Un plan écrit aide à raffermir la santé financière de la ferme

  • 19 sept. 2019

Le développement de la force économique repose sur l’exécution rigoureuse de plans conçus sur mesure, affirment des experts.

Une fois que les producteurs s’emploient à décider de la répartition du produit financier et à acquérir des connaissances sur les façons de faire fructifier l’avoir, ils doivent exécuter les plans qu’ils ont élaborés pour atteindre leurs objectifs.

Mettre le plan à exécution

« Votre horaire chargé ne doit pas vous empêcher de prendre les mesures prévues », met en garde Vanessa Stockbrugger, fondatrice de la société WomenCents.

Ancienne banquière d’affaires, Mme Stockbrugger sait que les agriculteurs sont occupés toute l’année, mais elle indique que s’ils veulent améliorer leur situation financière, ils doivent reconnaître le besoin d’y consacrer le temps et les efforts nécessaires.

Avant d’analyser la situation et de mettre leur plan à exécution, les propriétaires de fermes doivent établir un calendrier des décisions et préciser qui devrait participer au processus décisionnel, dit Erich Weber, spécialiste des finances d’entreprise au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

« La meilleure façon d’alimenter votre vision, ou de réaliser vos “souhaits”, c’est d’avoir un plan écrit », ajoute Heather Watson, directrice générale de Gestion agricole du Canada.

En plus de dissiper les doutes dans une industrie où règne l’incertitude, un plan écrit est l’outil le plus efficace pour rallier l’équipe de la ferme autour d’une vision de l’avenir, dit Mme Watson.

Elle croit que toute ferme devrait idéalement posséder un plan stratégique de trois à cinq ans et un plan opérationnel d’un an qui englobe tous les aspects de l’entreprise, du marketing aux ressources humaines en passant par la planification financière.

Deux plans écrits incontournables et facteurs de rendement à prendre en compte pour votre exploitation agricole. Partagez sur Twitter

Mark Verwey, chef national des services au secteur de l’agriculture à BDO Canada, souligne l’importance d’être capable de mesurer l’incidence financière de tout changement apporté à une exploitation.

« Pour beaucoup de producteurs, l’une des meilleures sources d’information est le ratio de couverture du service de la dette, dit M. Verwey. Ce ratio leur indique la manière dont ils financent leur dette actuelle et comment ils peuvent entreprendre de nouveaux projets ou effectuer de nouveaux achats en contractant une nouvelle dette. »

Expérience

Selon Mme Stockbrugger, il n’existe pas de solution universelle. Chaque producteur a ses propres idées préconçues et vit sa propre expérience en ce qui a trait à la prise de risque et à la dette, et chacun est à un stade différent de sa carrière.

« Ne laissez pas l’idée selon laquelle votre plan est inadéquat vous empêcher de le mettre en œuvre. Tâchez de trouver le plan qui vous convient », dit‑elle.

M. Weber souligne que devant une décision susceptible d’avoir des répercussions marquées sur les résultats financiers de la ferme, certains producteurs « s’empêtrent dans les analyses », ce qui peut leur faire rater des occasions d’affaires.

Il peut être tentant de vous comparer à vos voisins agriculteurs, mais rappelez‑vous que chaque exploitation possède différentes caractéristiques qui lui sont propres.

« Souvent, les meilleurs points de comparaison sont vos propres données et la progression que vous avez suivie au cours des trois à cinq dernières années », souligne M. Verwey.

« Lorsque vous avez des décisions opérationnelles à prendre, tâchez d’être réaliste et de bien saisir la situation particulière de votre exploitation », ajoute M. Weber.

Mme Watson encourage les producteurs et leurs équipes à mettre à l’épreuve leur tolérance au risque afin de comprendre sur quels fondements chacun s’appuie lorsqu’il s’agit de décider des mesures à prendre.

En conclusion

L’affermissement de la santé financière repose sur l’exécution d’un plan écrit détaillé qui tient compte des expériences et de la situation opérationnelle de chaque producteur. Il est inutile de s’empêtrer dans les analyses, disent des experts, et mieux vaut résister à l’envie de se comparer à la ferme voisine.

Article par : Richard Kamchen