Changement de ton à la Banque du Canada

Changement de ton à la Banque du Canada

Aperçu

  • Le taux d’intérêt est passé de 0,5 % à 0,75 %
  • Le dollar canadien s’est apprécié en conséquence, grugeant ainsi l’appréciation des grains sur les marchés
  • Le dollar devrait se stabiliser à 0,80 $ US, mais il faudra surveiller de futures hausses des taux d’intérêt

La dernière annonce de la Banque du Canada (BduC) n’est pas passée inaperçue. Le 12 juillet dernier, l’institution qui gère les flux monétaires au pays a relevé de 0,25 % son taux directeur. Ce dernier est donc passé de 0,5 % à 0,75 %. Il s’agissait de la première hausse de taux d’intérêt en sept ans, soit depuis 2010.

D’autres hausses à venir

Cette hausse pourrait être suivie par d’autres augmentations avant la fin de l’année. La Banque estime, en effet, que la croissance économique est plus forte qu’elle ne l’avait prévue. La consommation de biens par les ménages a porté l’économie pendant le premier trimestre de 2017 et la croissance s’est généralisée dans l’ensemble des secteurs et des régions. Les chiffres sur l’emploi montrent également un marché dynamique.

L’inconvénient du resserrement de la politique monétaire est l’inévitable hausse du dollar canadien qui s’en est suivie.

Preuve de la santé de l’économie canadienne, la Banque centrale a même relevé ses prévisions concernant le PIB. Ce dernier devrait croître de 2,8 % en 2017, au lieu de 2,5 %. Quant à 2018, la prévision est maintenue à 2 %. L’ensemble de ces facteurs expliquent pourquoi, malgré un taux d’inflation faible, la BduC a décidé de passer à l’action.

Le geste de la banque centrale est une bonne nouvelle en soi. L’économie canadienne, qui a longtemps été tributaire des prix du pétrole, a trouvé un équilibre malgré la récente chute des prix de l’or noir sur les marchés internationaux.

Hausse du dollar canadien

Toutefois, l’inconvénient de ce resserrement de la politique monétaire est l’inévitable hausse du dollar canadien qui s’en est suivie. De 0,74 $ US en avril dernier, le dollar canadien a terminé la semaine suivant la hausse du taux d’intérêt à 0,79 $ US, soit son niveau le plus élevé depuis le 1er avril 2016. En fait, la hausse ne s’est pas produite du jour au lendemain : la hausse du taux directeur avait été anticipée par les marchés financiers et le dollar canadien avait emboîté le pas le mois précédant l’annonce de la Banque du Canada.

Ce jeu des devises a fait en sorte que les dernières hausses des prix des grains sur le marché ont été absorbées par l’appréciation du dollar canadien. En tant que marchandise dédiée largement à un marché d’exportation, les grains sont tributaires de la fluctuation du dollar par rapport à la devise américaine. L’effet du taux de change, qui amplifiait les gains sur les marchés des grains, est donc moins présent. C’est ce qui est arrivé avec la hausse du prix du blé et du soya dont les remontées sur les marchés ont coïncidé avec l’appréciation du dollar canadien.

Des grains moins compétitifs

En augmentant, le dollar canadien rend également les grains moins compétitifs sur les marchés internationaux, mais ils se comparent encore avantageusement aux grains de nos voisins du sud, puisque le dollar américain est vigoureux depuis le début de l’année. Au cours des 18 derniers mois, la Réserve fédérale américaine a relevé, à quatre reprises, son taux directeur qui se situe à 1 %, et une nouvelle hausse cette année n’est pas écartée. Le dollar américain pourrait alors s’apprécier encore davantage. Dans ce cas, la hausse du dollar canadien devrait se modérer et se stabiliser.

Il faudra toutefois continuer de surveiller la Banque du Canada. En raison de la bonne tenue de l’économie canadienne, elle pourrait en effet récidiver avec une nouvelle hausse lors d’une de ses trois prochaines annonces prévues d’ici la fin de 2017.

Dans son communiqué de presse du 12 juillet, la BduC a déjà mentionné que l’économie mondiale continuait de se renforcer avec de plus en plus de pays enregistrant des croissances significatives. Cela est vrai pour la zone euro et les États-Unis.

En conclusion

Le seul bémol de la BduC réside dans l’incertitude géopolitique élevée qui « continue de brouiller les perspectives de l’économie mondiale, particulièrement en ce qui concerne le commerce et les investissements ». L’élection de Donald Trump à la présidence américaine a semé l’inquiétude et cette dernière persiste devant cette présidence singulière.

Journaliste depuis plus d’une vingtaine d’années, Céline Normandin s’est spécialisée en finance et en économie. Elle collabore depuis plusieurs années à de nombreuses publications agricoles québécoises à titre de journaliste à la pige.

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