L’agriculture entre dans l’ère de la technologie prêt-à-porter

La technologie prêt-à-porter connaît de nombreux soubresauts sur le marché grand public. Les montres intelligentes ont remporté un succès inégal, et elles semblent maintenant susciter un intérêt renouvelé. L’intérêt pour les lunettes numériques Google GlassMC a d’abord atteint un sommet sur le « cycle du hype » (courbe décrivant l’évolution de l’intérêt pour une nouvelle technologie), pour ensuite disparaître. Toutefois, ces lunettes comme bien d’autres trouvent maintenant leur place dans le domaine de la formation technique et dans d’autres applications spécialisées, dont l’agriculture.

Les ventes de moniteurs personnels intelligents comme Fitbit ont explosé au cours des deux dernières années. Toutefois, l’engouement initial du marché s’est estompé, car les gens se questionnent aujourd’hui sur les avantages véritables de cette technologie.

Du prêt-à-porter pour le bétail

Dans le domaine de l’agriculture, les dispositifs sont conçus pour les animaux d’élevage plutôt que pour les humains. Il existe des étiquettes d’oreille et des colliers qui enregistrent la température, le pouls et la respiration ainsi que l’emplacement des bovins de boucherie et des vaches laitières. Certains dispositifs sont aussi dotés de caméras. Les données qu’ils recueillent peuvent aider les éleveurs à gérer la santé de leur troupeau et à détecter l’œstrus pour optimiser la reproduction.

On a même mis au point une capsule qui reste dans le rumen d’une vache tout au long de sa vie et qui envoie des données, notamment sur l’activité du rumen, à un logiciel infonuagique. La variation des signes vitaux est souvent révélatrice de problèmes de santé. Les algorithmes utilisés pour surveiller les données et prédire les problèmes n’iront qu’en s’améliorant, à mesure que les données s’accumuleront.

Il est même possible de géorepérer certains animaux et de leur ouvrir ou de leur bloquer automatiquement l’accès aux enclos ou aux champs, selon leur emplacement GPS. Le géorepérage s’inscrit dans l’Internet des objets, permettant aux dispositifs prêt-à-porter d’interagir avec d’autres objets connectés. 

La technologie prêt-à-porter destinée aux animaux d’élevage continuera de se développer en raison de la multiplication des dispositifs mis au point pour l’industrie des animaux de compagnie, marché qui pourrait se chiffrer à 2,4 milliards de dollars américains d’ici 2022, selon la firme Grand View Research. Le développement de dispositifs pour cette industrie pourrait créer un effet d’entraînement et donner lieu à des versions plus robustes adaptées aux animaux d’élevage, répondant aux besoins agricoles.

Du prêt-à-porter pour les travailleurs

Pour nous, les humains, certains dispositifs prêt-à-porter peuvent s’avérer bénéfiques bien qu’ils ne soient pas conçus expressément pour l’agriculture. Par exemple, les entreprises de construction peuvent investir dans des gilets de sécurité intelligents qui avisent les conducteurs d’équipements de l’emplacement des travailleurs, même quand ceux-ci ne peuvent pas être vus. Un jour, les gilets de sécurité interagiront avec les équipements, qui s’arrêteront automatiquement afin d’éviter des blessures, ce qui constituerait un atout évident pour les fermes, où les humains côtoient souvent la machinerie lourde.

Le fabricant d’équipements Caterpillar est en train de mettre au point une technologie appelée Smartband, qui permet de surveiller et de gérer le niveau de fatigue des conducteurs. La technologie vise à comprendre comment la fatigue peut influer sur la santé, la sécurité et le rendement opérationnel. Ainsi, Caterpillar affirme que Smartband est capable d’évaluer la structure du sommeil et de prévoir comment évoluera le niveau de fatigue d’un travailleur au cours des 18 heures suivant le début de sa journée.

Les appareils prêt-à-porter sont un des nombreux exemples de la façon dont la technologie des capteurs connectés nous permettra de gérer, de surveiller et de mesurer à peu près n’importe quoi. 

D'après un article de l'AgriSuccès (janvier 2018) de Peter Gredig.