La vapeur à haute température au service du contrôle des mauvaises herbes

  • 30 oct. 2019

À deux reprises dans la présente rubrique, j’ai soulevé la nécessité d’employer de nouvelles méthodes de contrôle des mauvaises herbes. Compte tenu de l’essor rapide des mauvaises herbes résistantes aux herbicides et de la méfiance grandissante du public à l’égard des produits agrochimiques, les herbicides ne sont plus la solution miracle à tous nos problèmes de mauvaises herbes.

C’est en partie après avoir lu ces articles que le producteur biologique Ron Gleim, une ancienne connaissance de Chaplin, en Saskatchewan, m’a proposé de participer à un nouveau projet. Ron a investi de sa poche pour mener des recherches visant à montrer que la vapeur à haute température peut être utilisée pour le désherbage non sélectif.

Ce pulvérisateur nouveau genre utilise l’électricité pour produire de la vapeur dispersée à l’aide d’une rampe munie de déflecteurs qui permet ainsi de stopper rapidement la croissance des plantes.

Cette méthode est employée en arboriculture fruitière et en production maraîchère à petite échelle, mais Ron croit qu’elle pourrait être étendue à la production des grandes cultures grâce à un dispositif qu’il a fait breveter.

Baptisé X-Steam-inator, ce pulvérisateur nouveau genre utilise l’électricité pour produire de la vapeur dispersée à l’aide d’une rampe munie de déflecteurs qui permet ainsi de stopper rapidement la croissance des plantes.

Les producteurs biologiques qui ont assisté au Farm Progress Show du Canada à Regina en juin dernier ont été séduits par la possibilité d’avoir accès à des options de contrôle des mauvaises herbes autres que le travail du sol, et cette technologie devrait aussi avoir sa place en agriculture traditionnelle.

La vapeur pourrait donc remplacer les mélanges d’herbicides en cuve pour contrôler la croissance des mauvaises herbes avant l’ensemencement. Grâce à l’électricité produite à partir d’énergie diesel et de batteries de haute technologie, cette méthode vise à procurer d’importantes économies de coûts comparativement à l’utilisation d’herbicides.

De plus, la quantité d’eau utilisée est nettement inférieure aux volumes nécessaires aux traitements herbicides. En effet, une petite quantité d’eau produit beaucoup de vapeur. Toutefois, l’eau devrait généralement circuler dans un système d’osmose inverse pour être déminéralisée.

Grâce à un guidage adapté et à l’utilisation de déflecteurs, l’objectif est de concevoir un système de contrôle entre les rangs. Il serait aussi possible, avec un réglage précis de la température de la vapeur et de bonnes méthodes d’épandage, de sécher les plantes de grande culture avant la récolte sans amoindrir la qualité du grain.

À ce stade-ci, même si le concept a fait ses preuves, les questions demeurent plus nombreuses que les réponses. Il faudra effectuer plusieurs essais pour déterminer l’interaction entre la température de la vapeur, la vitesse de déplacement, ainsi que la densité et le type de mauvaises herbes à éradiquer.

Il faudra attendre au moins jusqu’en 2021 avant que ce nouveau pulvérisateur soit commercialisé à grande échelle. Le premier modèle devrait être de type tracté, et une version autopropulsée devrait ensuite voir le jour. Il serait aussi possible d’installer des pulvérisateurs à l’avant des semoirs à grains pour détruire les mauvaises herbes au moment de l’ensemencement.

Restez à l’affût. Je crois que cette innovation pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’agriculture, dont des économies de coûts, et servir d’outil pour contrer la résistance aux herbicides. On dit que la nécessité est mère de l’invention, et nous avons assurément besoin de nouvelles méthodes de lutte contre les mauvaises herbes.

D’après un article de l’AgriSuccès par Kevin Hursh.