Les jeunes acheteurs de plantes ont soif de connaissances

Tandis que le spectacle des couleurs d’automne bat son plein d’un bout à l’autre du pays et que les producteurs tiennent des activités agrotouristiques en parallèle avec la récolte, des spécialistes de la consommation affirment que l’expérience à la ferme contribue à fidéliser les clients actuels et à attirer les acheteurs, en particulier les membres de la génération du millénaire et de la génération Z.

Selon Christina Mann, coordonnatrice de l’initiative Taste Real, qui vise à promouvoir les aliments locaux dans la région de Guelph‑Wellington, les acheteurs qui fréquentent des points de vente à la ferme recherchent l’authenticité et veulent voir de leurs yeux comment les aliments sont produits. En plus d’avoir une solide présence sur le Web pour attirer des visiteurs, les producteurs doivent mettre en ligne de l’information qui aide les consommateurs à profiter pleinement de leurs achats et les incite à refaire affaire avec eux.

« Il appartient aux producteurs de renseigner les consommateurs qui frappent à leur porte, souligne Mme Mann. Une visite à la ferme peut être une activité amusante, inspirante et enrichissante. »

Cette soif de connaissances touche aussi le secteur des serres, qui enregistre actuellement une forte croissance des achats de plantes de la part des générations montantes.

Mya Kidson de Cambridge, en Ontario, est étudiante de deuxième année à l’Université de Guelph. Elle achète rarement des plantes sans avoir d’abord effectué ses recherches, essentiellement en ligne, y compris au sujet des plantes d’intérieur.

« Si j’investis dans des plantes en pot, je veux qu’elles soient adaptées aux conditions de vie qu’elles auront chez moi. C’est pourquoi il est important de s’informer et d’effectuer des recherches préalables, notamment sur le site Web d’un producteur en serres ou d’autres sites consacrés à l’horticulture. »

Vivre une expérience intégrale en se procurant des produits végétaux

Les spécialistes de l’industrie des produits végétaux préconisent une gestion des ressources qui permet d’atteindre de nouveaux acheteurs, comme Mya Kidson, et d’établir des liens durables avec eux.

« Ces jeunes acheteurs accordent de l’importance à l’expérience d’achat et au fait de posséder une plante. Ils ne les achètent pas pour bien paraître ou seulement pour les offrir en cadeau », dit Mike MacLeod, responsable de la production de l’entreprise Westbrook Greenhouses, à Grimsby, en Ontario.

« Les plantes aident les gens à se rapprocher de la nature. Elles n’ont pas la même signification pour les jeunes que pour les membres de la génération du baby‑boom ou les adultes plus âgés. L’industrie doit veiller à ce que leurs achats soient concluants. »

Hausse du nombre de jeunes acheteurs

M. MacLeod estime que les jeunes acheteurs comme Mya Kidson représentent maintenant un tiers de sa clientèle, proportion qui, selon lui, devrait bientôt atteindre 50 %. C’est pourquoi il est disposé à satisfaire leur besoin d’information.

Nous écoutons nos jeunes employés pour connaître les motifs qui les incitent à acheter des plantes.

« Nous écoutons nos jeunes employés pour connaître les motifs qui les incitent à acheter des plantes, dit‑il. L’éducation est essentielle. »

Par exemple, les plantes comestibles ont la cote auprès des jeunes acheteurs. Toutefois, leur culture peut s’avérer décevante pour les nouveaux acheteurs qui ne connaissent pas leurs besoins particuliers. En effet, nombre d’appartements ne sont pas assez ensoleillés pour les plantes comestibles, qui se portent généralement mieux sur un balcon.

Doser l’information

Amy Bowen, directrice de la recherche sur les attitudes des clients au Vineland Research and Innovation Centre, indique que la nature de l’information diffusée par les producteurs est importante. En effet, les nouveaux acheteurs auront sans doute besoin de conseils sur des techniques comme le rempotage. Ils ne savent peut‑être pas que certaines plantes doivent être rempotées pour survivre parce qu’ils en sont à leur première expérience.

L’important est de bien doser l’information.

« Comme la capacité de concentration est limitée, les acheteurs doivent savoir quels soins apporter à leurs plantes, mais ils ne veulent pas d’un mode d’emploi interminable, dit Mme Bowen. Une présentation en ligne qui va droit au but et qui est bien illustrée fait parfaitement l’affaire. »

En conclusion

Les consommateurs qui appartiennent à la génération du millénaire ou à la génération Z sont à l’origine d’une croissance marquée des achats de plantes, mais ils sont aussi avides d’informations sur les plantes qu’ils achètent, disent des experts. Les producteurs sont bien placés pour leur transmettre ces connaissances, que ce soit en organisant des activités agrotouristiques ou en créant un site Web qui fournit de l’information sur les soins de base à apporter aux plantes.

Article par : Owen Roberts