Et si la nouvelle génération n’avait pas les moyens de reprendre la ferme?

Les prix des terres agricoles ont augmenté considérablement au Canada au cours de la dernière décennie. Dans certaines régions, les hausses ont été de l’ordre de 400 % ou plus. Dans de nombreux cas, les prix du quota ont aussi augmenté. Si ces chiffres semblent réjouissants du point de vue de la valeur nette d’une ferme, le fait est qu’il est maintenant presque impossible pour les agriculteurs de la nouvelle génération de racheter l’exploitation de leurs parents à la pleine valeur marchande.

« Je ne sais pas s’il existe des fermes qui réalisent les profits nécessaires », affirme Terry Betker du cabinet-conseil Backswath Management situé à Winnipeg, au Manitoba. « Les plans de relève devront certainement en tenir compte. »

Dans la grande majorité des plans de transfert, la jeune génération devra s’endetter pour reprendre la ferme.

La question est de savoir dans quelle mesure?

Les parents doivent établir quels biens ils vendront à leurs enfants et lesquels ils leur donneront en cadeau ou leur céderont par voie de succession, indique M. Betker.

Avant de se lancer dans un plan de transfert qui suppose le service d’une dette importante pour l’exploitation, il est important d’examiner la rentabilité de la ferme au cours des cinq dernières années et de déterminer si l’exploitation peut être viable malgré le montant de la dette.

Il n’existe pas de solution universelle en matière de planification de la relève et de planification successorale, fait valoir Lance Stockbrugger, comptable agréé et agriculteur d’Englefeld, en Saskatchewan. Les facteurs qui sont importants pour une famille sont peut-être insignifiants pour une autre. Il est essentiel de trouver des solutions personnalisées, et c’est pourquoi les familles devraient commencer à discuter de leurs attentes le plus tôt possible.

Lorsqu’on lui demande conseil à propos de la transition d’une ferme à la relève, M. Stockbrugger suggère souvent à la génération âgée de demeurer propriétaire de la terre. Tout d’abord, dit-il, le fait d’être propriétaires de la terre apporte une sécurité aux parents à mesure qu’ils avancent en âge. Ensuite, cela leur procure une protection en cas de divorce de l’un des enfants. Enfin, le fait de demeurer propriétaires leur permet d’être équitables dans le cadre de la succession envers les enfants qui ne pratiquent pas l’agriculture.

« Plutôt que de joindre immédiatement l’entreprise agricole des parents, j’encourage vivement les enfants à mettre sur pied leurs propres activités lorsqu’ils reviennent à la ferme familiale, explique M. Stockbrugger. Ils devraient commencer par louer ou acheter leur propre parcelle et se procurer leurs propres équipements d’occasion, et s’exercer à prendre eux-mêmes leurs décisions de gestion. De cette façon, ils pourraient racheter progressivement la ferme de leurs parents, ce qui fait que la pilule serait moins difficile à avaler. »

Cette stratégie, qui permet d’étaler les coûts d’acquisition de tous ces actifs dispendieux, donne un solide coup de pouce à la prochaine génération, conclut-il.

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2018) de Lorne McClinton.


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