Ruée vers le houblon dans l’Ouest canadien

La production de houblon, ingrédient aromatisant et agent de conservation de la bière, reprend lentement mais sûrement dans l’Ouest canadien, en particulier en Colombie‑Britannique.

« Je pense qu’à ce stade-ci, la Colombie‑Britannique surclasse à elle seule le reste du pays », affirme Ray Bredenhof, fondateur et président de la British Columbia Hop Growers Association.

Il estime que la surface consacrée au houblon dans la province se situe entre 400 et 500 acres, dont la plus grande partie se trouve dans la vallée du Fraser.

Essor des bières artisanales

Environ 90 % de la production actuelle de houblon est issue de la plantation des cinq dernières années, qui est attribuable à l’industrie des bières artisanales, souligne M. Bredenhof.

La dernière grande ferme de houblon de la Colombie‑Britannique a fermé ses portes en 1997, année où la province comptait moins d’une douzaine de brasseries artisanales. Ce nombre atteint maintenant près de 150, dit-il.

« Les goûts en matière de bière ont évolué, ce qui fait que les besoins des brasseurs sont passés des amérisants et des houblons en vrac aux houblons aromatiques spécialisés. »

L’État de Washington demeure le plus grand producteur de houblon en Amérique du Nord, mais les brasseurs artisanaux de la Colombie‑Britannique (site en anglais seulement) apportent une valeur ajoutée en utilisant des produits locaux, et M. Bredenhof prévoit que la demande et les conditions de croissance idéales entraîneront une intensification de la culture du houblon.

Provinces des Prairies

Au Manitoba, moins de 30 acres sont consacrés à la culture du houblon, indique Craig Linde, spécialiste de la diversification du ministère de l’Agriculture du Manitoba au Centre de diversification des cultures du Manitoba.

Il demeure incertain du taux de croissance future dans cette province.

« Nous pouvons cultiver du houblon au Manitoba, mais ce n’est pas une culture facile », explique M. Linde.

Il souligne que cette activité requiert des investissements initiaux importants et que les bénéfices sont maigres la première année. Le houblon est aussi touché par de nombreux ravageurs déjà présents au Manitoba, et cette culture est très exigeante en main‑d’œuvre, malgré la mécanisation. Le Manitoba se situe aussi près de la limite du nombre de jours sans gel nécessaire au houblon.

Concurrence accrue

Toutefois, la concurrence accrue entre les brasseries locales pourrait inciter certaines d’entre elles à différencier leurs produits en mettant davantage l’accent sur les ingrédients locaux, mentionne M. Linde.

« La demande de bières artisanales locales, l’agrotourisme et les marchés des aliments santé et des suppléments naturels en général semblent en plein essor, et le houblon s’inscrit parfaitement dans chacun de ces segments », fait valoir M. Linde.

Dans la province voisine, les membres de la Alberta Hop Producers’ Association, créée récemment, ne possèdent qu’une demi‑douzaine d’acres ensemencés à l’heure actuelle, mais le président Wade Bendfeld envisage l’avenir avec beaucoup d’enthousiasme.

Il indique que chaque brasseur artisanal contacté par l’association demande à quel moment il pourra essayer le houblon produit par les membres, et ajoute que le marché grandissant du brassage amateur est un autre débouché à saisir.

En conclusion

La Colombie‑Britannique est l’emblème du renouveau d’intérêt pour la culture du houblon au Canada, et la concurrence entre les brasseries est susceptible de stimuler la culture locale du houblon.

Article par : Richard Kamchen