Les élus américains se prononceront sur la détention de deux Canadiens en Chine

  • 25 juil. 2019

OTTAWA - Les élus de la Chambre des représentants pourraient condamner l'emprisonnement «abusif» de deux Canadiens en Chine.

Une motion a été présentée en ce sens devant la chambre basse du Congrès. On y félicite le Canada d'avoir défendu la primauté du droit en arrêtant Meng Wanzhou, une cadre supérieure du géant chinois des télécommunications Huawei.

En apparentes représailles, la Chine a arrêté un ancien diplomate, Michael Kovrig, et un homme d'affaires, Michael Spavor, en décembre, une semaine après l'arrestation de Meng Wanzhou. Les États-Unis réclament l'extradition de la Chinoise et veulent lui intenter des poursuites pour avoir prétendument menti aux banques pour contourner les sanctions économiques américaines contre l'Iran.

La motion réclame la libération immédiate de Michael Kovrig et de Michael Spavor. Elle exhorte les autorités chinoises à garantir «des procédures équitables» à un troisième Canadien, Robert Schellenberg, dont la sentence a été alourdie à la peine capitale au début de l'année.

Les membres du comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants se prononceront en premier lieu. Ensuite, c'est l'ensemble des représentants qui décideront ou non de l'adopter.

En mai, le Sénat américain avait unanimement voté pour une motion similaire.

Selon la résolution présentée à la Chambre des représentants, les deux détenus canadiens «font face à des conditions difficiles, notamment un accès consulaire limité, l'impossibilité de consulter un avocat, l'impossibilité d'éteindre la lumière de leur cellule et des interrogatoires longs».

M. Kovrig aurait aussi été interrogé sur les activités qu'il a exercées lorsqu'il était un diplomate accrédité en République populaire de Chine, ce qui contreviendrait à la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

La motion demande aux élus d'exprimer «leurs inquiétudes devant la détention arbitraire apparente et les mauvais traitements infligés aux citoyens canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig».

Elle fait aussi référence à une analyse du département d’État américain selon laquelle les juges chinois «reçoivent régulièrement des directives politiques sur les causes en suspens, y compris des instructions du gouvernement et du PCC (Parti communiste chinois) sur la manière de statuer, en particulier dans les affaires politiquement sensibles».

L’ambassadrice des États-Unis au Canada, Kelly Craft, a indiqué que le président des États-Unis, Donald Trump, avait discuté du cas des deux Canadiens lors d’une réunion avec le président chinois, Xi Jinping, au sommet du G20 au Japon, le mois dernier.