Engouement croissant des producteurs pour le numérique

Darcy Herauf d’Odessa, en Saskatchewan, a une bonne mémoire des intrants. Mais il était heureux de pouvoir compter sur des registres de production électroniques au cours de la dernière année lorsqu’il a vendu du canola et du lin à des acheteurs qui demandaient des détails très précis sur la protection des cultures.

« Mes registres électroniques m’ont été très utiles, dit M. Herauf. J’avais toutes les données dans mon application et j’étais en mesure de fournir sans difficulté les renseignements que les acheteurs demandaient. »

Cet exercice revêtait une dimension supplémentaire pour M. Herauf, qui, en plus d’être agriculteur, est directeur principal, Logiciels de gestion FAC. Les données relatives à la production à sa ferme, qui englobe aussi le blé, l’orge, l’avoine et les lentilles, sont stockées dans le programme Gestionnaire de champ PRO de FAC.

Aujourd’hui, il utilise le tout dernier logiciel de tenue de registres électroniques de FAC, AgExpert Champs, lancé en janvier. Ce programme fondé sur l’informatique en nuage est accessible de n’importe quel endroit, du bureau au champ.

Accroissement des exigences en matière de rapport

Selon M. Herauf, les producteurs canadiens recourront de plus en plus à la tenue de registres numériques.

« Les exigences en matière de rapport sont appelées à augmenter, dit-il. L’accès à l’ensemble des registres en format numérique avantagera les producteurs. »

Une nouvelle étude indépendante semble indiquer qu’il dit vrai.

Le deuxième sondage annuel de Stratus Ag Research sur l’utilisation des logiciels de gestion des données agricoles dans les fermes canadiennes indique que celle-ci est en augmentation. Les chiffres provenant de 700 fermes montrent qu’un peu plus de 34 % des producteurs utilisent au moins un des 20 logiciels de gestion des données agricoles offerts au Canada.

Popularité grandissante dans l’Est du Canada

Le taux d’adoption est particulièrement élevé dans l’Est du Canada, où de nouveaux logiciels comme Climate FieldView ont été introduits en 2017.

Quelque 35 % des 200 producteurs interrogés en Ontario et au Québec utilisaient des logiciels de gestion des données agricoles l’année dernière, comparativement à 25 % en 2016, ce qui place les agriculteurs de l’Est du pays légèrement devant leurs homologues de l’Ouest, qui étaient déjà nombreux à avoir adopté la gestion électronique des données agricoles.

Toutefois, il y a moyen de faire encore mieux. Même si l’étude montre que les producteurs sont de plus en plus nombreux à adopter la gestion électronique de leurs données agricoles, il reste qu’environ 45 % des répondants n’ont pas encore franchi le pas.

Près du tiers d’entre eux estiment que la technologie est trop coûteuse, ou que l’investissement n’en vaut pas la peine. Un autre tiers des producteurs considèrent que leur système actuel de collecte de données agricoles est satisfaisant.

Malgré tout, 23 % des producteurs qui n’utilisent pas encore de logiciel de gestion des données agricoles envisagent de s’en procurer un au cours des trois prochaines années.

Pertinence et simplicité

Krista MacLean, coordonnatrice des sondages de Stratus Ag Research, indique que les développeurs de logiciels doivent garder à l’esprit que les deux caractéristiques les plus importantes pour les producteurs sont la simplicité et l’accessibilité des données agricoles au même endroit.

M. Herauf partage cet avis.

« De façon générale, les producteurs veulent moderniser leurs technologies de gestion agricole et entrer dans l’ère de la tenue de registres numériques, mais les nouveaux programmes doivent tenir compte des besoins des producteurs d’aujourd’hui, fait valoir M. Herauf. Si la technologie est trop difficile à utiliser ou n’est pas conçue pour les producteurs, ceux-ci la bouderont. »

Les participants au sondage ont été choisis parmi des producteurs qui exploitent au moins 2 000 acres dans l’Ouest canadien et au moins 400 acres en Ontario et au Québec.

Le sondage montre aussi une nette progression du nombre de producteurs (38 % en 2017 contre 26 % en 2016) qui considèrent que les gains de productivité et la compression des marges sont les principaux facteurs externes qui suscitent leur intérêt pour les logiciels de gestion des données agricoles.

En conclusion

Les agriculteurs cherchent à moderniser leurs technologies de gestion agricole et à entrer dans l’ère de la tenue de registres numériques, mais ils franchiront le pas seulement si les programmes sont faciles à utiliser et conçus pour l’agriculture.

Article par : Owen Roberts