Une aide de 95 millions $ pour soutenir les investissements des agriculteurs

  • 03 nov. 2017

MONTRÉAL - Québec va aider financièrement les agriculteurs à modifier leurs installations pour améliorer le bien-être des animaux d'élevage et réduire les dépenses énergétiques des fermes.

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, a annoncé vendredi une série de programmes, pour un total de 95 millions $, qui visent à soutenir et stimuler les investissements faits par les agriculteurs.

On parle ici de construction et de rénovation de bâtiments ainsi que d'acquisition d'équipements. Québec bonifie de plus l'aide aux services-conseils.

En ce qui concerne le bien-être des animaux, il s'agit notamment de changements aux bâtiments pour qu'ils offrent de plus grands espaces, et donc plus de liberté de mouvement aux animaux.

Ce type d'élevage effectué «dans des conditions plus humaines» est demandé par les consommateurs ici comme ailleurs, a expliqué le ministre Lessard en entrevue.

La mise à niveau de bâtiments va aussi permettre aux éleveurs québécois d'être plus concurrentiels sur les marchés d'exportation, selon lui.

Tous les secteurs peuvent bénéficier des programmes, sauf pour la volaille et les oeufs qui ne sont pas couverts par chacun d'entre eux.

Si une entreprise va chercher le maximum auquel elle a droit avec les différents programmes, elle peut obtenir près de 150 000 $, a précisé le ministre.

«La motivation derrière l'annonce est au nom du bien-être animal et de l'efficacité énergétique. Pourquoi? Parce que le marché commande de changer les installations pour favoriser les aires de vies de la production qui correspondent aux standards», a-t-il dit.

Il a par ailleurs loué la simplicité du programme d'aide.

«Toutes les personnes qui ont un projet peuvent aller en ligne et inscrire leur ferme, le type de projet et le montant estimé pour le projet», a-t-il dit, ajoutant que l'entreprise aura ensuite six mois pour le réaliser.

«Même s'il ne s'agit pas de grosses sommes», l'aide offerte sera un déclencheur pour plusieurs agriculteurs qui avaient déjà en tête un projet de rénovation, selon lui.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) estime que cette annonce est un pas dans la bonne direction, même si les sommes mises de côté ne sont pas suffisantes pour aider toutes les entreprises agricoles qui en ont besoin.

Selon l'UPA, la mise aux normes des bâtiments d'élevage est un enjeu majeur dans le secteur agricole et le Québec accuse un retard important. À titre d'exemple, 58 pour cent des pouponnières-engraissement et 61 pour cent des maternités ont plus de 20 ans dans le secteur porcin, est-il indiqué dans un communiqué.

«Les entreprises agricoles font face à de nombreux défis pour accéder aux meilleurs marchés et répondre aux attentes sociétales. La future politique bioalimentaire québécoise devra permettre de relever ces défis, incluant les enjeux agroenvironnementaux, qui ne sont pas abordés dans l'annonce d'aujourd'hui», souligne le président général de l'UPA, Marcel Groleau.