Composer avec les conditions humides dans les pâturages

  • 14 nov. 2019
  • 3 min de lecture

L’humidité dans les pâturages est un problème qui touche des éleveurs un peu partout au pays cette année. Toutefois, grâce à une gestion attentive et innovante, tout n’est pas nécessairement perdu pour ces producteurs.

Pâturage planifié

Mike Roberts, gestionnaire de ranch de la coopérative Waldron Ranch Grazing, qui s’étend sur 65 000 acres dans les contreforts de l’Alberta, compte principalement sur le pâturage planifié pour garder ses vastes pâturages en bonne santé.

Nous nous efforçons de reproduire le comportement ancestral des buffles, qui venaient se nourrir et poursuivaient leur chemin.

Le programme de pâturage le plus intensif de ce ranch compte 4 000 acres divisés en parcelles de 50 acres où M. Roberts et son équipe déplacent les bovins à intervalles de trois jours. Après avoir été broutée, chaque parcelle est mise au repos pour le reste de l’année.

« Nous nous efforçons de reproduire le comportement ancestral des buffles, qui venaient se nourrir et poursuivaient leur chemin. Grâce à cette stratégie, le sol et l’herbe sont au repos et se rétablissent pendant la plus grande partie de l’année. »

M. Roberts protège les zones riveraines des pâturages contre le broutage excessif en installant des clôtures électriques de chaque côté des ruisseaux à environ 200 mètres des rives. Le ranch compte ainsi quelque 80 kilomètres de clôtures électriques.

Le pâturage excessif nuit au système racinaire

Jill Martens, éleveuse de bovins de boucherie de la région de Boissevain, au Manitoba, indique que des pâturages constamment touchés par l’humidité nécessitent des plantes fourragères tolérantes à l’eau. Elle suggère un mélange de semences de plantes tolérantes à la sécheresse et de plantes tolérantes à l’eau « pour pouvoir faire face à tous les imprévus ».

Elle prévient aussi que le pâturage excessif peut endommager le système racinaire.

« Laissez la végétation repousser suffisamment avant de remettre les animaux au pâturage. Un système racinaire en bonne santé se traduit par un engazonnement plus dense qui résiste mieux au piétinement par les sabots dans des conditions humides. De plus, un gazon vigoureux est plus stable et moins sujet au pétrissage. »

Cette année, les conditions humides atteignent aussi l’Ontario.

Joe Dickenson est éleveur de bovins dans la région d’Oil Springs, en Ontario. Environ le quart de ses 125 acres ont été inondés le printemps dernier en raison d’un ruisseau qui a tendance à sortir de son lit. Les inondations se sont poursuivies cet automne. Toute la saison du pâturage s’est déroulée dans l’humidité pour le troupeau de cet éleveur, qui compte 70 têtes de bovins de boucherie de race Simmental.

Pâturage en terrain surélevé

M. Dickenson a pu faire paître son bétail en terrain surélevé jusqu’à ce que le sol argileux lourd de sa ferme absorbe toute l’eau de crue. Il suivait les prévisions météorologiques et déplaçait ses animaux sur des terrains plus élevés si on annonçait de la pluie.

La restriction de l’accès des bovins aux zones sensibles a été un élément clé de sa stratégie de gestion. M. Dickenson a délimité une petite partie de la zone la moins humide comme pâturage, qu’il était prêt à abandonner à ses animaux pour sauver le reste.

« Cela a empêché les bovins de saccager une trop grande superficie », explique M. Dickenson.

Il a aussi recouru au pâturage de balles rondes pour garder les veaux au sec et prévenir les maladies attribuables aux conditions humides. Cette pratique consiste à distribuer des balles lâches aux quatre coins du pâturage. Les bovins vont s’y nourrir, et ce qui reste se transforme en un tapis sec où les animaux peuvent se reposer.

En conclusion

De nombreux producteurs de partout au pays sont aux prises avec des pâturages humides cet automne, conditions qui menacent la vitalité des surfaces en herbe. Certains éleveurs préconisent le pâturage de petites surfaces – suivi d’une période de repos allant jusqu’à un an afin de permettre au sol et à l’herbe de se régénérer – et l’ensemencement d’un mélange de fourrages résistants à l’eau et à la sécheresse pour parer à toute éventualité météorologique.

Article par : Owen Roberts