Recherchés : employés calés en technologie, versés en agriculture

Bon nombre de technologies captivantes sont appelées à révolutionner l’agriculture. Pour être un chef de file de la technologie agroalimentaire, le Canada a besoin de jeunes esprits libres et dynamiques, et il en a besoin maintenant.

Lorsque j’ai commencé à concevoir des applications mobiles destinées à l’industrie agricole, en 2009, les concepteurs de technologies mobiles étaient une denrée rare. Il n’y avait ni école ni cours. Les experts étaient très jeunes, pour la plupart autodidactes. Il était pratiquement impossible de trouver des concepteurs qui comprenaient tout autant le codage d’applications mobiles que l’agriculture.

Aujourd’hui, on trouve beaucoup plus de personnes hautement compétentes et qualifiées, mais souvent, les employeurs sont contraints de choisir entre un concepteur très doué qui connaît peu l’agriculture et une personne qui connaît très bien le milieu agricole, mais manque de formation technique.

Je pense qu’il en va ainsi de nombreuses technologies agricoles émergentes, dont les mégadonnées et l’intelligence artificielle, la robotique et les machines autonomes, ainsi que l’Internet des objets.

D’ordinaire, les nouvelles technologies sont introduites par l’intermédiaire d’utilisateurs précoces, de chercheurs ou d’entrepreneurs, et si elles gagnent des adeptes, des programmes universitaires voient le jour. Or, cela prend des années, et ce modèle est trop lent pour suivre l’évolution rapide de la technologie, du prototype aux essais pratiques. Certaines écoles réagissent plus rapidement que d’autres, mais l’éventail des compétences nécessaires est diversifié et évolue rapidement.

À l’échelle mondiale, l’évaluation et la mise en œuvre de nouvelles technologies en agriculture seront au moins aussi importantes que l’agronomie et la gestion des affaires, et le Canada est bien placé pour être un chef de file. Cela commence chez vous, autour de la table. Nous avons besoin de jeunes des régions rurales qui sont fascinés par l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine pour mettre au point des applications conçues pour l’agriculture. Nous avons besoin de chercheurs qui possèdent de l’expérience en agriculture pour concevoir des algorithmes qui permettent de tirer pleinement parti de toutes les données que nous générons. L’édition génétique jouera un rôle crucial pour notre industrie, mais nous avons besoin de scientifiques et de concepteurs de produits qui sont passionnés d’agriculture.

Lorsqu’il n’existe pas de formation axée sur l’agriculture, la voie à suivre consiste à se familiariser avec les principes scientifiques généraux, puis à les appliquer à l’agriculture. Ce qui m’enthousiasme le plus à l’idée d’attiser l’intérêt des jeunes pour la technologie agricole est la perspective nouvelle qu’ils apporteront. Nous en avons besoin. Trop d’innovations restent coincées dans un cadre de pensée établi.

Le fait de stimuler la matière grise et de réunir les personnes compétentes pour faire entrer l’agriculture canadienne dans une nouvelle ère technologique est à la fois un immense défi et une occasion exceptionnelle. Nous devons commencer à discuter de technologie avec nos enfants et nos petits-enfants. Notre avenir en dépend.

D’après un article de l’AgriSuccès (novembre 2018) par Peter Gredig.