Présence d’un système météorologique La Niña de faible intensité cet hiver

Aperçu

  • Nous prévoyons un phénomène La Niña de faible intensité cette année. L’hiver sera peut-être plus froid que la normale à l’échelle du pays, mais il ne sera pas aussi rigoureux que ce que nous avons connu ces dernières années.
  • En ce qui a trait au printemps prochain [...], les modèles informatiques indiquent qu’une grande partie des Prairies pourrait jouir de températures normales, ou plus chaudes que la normale, en mai, en juin et en juillet.
  • Je ne conseillerais jamais à un producteur de prendre des décisions en matière d’ensemencement ou d’économie agricole en se fondant sur les prévisions saisonnières.

Il est difficile de formuler des prévisions exactes sur le temps qu’il fera demain, mais il est encore plus difficile d’essayer de dire aux producteurs agricoles ce que leur réserve l’hiver de décembre jusqu’à la fin mars.

Certaines années, le temps est plus facile à prédire. L’année dernière, par exemple, nous étions assez certains de nos prévisions pour l’hiver. Un « super » El Niño était en place, et les Prairies ont eu un hiver situé au troisième rang des hivers les plus doux des 70 dernières années; à l’échelle du Canada, l’hiver dernier s’est classé au deuxième rang des hivers les plus doux.

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte lorsqu’il s’agit de formuler des prévisions pour l’hiver, comme la température des océans, l’état de la glace et de la neige dans l’Arctique et les conditions météorologiques enregistrées au cours de l’été et de l’automne précédents.

Les impondérables

Il y a toujours certains impondérables dans le domaine météorologique. Même s’il s’agit d’une science, on ne peut savoir avec certitude comment la nature se comportera.

Diverses conditions de surface et de pression atmosphérique sont susceptibles d’influencer la position du courant jet.

Nous prévoyons un phénomène La Niña de faible intensité cet hiver. En effet, tout porte à croire que nous devrons composer plus souvent avec une circulation provenant du nord. Janvier sera frisquet, mais je ne pense pas que nous aurons droit à un hiver « d’enfer ». Si l’hiver nous réserve des conditions plus difficiles, ce sera peut-être vers sa fin, au moment où l’effet de La Niña est mieux connu.

Je pense que l’hiver qui nous attend se situera à mi-chemin entre l’hiver dernier et les deux précédents. Durant l’hiver 2015‑2016, il n’y a eu que deux journées où le mercure a été inférieur à -30° C à Saskatoon, comparativement à 29 en 2013‑2014. Cet hiver, je pense que le nombre de journées très froides se situera entre ces deux extrêmes.

Les perspectives pour le printemps

En ce qui a trait au printemps 2017, et je ne parierais pas gros à ce sujet, les modèles informatiques montrent qu’une grande partie des Prairies pourrait jouir de températures normales, ou plus chaudes que la normale, en mai, en juin et en juillet.

Il est plus difficile de prévoir les précipitations hivernales, mais les modèles informatiques laissent entrevoir des quantités de neige à peu près normales.

Comme dans le reste du pays, la plupart des régions agricoles de la Colombie-Britannique devraient enregistrer des températures variant de normales à légèrement supérieures à la normale cet hiver. Les précipitations prévues pour ces régions devraient aussi se situer autour de la normale.

Les prévisions pour l’Est

Les Maritimes auront probablement des températures et des précipitations supérieures à la normale tout au long de l’hiver. Quant à l’Ontario et au Québec, le scénario ressemble à celui qui prévaut dans les Prairies : l’hiver 2017 sera plus froid que l’hiver 2016, mais plus doux que les deux hivers précédents.

Je ne conseillerais jamais à un producteur de prendre des décisions en matière d’ensemencement ou d’économie agricole en se fondant sur les prévisions saisonnières. Toutefois, grâce à une surveillance améliorée, à une quantité accrue de données et à des modèles plus perfectionnés, je pense que nous assisterons à d’importantes améliorations des prévisions saisonnières au cours des dix prochaines années.

David Phillips est climatologue principal à Environnement et Changement climatique Canada. Fort de 49 ans d’expérience, il accorde des centaines d’entrevues aux médias locaux et nationaux chaque année.