Les conditions automnales humides créent un environnement idéal pour la prolifération des mycotoxines

Les pluies records enregistrées en Ontario l’automne dernier ont entravé la récolte, et les effets négatifs de ces précipitations continuent à se faire sentir.

Une analyse conjointe des aliments pour animaux issus de la récolte de céréales de 2017, menée par Alltech Canada, une entreprise du domaine de la santé animale, montre que les conditions humides ont créé un environnement idéal pour la prolifération des mycotoxines dans les aliments pour animaux.

Alexandra Weaver, technicienne spécialisée en gestion des mycotoxines d’Alltech, indique que les mycotoxines sont produites par certaines espèces de moisissures, qui se développent particulièrement bien dans des conditions humides.

En concentrations élevées, les mycotoxines peuvent avoir une incidence sur la prise alimentaire, la reproduction, la production de lait et la santé intestinale des animaux.

Mme Weaver indique que les précipitations ont une incidence déterminante sur leur développement. La pluie avant la floraison entraîne la libération des spores des moisissures. Durant la floraison, la pluie aide le champignon à s’établir sur un grain. Et la pluie qui survient juste après la floraison aide les champignons à se propager à d’autres grains.

Conditions propices

L’automne dernier, toutes ces conditions étaient réunies en Ontario. Les mycotoxines ont proliféré de façon considérable dans des zones isolées à l’échelle du Canada, mais principalement en Ontario, où des niveaux élevés de précipitations ont été enregistrés un peu partout.

L’analyse des aliments pour animaux a permis de détecter des mycotoxines dans le maïs, l’ensilage préfané et l’ensilage de maïs. Ce dernier constituait le plus grand problème, dit Mme Weaver, parce qu’on récolte le plant entier plutôt que les rafles seulement, de sorte que les champignons et les bactéries provenant du sol aboutissent avec les plants dans les entrepôts, où ils prolifèrent.

C’est assurément ce qui se passe cette année. En effet, des 432 échantillons d’aliments pour animaux analysés, presque 88 % des échantillons d’ensilage de maïs contenaient plus d’une partie par million de la mycotoxine désoxynivalénol, aussi appelée DON ou vomitoxine. Plus de la moitié des échantillons en contenaient deux parties par million ou plus.

Les concentrations de DON varient selon la région

Les taux de contamination les plus élevés dans les échantillons d’ensilage de maïs ont été recensés dans le comté de Norfolk, mais on a aussi détecté des taux nettement supérieurs à la moyenne dans les comtés de Haldimand, de Middlesex, d’Ottawa, de Simcoe, de Niagara et de Renfrew.

Mme Weaver conseille aux éleveurs d’effectuer un examen minutieux de leurs aliments pour animaux afin de déterminer si un problème existe.

« La situation est préoccupante, dit‑elle. Les mycotoxines sont rarement un phénomène isolé. Les éleveurs doivent absolument examiner leurs aliments pour animaux et surveiller les signes d’empoisonnement par les mycotoxines chez leurs bestiaux. »

Gestion

La gestion des mycotoxines revêt plusieurs facettes, poursuit‑elle. Les plants en santé ont une meilleure chance de survivre à la contamination par les mycotoxines, alors il est recommandé de semer tôt, d’utiliser des engrais et de protéger les cultures contre les insectes, les mauvaises herbes et les maladies des plantes. Déterminez le taux d’humidité de vos sols avant et pendant la récolte, et portez attention à la façon dont vous traitez les grains contaminés et à leur exposition à d’autres grains.

Mme Weaver suggère aux éleveurs d’éliminer tous les aliments pour animaux qui présentent des signes visibles de moisissure. Il est important d’entreposer et d’emballer le fourrage de manière à réduire l’exposition à l’humidité et la prolifération accrue des mycotoxines. La même règle s’applique au grain. Un séchage efficace est aussi indispensable.

« Il s’agit d’éliminer toute possibilité pour les moisissures de se développer », résume Mme Weaver.

L’analyse des aliments pour animaux effectuée en 2017 a été menée conjointement avec Masterfeeds et Stratford Agri-Analysis.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les mycotoxines, consultez le site Web knowmycotoxins.com (en anglais seulement).

En conclusion

La contamination par les mycotoxines est endémique en Ontario. Examinez vos aliments pour animaux et surveillez les signes d’empoisonnement par les mycotoxines, notamment une prise alimentaire réduite, une diminution de la reproduction et de la production de lait, et une détérioration de la santé intestinale des animaux.

Article par : Owen Roberts