Les essais à la ferme vous aident à prendre des décisions éclairées

Use on-farm trials for informed decision-making

Aperçu

  • Les essais à la ferme vous aident à répondre à vos questions agronomiques
  • La technologie facilite les essais à la ferme
  • Les recherches menées sur de petites parcelles donnent de meilleurs résultats
  • Partez des principales questions que vous vous posez et répondez-y grâce à des essais à répétition

Que vous produisiez du maïs, du canola, des cultures fourragères ou des légumes, vous avez probablement des questions agronomiques sans réponse. Et cette réponse, elle pourrait venir d’essais à la ferme bien conçus.

Vous devez toutefois effectuer ces essais correctement et en tirer les bonnes conclusions, sinon vous risquez de perdre votre temps.

Un traitement fongicide augmenterait-il votre rendement tout en préservant la qualité de vos cultures? Quelle est la densité de semis optimale pour cette culture? Un inoculant granulaire est-il plus efficace qu’un inoculant à base de tourbe appliqué aux graines? Qu’en est-il de ce nouvel engrais foliaire?

Chaque entreprise souhaite projeter la meilleure image de ses produits, de sorte que l’information fournie par les entreprises doit être prise avec réserve.

Il n'a jamais été aussi facile de prévoir des essais à la ferme et de recueillir des données significatives.

À sa ferme située près de Carman, au Manitoba, Brent VanKoughnet, d’Agri-Skills, mène des essais en champ pour diverses entreprises et d’autres essais pour assouvir sa propre curiosité. Il encourage fortement les producteurs à prendre les moyens nécessaires pour déterminer les mesures qui sont adaptées à leur exploitation.

« Quels aspects de la gestion prévisionnelle vous exaspèrent? Que devez-vous faire pour être plus averti pendant la prochaine saison de production? », demande M. VanKoughnet. Il conseille aux producteurs de partir des principales questions qu’ils se posent et d’y répondre à l’aide d’essais avec répétitions.

En Ontario, Peter Johnson (@wheatpete) a consacré toute sa carrière à défier les producteurs de lui donner raison ou tort dans leur propre exploitation. Spécialiste du blé pendant de nombreuses années au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario et aujourd’hui agronome en poste à RealAgriculture.com (en anglais seulement), M. Johnson est convaincu qu’il n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui de prévoir des essais à la ferme et de recueillir des données significatives.

« Je suis stupéfait chaque fois que j’entends des producteurs ou que je lis des gazouillis qui font état d’énormes écarts de rendement résultant de comparaisons d’un champ à l’autre qui ne sont pas valides. Nous ne devrions pas prendre de grandes décisions en nous fondant sur des comparaisons dont la méthodologie est douteuse ou sur des comparaisons arbitraires, soutient M. Johnson. Nous pouvons faire mieux que cela. »

Tirez profit de la technologie

« Un capteur de rendement bien calibré transforme une ferme en centre de recherche, mais les producteurs doivent élaborer leur projet adéquatement pour en tirer des données utiles, prévient M. Johnson. Il ne s’agit pas de séparer un champ en deux ou de comparer un champ entier à un autre. Tout est dans la répétition, et grâce à la conduite automatisée assistée par des systèmes temps réel (ou RTK, de l’anglais real time kinematic) et à des capteurs de rendement précis, il est beaucoup plus facile qu’avant de la faire correctement. »

De son côté, M. VanKoughnet préfère confirmer les données fournies par les capteurs de rendement à l’aide de balances à trémie, et heureusement, un nombre croissant de chariots à grains de nos jours sont dotés de systèmes de pesée. De plus, le pilotage automatique par GPS (sans système temps réel) peut être efficace si l’organe de coupe de la moissonneuse-batteuse est plus étroit que le semoir ou le pulvérisateur.

Selon ces deux chercheurs, le secret est la répétition : un essai devrait être mené au moins trois ou quatre fois par endroit. Le guidage par GPS fondé sur des lignes A-B permet d’effectuer chaque traitement séparément. Par exemple, un traitement serait effectué en premier dans les bandes A-B 12, 15 et 18. Le taux ou le traitement est ajusté et appliqué aux bandes 13, 16 et 19. Le troisième traitement est effectué dans les bandes 14, 17 et 20. Il s’agit d’un type d’essai simple, mais qui génère des résultats plus pertinents que la séparation d’un champ en tiers pour chaque traitement.

Essais en bandes à l’échelle d’un champ ou essais en parcelles

Le plus souvent, les recherches sont menées sur de petites parcelles et comportent de nombreuses répétitions. Si cette technique présente des avantages, M. VanKoughnet croit que les essais sur de longues bandes minces qui s’étendent d’un bout à l’autre d’un champ aident à intégrer et à gérer la variabilité. Toutefois, il faut prendre soin d’éviter les lisières  des champs plus anciens et les clôtures. Les ornières résultant d’autres travaux peuvent aussi fausser les résultats. Vous devez concevoir des essais dont le plan élimine les biais possibles.

« Si vous obtenez une amélioration du rendement de trois ou quatre boisseaux par acre, cela peut sembler insignifiant, mais si ce résultat est constant à chaque répétition, c’est qu’il est probant, dit M. VanKoughnet. En revanche, une amélioration marquée du rendement dans une seule bande n’est peut-être pas aussi fiable. »

M. Johnson croit beaucoup en l’apprentissage collaboratif. « Trouvez quatre ou cinq autres producteurs de votre région et invitez-les à suivre le même plan d’essais et à partager les données recueillies à la fin de l’année. Le réseau de collaborateurs à la ferme de la Iowa Soybean Association (en anglais seulement) publie des suggestions d’essais sur son site Web et souvent, plus d’une centaine de producteurs participent à ces essais et partagent leurs résultats. Voilà qui est efficace. »

La Manitoba Pulse & Soybean Growers Association (en anglais seulement) adopte une approche similaire avec son réseau de collaborateurs à la ferme. Les producteurs peuvent participer à certains essais, suivant des protocoles établis qui sont élaborés par un partenaire de recherche responsable de l’essai.

Éprouvez votre prescription en matière d’agriculture de précision

Un nombre croissant de producteurs s’associent avec des entreprises agronomiques pour mener des essais d’application d’engrais, et parfois de semis, à taux variable. Des analyses de sol, des photos aériennes et des cartes topographiques font partie des facteurs utilisés pour établir les taux variables prescrits.

M. VanKoughnet recommande de mener un essai  avec répétitions pour vérifier si le taux variable prescrit est financièrement avantageux pour vous. Il suffit d’épandre de l’engrais ou d’effectuer des semis selon votre taux habituel invariable dans des bandes témoins et de les comparer aux bandes adjacentes où vous avez utilisé le taux variable prescrit.

« Je vous recommande de collaborer avec une entreprise qui possède une stratégie de vérification, dit M. VanKoughnet. Autrement, pourquoi investir dans une technologie dont les résultats ne peuvent pas être vérifiés? »

D'après un article de l'AgriSuccès (mars 2017) de Peter Gredig et Kevin Hursh