Faire la transition du tourisme à la science

Le village paisible et pittoresque de Campbellford compte aujourd’hui parmi les destinations d’un jour les plus courues en Ontario. On sent presque la tension artérielle diminuer lorsqu’on s’installe pour pique-niquer sous les arbres qui bordent la voie navigable Trent‑Severn, qui sillonne doucement son centre.

Si vous vous êtes déjà arrêtés au centre d’accueil des visiteurs de Campbellford pour obtenir l’itinéraire de lieux d’intérêt comme la plus grande pièce de deux dollars au monde ou le pont suspendu Ranney‑Gorge, qui fait plus de 90 mètres de longueur, il est probable que vous ayez parlé avec la chaleureuse Julie Milne, adjointe aux affaires du tourisme.

À condition, bien sûr, qu’elle ait terminé de traire ses vaches.

L’agriculture, une affaire de famille

Fière ambassadrice de sa petite ville, Julie, âgée de 21 ans, a grandi dans une ferme laitière de quatrième génération qui compte 40 vaches, fondée par son arrière-grand-père William en 1906. L’exploitation Milbrae Farms est maintenant dirigée par son père Glenn et sa mère Ann, tous deux diplômés de l’Université de Guelph. Julie et son frère Eric, âgé de 19 ans, suivent les traces de leurs parents; Julie entreprend la dernière année de son baccalauréat en sciences agricoles au Collège d’agriculture de l’Ontario, tandis qu’Eric y termine sa première année.

En plus de vanter les charmes de Campbellford au bureau d’accueil des visiteurs, Julie était plongée dans son travail de responsable de la traite à la ferme de sa famille. Elle a accepté ce rôle avec enthousiasme, mais lorsque Milbrae Farms, une exploitation traditionnelle à stabulation entravée, est entrée dans l’ère des robots de traite – l’étable centenaire encore solide se prêtait parfaitement à cette modernisation – les choses ont changé.

« J’ai perdu mes tâches associées à la traite manuelle des vaches, dit-elle en souriant, mais ça ne fait rien. Nous aimons tous travailler à l’ordinateur et gérer les données produites par les robots. Notre production a beaucoup augmenté. De plus, je suis appelée à travailler davantage aux champs et en contact avec les veaux. »

Le plaisir, c’est du sérieux

Julie n’a aucune difficulté à occuper son temps. À l’Université de Guelph, elle est représentante de classe à la fédération des étudiants. À ce titre, elle est coordonnatrice de la gestion du risque pour les étudiants aux événements du club de l’université.

Son travail consiste à s’assurer que les organisateurs ont pris des mesures réglementaires détaillées pour garantir la sécurité des étudiants. Et à une époque où la responsabilisation est toujours plus importante, elle considère qu’avoir du plaisir, c’est du sérieux.

Vanter les attraits locaux

Julie croit que le tourisme, la publicité et le marketing améliorent les perspectives d’avenir des petites villes comme Campbellford – et des régions rurales qui les entourent.

Ambassadrice en titre de la foire de Campbellford, elle rivalisera cet été avec jusqu’à 70 autres aspirants au titre d’ambassadeur des foires de l’Exposition nationale canadienne (ENC) de 2019. La personne qui occupe ce poste pendant un an parcourt l’Ontario, représentant l’ENC et toutes les foires agricoles à des dizaines d’événements.

Qu’envisage-t-elle par la suite, et après l’obtention de son diplôme?

« Je veux contribuer à faire rayonner la science, dit-elle. Que ce soit directement auprès des agriculteurs ou au sein d’autres groupes et industries, je crois que tout le monde peut tirer parti d’une meilleure compréhension du parcours des aliments entre le stade de la recherche et celui d’un repas délicieux. »

L’étoile montante de l’#AgCan, Julie Milne, croit que tout le monde peut tirer parti d’une meilleure compréhension de l’aspect scientifique de l’agriculture. Partagez sur Twitter

Entretien avec Julie

Quelle est l’activité la plus importante à laquelle tu as participé récemment à ta ferme?

J’ai participé aux rénovations de l’étable en vue de l’installation du robot tout en veillant au maintien de la production et de la santé des vaches. Au cours de la dernière année, nous avons aussi installé une fosse à purin afin d’améliorer la gestion du fumier et des éléments nutritifs qu’il apporte aux cultures. Les collines vallonnées du comté de Seymour qui nous entourent ajoutent à la difficulté de fournir les bons éléments nutritifs au bon endroit et au bon moment.

Lorsque tu as décidé de t’inscrire à l’université, pourquoi as-tu choisi Guelph?

J’ai été influencée par le fait que mes parents ont fréquenté cette université, et par l’importance accordée à la recherche. C’est un volet prioritaire. J’aime la science, les données probantes et les faits concrets sur lesquels repose l’agriculture moderne. Je savais que l’Université de Guelph offrait des programmes qui correspondaient à mes champs d’intérêt. Tous les domaines sont fondés sur la recherche, notamment le calcul de l’indice des prix des aliments. Même si la recherche me plaît, je ne pense pas que j’aimerais être chercheuse; je préférerais diffuser des résultats de recherche à titre de communicatrice scientifique.

Quel a été l’élément marquant de ton expérience universitaire?

L’année dernière, de février à juillet, j’ai passé un semestre en Nouvelle-Zélande, où j’ai étudié les sciences agricoles à la Lincoln University. C’est un petit établissement situé à une quarantaine de minutes de Christchurch, qui compte environ 3 000 étudiants. Je faisais partie des quelque 100 étudiants participant à un programme d’échange.

Pourquoi la Nouvelle-Zélande? C’est très loin d’ici et la production y est très différente.

Mon père a séjourné dans ce pays en 2007 en tant que participant au Programme avancé de leadership agricole, et il en a beaucoup parlé par la suite. Et même si le pâturage est prédominant là-bas, à mes yeux, une vache est une vache. La gestion est peut-être différente, mais ça demeure le même animal. Il y a toutefois des différences. Par exemple, la production laitière n’est pas soumise à la gestion de l’offre. Le transfert des fermes d’une génération à l’autre n’est pas aussi systématique qu’ici; il y a des citadins qui s’installent à la campagne et commencent à pratiquer l’agriculture. C’est peut-être pour cela que la culture néo-zélandaise semble moins détachée de l’agriculture que la nôtre. Les lois sur l’environnement sont strictes, et les gens se soucient réellement de choses comme le lessivage des nitrates et la santé des cours d’eau.

Il semble que tu aies la piqûre des voyages. Quelles contrées envisages-tu explorer?

Je veux visiter plus d’endroits au Canada. Je n’en ai pas vu beaucoup, et nous avons un pays magnifique; les aurores boréales, les vastes prairies, les côtes. En Nouvelle-Zélande, des gens parlaient des splendeurs de la Colombie-Britannique. J’ai passé six mois en Nouvelle-Zélande, mais je n’ai été que trois jours en Colombie-Britannique!

D’après un article de l’AgriSuccès (juin 2019) par Owen Roberts.


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