qu’ils pourraient avoir à court et moyen terme.

Retour sur un des ingrédients : la volatilité

La « vol » comme on l’appelle sur les parquets ici au Chicago Board of Trade (CBOT), c’est l’ampleur des variations de prix.

C’est important, car on l’utilise comme principal paramètre pour quantifier le risque. Plus la volatilité est élevée, plus les chances d’un gros mouvement sont élevées. La volatilité est aussi intimement liée à l’incertitude, aux craintes et à la peur. Dans les matières premières agricoles, la « vol » est un concept très saisonnier. À l’automne, au moment des récoltes, nous avons une très bonne idée du rendement et de la taille de la récolte. Ça peut varier, mais habituellement c’est plus rare d’avoir une grande surprise. À ce moment-là, la volatilité a tendance à être plus faible. Inversement au printemps, c’est l’inconnu, surtout quand la graine n’est même pas en terre!

Naturellement cette incertitude a une valeur : un producteur ne veut pas trop s’avancer sur la mise en marché ne connaissant pas avec précision la taille de sa récolte, ou même sa qualité.

L’acheteur de son côté est prêt à payer plus cher pour s’assurer de l’approvisionnement. Au final tout le monde y trouve son compte – c’est ce qui fait qu’un marché est cohérent.

Actuellement la volatilité est faible. Mais ce n’est pas une erreur. Ce n’est pas une aberration car la structure est un peu différente cette année. Actuellement il y a une abondance de maïs, un surplus qu’on n’a pas vu depuis bien des années alors le marché n’est vraiment pas en mode panique.

Le surplus actuel correspond à peu près au sentiment qu’on a quand on vient de faire le plein d’essence à la station-service. La « tank » est pleine; on peut partir sur un « roadtrip » avec Kaïn (Embarque ma belle) sans même jamais regarder le tableau de bord! À ce moment-là, la volatilité est faible car les chances sont minimes de tomber en panne. Par contre le sentiment est carrément inverse quand le témoin lumineux s’allume au beau milieu du parc de La Vérendrye. À minuit. En pleine tempête de neige. Un 24 décembre. Là tu deviens nerveux, car tu as de bonnes chances d’en manquer et tu serais prêt à payer deux ou trois fois le prix (ou plus!?) pour un litre d’essence. À ce moment-là, la volatilité explose. Les utilisateurs misent de plus en plus cher pour l’approvisionnement et les prix grimpent.

Donc la morale de l’histoire dans le contexte d’aujourd’hui :

  1. Il y a une raison pour laquelle la volatilité est faible, la « tank » est pleine.
  2. La « tank » ne restera pas pleine éternellement. La voiture va rouler (consommation) et le conducteur ne fera pas le plein à tous les kilomètres…

Diplômé de l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal, Simon Briere est spécialisé dans la gestion de risque et des produits dérivés sur les matières premières agricoles ainsi que les taux de change. Depuis 2008, il a su développer des compétences précises dans le secteur agroalimentaire allant du producteur à l’utilisateur final. Amené à interagir avec différentes organisations, Simon contribue continuellement au développement et au rayonnement de l’industrie en tant que conférencier invité. Maintenant chez R.J. O’Brien & Associés Canada, il offre un service de gestion de risque intégré, cohérent et discipliné au profit de ses partenaires.

Le contenu et les opinions exprimés dans ce commentaire sont uniquement ceux de l’auteur(s) et ne sont pas nécessairement partagés par R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. Les données et les commentaires fournis ici sont à titre informatif seulement. Il existe un risque important de perte de contrats à terme sur marchandises et d’options sur contrats à terme sur matières premières et n’est pas approprié pour tous les investisseurs.

R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. est membre de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) et du Fonds canadien de protection des épargnants (FCPE).

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