La mosaïque culturelle du Canada offre des débouchés prometteurs

Pak-choï

Aperçu

  • Le marché de produits agricoles non traditionnels gagne en importance au fur et à mesure que la diversité ethnique du Canada augmente.
  • Plus de 90 % des fruits et légumes ethnoculturels sont importés d’Asie, du Mexique, des Caraïbes et d’Amérique du Sud.
  • Les producteurs canadiens cherchent des façons de percer le marché de produits agricoles ethnoculturels.
  • Des programmes gouvernementaux doivent être mis en œuvre et des recherches sur les cultures doivent être réalisées pour aider les producteurs à cultiver des produits exotiques dans les zones climatiques canadiennes.

Il est facile de comprendre pourquoi, dans un pays où la diversité ethnique est grande et en croissance rapide, la production d’aliments ethnoculturels pour les marchés locaux offre de nombreux débouchés. Il est toutefois plus difficile de cibler les produits les plus recherchés, et ceux qui offrent aux producteurs le meilleur potentiel de revenu.

La demande d’aliments ethnoculturels est énorme

« Il n’y a pas de doute que la demande existe, affirme Glen Filson, professeur agrégé du Collège d’agriculture de l’Ontario (site Web en anglais seulement), qui est l’un des collèges fondateurs de l’Université de Guelph. Le tout est de connaître les habitudes de consommation, la chaîne de valeur des aliments ethnoculturels et le coût de production, et de savoir comment avoir accès et vendre à ces marchés. »

Nous en savons beaucoup sur la demande, mais peu sur les coûts de production. Nous en sommes encore au stade expérimental.

M. Filson coordonne un important projet de recherche coopérative sur le marché des légumes ethnoculturels dans la région du Grand Toronto, visant à donner aux producteurs de l’Ontario et du reste du Canada l’information dont ils ont besoin pour répondre aux besoins particuliers de ce marché.

Les chercheurs de l’Université de Guelph ont publié de nouvelles constatations au sujet des habitudes de consommation alimentaire des 400 000 Canadiens et Canadiennes d’origine africaine de la région du Grand Toronto. L’étude a révélé que les achats d’okra, d’aubergine africaine, d’amarante et d’autres légumes essentiellement importés qui sont uniques à cette communauté se chiffrent à environ 7 millions de dollars par mois.

Cette somme se classe au troisième rang derrière les quelque 33 millions de dollars dépensés chaque mois par les 800 000 habitants originaires d’Asie du Sud et les 21 millions dépensés chaque mois par les 600 000 Canadiens et Canadiennes d’origine chinoise du Grand Toronto pour les aubergines, le pak-choï et d’autres produits agricoles.

Pour M. Filson, ces résultats témoignent de la forte demande de produits agricoles non traditionnels dans les villes canadiennes où vivent d’importantes populations immigrées. Plus de 90% de ces produits agricoles sont importés d’Asie, du Mexique, des Caraïbes et d’Amérique du Sud.

Cultiver des produits ethnoculturels en terre canadienne

Selon M. Filson, la nécessité en ce moment, c’est que des programmes gouvernementaux soient mis en œuvre et que des recherches sur les cultures, comme celle qui est menée au Vineland Research and Innovation Centre (site Web en anglais seulement), près de Niagara Falls, où l’on produit de petites récoltes de légumes exotiques, soient réalisées pour aider les producteurs de l’Ontario à déterminer les cultures potentiellement rentables qui peuvent être produites de manière efficace et efficiente dans notre climat nordique.

« Nous en savons beaucoup sur la demande, mais peu sur les coûts de production, souligne M. Filson. La vaste majorité des producteurs de l’Ontario, ajoute-t-il, ne possèdent pas l’expertise technique nécessaire pour produire ces légumes. Nous en sommes encore au stade expérimental. »

Ce n’est toutefois pas la volonté d’apprendre qui manque. Selon Art Smith, directeur général de l’Association des fruiticulteurs et des maraîchers de l’Ontario (site Web en anglais seulement), les producteurs comprennent que la diversité ethnique croissante du Canada, conjuguée à la mondialisation de l’industrie de l’alimentation et à la multitude de nouveaux produits offerts dans les épiceries, crée de nouveaux marchés.

« Les producteurs savent que des débouchés existent et que ce marché est en plein essor », indique M. Smith. Le problème, ajoute-t-il, est que la majorité des producteurs de l’Ontario sont d’origine européenne et ne possèdent ni l’expertise technique ni la latitude financière nécessaires pour tenter leur chance dans des marchés spécialisés qu’ils connaissent peu.

M. Smith note qu’une grande partie de la récolte de légumes non traditionnels en Ontario est produite par des agriculteurs des communautés ethnoculturelles. Plusieurs producteurs sino-canadiens possèdent et exploitent des fermes dans la région fertile de Holland Marsh, au nord de Toronto, et certains d’entre eux possèdent des fermes au Mexique pour garantir un approvisionnement pendant les mois d’hiver.

Possibilités d’expansion

Jason Verkaik est un producteur de carottes et d’oignons de troisième génération de la région de Holland Marsh. Il produit depuis plusieurs années, à titre expérimental, des carottes rouges, des courges musquées de Provence et des tomatillos du Mexique, qui sont des denrées exotiques très appréciées des consommateurs originaires du Sud-Est asiatique.

« Tout commence avec la culture ethnique, explique M. Verkaik à propos de ses efforts de diversification, mais il est possible de voir encore plus grand. »