Quand le travail à la ferme devient payant pour les enfants

L’étude de cas fictive que voici a été créée par BDO Canada.

Benoît et Laurie tiennent à diriger leur exploitation de cultures commerciales et d’élevage de bovins comme une entreprise. Aidés de leurs trois enfants, ils n’en demeurent pas moins attachés au modèle de ferme familiale authentique. Les enfants jouent un rôle crucial dans la conduite des activités quotidiennes. Emma, Claire et Antoine sont âgés respectivement de 16, 14 et 12 ans. Tous trois sont membres de différents groupes des 4-H, accomplissent des tâches journalières et prêtent main-forte durant les périodes occupées du printemps et de l’automne.

Pour Benoît et Laurie, il est très important d’avoir une attitude positive et de souligner les possibilités qu’offre la ferme. Dans sa jeunesse, Benoît a travaillé à la sueur de son front à la ferme de ses parents et il enviait ses camarades de classe qui gagnaient de l’argent de poche en occupant de petits boulots en ville. Comme ses parents ne lui versaient aucun salaire, le temps qu’il a passé dans la grange ne s’est pas révélé une expérience positive. Il s’est juré que ses enfants n’éprouveraient jamais cette frustration, et c’est pourquoi il a convenu avec Laurie qu’Emma, Claire et Antoine seraient rétribués pour le temps qu’ils consacraient aux travaux de la ferme.

Comme cette rémunération augmentait au fil du temps, Benoît et Laurie ont voulu s’assurer qu’ils étaient en règle d’un point de vue fiscal. Conscients qu’ils pouvaient profiter d’avantages fiscaux découlant des salaires versés aux enfants, ils voulaient officialiser le processus de paie plutôt que de simplement utiliser les liquidités disponibles. Il fallait d’abord établir un plan salarial et l’intégrer dans le logiciel de comptabilité de la ferme. Sachant que la rémunération de mineurs pourrait susciter des questions de la part de l’Agence du revenu du Canada, Benoît a décidé que les salaires seraient adaptés à l’âge et aux compétences des enfants.

Les enfants démarrent leur propre exploitation agricole

Pendant tout l’hiver, Emma avait exprimé l’idée de cultiver et de vendre du maïs sucré l’été suivant. Claire, qui avait acquis de l’expérience avec le club bovin des 4-H, envisageait d’élever quelques bouvillons en vue de vendre du bœuf pour mettre au congélateur. Suivant l’exemple de ses sœurs, Antoine souhaitait reprendre l’élevage de quinze poules pondeuses d’œufs bruns de sa mère.

Benoît et Laurie étaient impressionnés, mais un peu décontenancés par cet élan d’enthousiasme entrepreneurial. Certes, ils appuyaient leurs enfants et leurs idées d’entreprise, mais ils devaient s’organiser.

Ils devaient d’abord s’assurer qu’Emma, Claire et Antoine avaient préparé soigneusement leur plan. Avaient-ils déterminé quelles seraient leurs dépenses? Disposaient-ils de fonds suffisants pour payer les dépenses à engager avant que les recettes commencent à entrer? Comment commercialiseraient-ils leurs produits? Et qui s’occuperait de leurs corvées supplémentaires s’ils étaient absents ou qu’ils voulaient sortir avec leurs amis?

Une fois convaincu que tous avaient réfléchi sérieusement à leur projet respectif, Benoît les a aidés à trouver des modèles simples de feuilles de calcul du coût de production en ligne pour faciliter le suivi de leurs dépenses et de leurs revenus. Chacun possédait une chemise-accordéon pour le classement des reçus et des dossiers. Le comptable de la famille a recommandé que chacun gère son entreprise commerciale avec son propre compte bancaire plutôt qu’avec ceux de la ferme. Pour que tout aille comme sur des roulettes, il fallait bien faire les choses dès le départ.

Épargner pour l’avenir

Benoît et Laurie avaient toujours prôné l’épargne, mais avec trois adolescents ayant chacun son forfait de téléphonie cellulaire, les frais de véhicules éventuels et les études postsecondaires qui allaient bientôt débuter, le moment était venu d’établir certaines règles de base. La famille s’est réunie et a convenu que des salaires réguliers seraient versés dans les comptes bancaires des enfants, et les parents ont bien fait comprendre que chacun aurait la responsabilité de ses propres dépenses.

Toutefois, à la fin de l’année, la moitié des profits tirés des ventes de maïs sucré, de bœuf et d’œufs devait être investie autrement que dans un compte bancaire. Benoît et Laurie ont expliqué aux enfants qu’ils pourraient par exemple opter pour un produit de placement offert par la banque ou investir dans l’entreprise pour assurer sa croissance. Antoine a tout de suite fait quelques calculs rapides et déterminé qu’il pourrait acheter dix autres poules d’ici la fin de l’année avec les profits tirés de la vente d’œufs.

Benoît et Laurie avaient ouvert un régime enregistré d’épargnes-études (REEE) pour leurs enfants lorsqu’ils étaient jeunes et y avaient déposé de l’argent périodiquement au fil des ans. Ils savaient toutefois qu’ils ne recevaient pas la contribution maximale de l’État. Comme Emma achevait sa quatrième année de secondaire et envisageait d’entrer au cégep ou au collège dans deux ans, ils ont programmé des virements mensuels pour s’assurer d’approvisionner le REEE de Claire et d’Antoine.

Le comptable a précisé que si chacun des enfants enregistrait un revenu imposable inférieur à 12 000 $, ils n’auraient probablement pas d’impôt à payer et ne seraient donc pas tenus de produire une déclaration de revenus. Il a suggéré qu’Emma vérifie si elle était admissible à certains crédits d’impôt et commence à épargner pour investir dans son propre régime enregistré d’épargne-retraite (REER).

Benoît et Laurie étaient ravis des possibilités d’apprentissage que leur plan réservait à leur famille. Ils savaient que les entreprises de leurs enfants connaîtraient des difficultés, mais que cela faisait partie du processus d’apprentissage. Lorsque Claire a trouvé une application gratuite de feuille de temps que la famille pourrait utiliser pour comptabiliser les heures et les salaires, les parents se sont rendu compte qu’ils apprenaient, eux aussi.

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2019).


Pour aller plus loin

Suivez notre série d’études de cas fictives créée par BDO Canada. Chaque scénario explore les défis et la complexité entourant le transfert de la ferme ainsi que les leçons à en tirer.