Les antibiotiques à usage vétérinaire se vendront sur ordonnance seulement

Aperçu

  • En décembre 2018, des modifications réglementaires feront en sorte que les antibiotiques à usage vétérinaire seront prescrits sur ordonnance uniquement
  • Une ordonnance sera aussi requise pour les aliments médicamenteux pour animaux qui contiennent des antibiotiques, y compris les aliments stimulateurs de croissance
  • Une relation valide doit d’abord exister entre le vétérinaire, le client et les patients animaux avant d'obtenir une ordonnance

Des changements importants s’annoncent en ce qui a trait à l’accès aux antibiotiques pour les éleveurs d’animaux partout au pays. En effet, Santé Canada a apporté des modifications réglementaires qui entreront en vigueur dès décembre 2018, en vertu desquelles les antibiotiques à usage vétérinaire se vendront sur ordonnance seulement.

En plus de devoir obtenir des ordonnances de leur vétérinaire, les éleveurs ne pourront plus utiliser d’antibiotiques stimulateurs de croissance. Une ordonnance sera aussi requise pour tout aliment médicamenteux pour animaux (y compris les aliments de démarrage des poussins) qui contient un antibiotique.

Ces changements sont motivés par les craintes relatives à la surutilisation d’antibiotiques et à la résistance grandissante de bactéries aux antibiotiques dans la population humaine. Les humains et les animaux ont de nombreuses bactéries en commun, et certains agents pathogènes présents chez les animaux d’élevage peuvent infecter les humains.

Ces changements sont motivés par les craintes relatives à la surutilisation d’antibiotiques et à la résistance grandissante de bactéries aux antibiotiques dans la population humaine. Les humains et les animaux ont de nombreuses bactéries en commun, et certains agents pathogènes présents chez les animaux d’élevage peuvent infecter les humains.

Certaines des craintes de la population concernant l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux d’élevage sont peut-être infondées, mais il est difficile de dissiper les craintes avec des faits, selon Wendy Wilkins, vétérinaire à la direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.

Elle souligne qu’une surveillance accrue semble justifiée étant donné que les antibiotiques sont plus largement utilisés chez les animaux d’élevage que chez les humains. Des recherches récentes montrent que les animaux d’élevage au Canada reçoivent, au prorata par livre, environ 1,6 fois plus d’antibiotiques que les humains.

On s’efforce depuis un certain temps de réduire l’utilisation d’antibiotiques dans le secteur de l’élevage. Par exemple, Les Producteurs de poulet du Canada ont adopté une stratégie visant à éliminer l’utilisation préventive d’antimicrobiens ayant une incidence sur la santé humaine.

Selon Mme Wilkins, il est important de garder à l’esprit que lorsqu’un animal est malade, le vétérinaire ne signe pas une ordonnance à l’aveuglette. Une relation valide doit d’abord exister entre le vétérinaire, le client et les patients animaux. Il en a toujours été ainsi.

On considère qu’il existe une relation légitime seulement si les dossiers médicaux contiennent des preuves suffisantes d’une interaction pertinente et opportune entre le vétérinaire, le propriétaire et les animaux.

Une consultation antérieure avec un animal à la clinique vétérinaire ne constitue pas nécessairement une interaction client. Le vétérinaire doit connaître un tant soit peu votre exploitation. Autrement dit, il doit s’être rendu à votre ferme récemment.

Mme Wilkins conseille aux éleveurs de se préparer à l’entrée en vigueur de ces changements, qui aura lieu à la fin de l’année prochaine, en établissant une relation avec un vétérinaire dès que possible si ce n’est pas déjà fait.

« Tâchez de savoir quelles exigences s’appliqueront à votre situation particulière, conseille Mme Wilkins. Rappelez-vous que ce ne sont pas les vétérinaires qui changent les règles, mais qu’ils doivent s’y conformer. »

D'après un article de l'AgriSuccès (novembre 2017) de Kevin Hursh