Les permis pour cultiver du cannabis en Californie tardent à arriver

  • 19 févr. 2018

LOS ANGELES - Près de deux mois après la légalisation du cannabis à des fins récréatives en Californie, moins d'un pour cent des producteurs connus de l'État avaient reçu leur permis, selon un rapport dévoilé lundi par un groupe de l'industrie.

Le document de 38 pages rédigé par la California Growers Association indique que seulement 0,78 pour cent, soit 535, des quelque 68 150 producteurs de cannabis avaient reçu leur permis de l'État en date du 7 février.

Selon l'association, les coûts et les règlements constitueraient une barrière pour les producteurs.

Une étude publiée l'an dernier par un centre spécialisé sur les enjeux de l'agriculture de l'Université de la Californie estimait que le nouveau marché du cannabis récréatif devrait produire des revenus d'environ 5 milliards $ US (environ 6,3 milliards $CAN) cette année.

Quant au marché du cannabis médicinal, qui est légal depuis 1996 en Californie, il déclinerait, passant de quelque 2 milliards $ (plus de 2,5 milliards $CAN) l'an dernier à 1,4 milliard $ (près de 1,8 milliard $CAN) en 2018.

Environ 30 pour cent des ventes de cannabis continueraient d'être effectuées dans le marché noir, selon les données du centre.

Si les plus petits producteurs indépendants ne reçoivent pas leur permis de l'État, les revenus taxables du cannabis récréatif s'avéreront plus modestes qu'anticipé et le marché noir s'enrichira, indique le document de l'association.

«Le système actuel n'atteindra pas ses objectifs sans des changements fondamentaux et structurels qui permettront aux petites entreprises indépendantes d'entrer dans la conformité», conclut le rapport de l'industrie.

Le Bureau of Cannabis Control, qui règlemente l'industrie du cannabis, était fermé lundi en raison du Jour des présidents, et ses représentants n'avaient pas répondu à l'Associated Press au moment d'écrire ces lignes.

L'association des producteurs, qui s'identifie comme la plus importante en Californie, dit vouloir travailler avec l'État pour accélérer l'octroi de permis.

«Nous devons développer un cadre réglementaire qui freinera de façon efficace les impacts environnementaux et de santé publique du cannabis en fournissant des voies de conformité pour les entreprises qui sont actuellement impliquées dans le marché non réglementé», a plaidé Hezekiah Allen, le directeur principal du groupe.

«S'ils ne sont pas capables de se conformer, le marché non réglementé est susceptible de se maintenir et cela mettra une pression inutile sur les ressources des responsables de l'application des lois.»

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que le rapport a été dévoilé lundi, et non mardi.