Faut-il se soucier de l’état des cultures de maïs américain au début du mois de juin?

Analyse du marché

Aperçu

  • Actuellement, nous faisons la transition entre le printemps et l’été
  • En 2012, 77 % du maïs se trouvait dans la catégorie « bon à excellent », selon la première évaluation de l’USDA
  • Il faut patienter à la fin juin avant d’avoir une corrélation significative entre les conditions des récoltes et le rendement final à l’automne

Chaque lundi, le ministère de l’Agriculture aux États-Unis nous informe sur les cultures. Naturellement, selon la période de l’année, l’information pertinente est différente. On sépare cette période en trois : le printemps, l’été et l’automne. Au printemps, on surveille la progression des semis; est-ce que les américains sont en avance, en retard ou dans les temps? Puis l’été s’installe et les yeux se tournent vers l’état des cultures; est-ce que la qualité est meilleure, pire ou semblable aux années passées? Enfin, on se retrouve à l’automne et on surveille l’avancement des récoltes; est-ce que le grain est sorti des champs en avance, en retard ou à temps?

En fait, peu importe la période de l’année où la statistique est examinée, l’idée demeure toujours la même; prédire le rendement! Analystes, agronomes, cultivateurs ou spéculateurs, tous tentent de prédire la taille de la récolte, car c’est l’élément le plus important. C’est le point de départ pour l’équilibre de l’offre et de la demande, car en connaissant la taille de la récolte (l’offre), il devient beaucoup plus facile de calibrer la demande et donc, le prix!

On retiendra donc le printemps 2017 comme étant loin d’être parfait, mais pas une catastrophe non plus.

Les prédictions

Au fil des années, chacun a développé sa recette pour s’aventurer sur ce chemin glissant des prévisions de rendement. C’est rendu une course à savoir qui est capable de prédire le rendement le plus rapidement possible avec le plus de précision. Ça me fait penser à Bernard Derome lors de la soirée des élections et à son expression « si la tendance du vote se maintient, le prochain gouvernement sera formé par le parti… »!

Actuellement, nous faisons la transition entre le printemps et l’été, ce qui veut dire qu’on commence à délaisser la progression des semis pour s’intéresser plus étroitement aux conditions des cultures. Le printemps américain a été très pluvieux et a compliqué les semis dans plusieurs régions. Par contre, au niveau national américain, malgré ces fortes pluies on remarque que les ensemencements se sont faits relativement dans les temps. On retiendra donc le printemps 2017 comme étant loin d’être parfait, mais pas une catastrophe non plus.

L’été

On amorce donc la partie cruciale, l’été. L’USDA a annoncé dernièrement un des pires départs depuis des années en termes d’état des cultures de maïs. Au 29 mai, 65 % du maïs était de bonne à excellente qualité alors que les dernières années ont été bien au-delà de 70 %. Même avec un redressement cette semaine à 68 %, on demeure sous les moyennes. Mais est-ce qu’on peut tirer des conclusions à ce stade-ci en ayant un haut degré de confiance? Non, pas du tout.

En fait, on remarque que 9 des 20 dernières années ont vu un pourcentage inférieur à 70 % en juin et 5 de ces 9 années ont connu un rendement supérieur aux tendances linéaires du rendement. Bref, les conditions actuelles sont statistiquement inutilisables. Il faut patienter à la fin juin, voire début juillet, avant d’avoir une corrélation significative entre les conditions des récoltes et le rendement final à l’automne.
Rappelez-vous qu’en 2012, 77 % du maïs se trouvait dans la catégorie « bon à excellent », selon la première évaluation de l’USDA. Et pourtant le rendement final a été une catastrophe.

Morale de l’histoire, il est trop tôt pour tirer une conclusion entre la condition du maïs et le rendement final avec certitude.

 

 

Diplômé de l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal, Simon Briere est spécialisé dans la gestion de risque et des produits dérivés sur les matières premières agricoles ainsi que les taux de change. Depuis 2008, il a su développer des compétences précises dans le secteur agroalimentaire allant du producteur à l’utilisateur final. Amené à interagir avec différentes organisations, Simon contribue continuellement au développement et au rayonnement de l’industrie en tant que conférencier invité. Maintenant chez R.J. O’Brien & Associés Canada, il offre un service de gestion de risque intégré, cohérent et discipliné au profit de ses partenaires.

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300 $ la tonne pour le maïs ou 300 $ la tonne pour le soya?

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Les stocks de grains américains et mondiaux sont à des sommets, et à défaut de conditions météorologiques défavorables ce printemps ou cet été, la prochaine année pourrait très bien se révéler abondante également.

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