Une question de temps

Aperçu

  • Le remède pour un prix faible est un prix encore plus faible 
  • Depuis 2012, la demande mondiale est en hausse de 20 à 30 % pour le maïs et le soja 
  • Quand le prix est faible, l’utilisation croît année après année

Les journées raccourcissent, les manches de ma chemise rallongent, les feuilles deviennent colorées, ma blonde m’achale sans cesse pour aller aux pommes et mon fil Instagram est pollué de filles beaucoup trop enjouées de payer un prix de fou pour un café latte aux saveurs d’Halloween et d’épices d’automne.

Bienvenu en octobre.

Je regarde les prix et on dirait qu’on est au magasin à un dollar. Les récoltes sont abondantes et les cours à Chicago sont faibles. C’est vrai tant pour le maïs, le blé et en partie le soja qui ont tous vu des prix plus élevés cet été. Aussi, la Banque du Canada a décidé de relever les taux d’intérêt deux fois depuis juin, ce qui a assommé littéralement le marché sur deux fronts. Non seulement la hausse des taux fait en sorte d’augmenter les frais d’intérêt sur les marges de crédit, mais aussi elle a eu un impact incroyable sur l’appréciation du dollar canadien.

Un marché faible à Chicago et un dollar canadien fort, c’est le contraire de la recette pour faire grimper les prix.

Cycles économiques

Rappelez-vous des cycles économiques, un des principes de base dans l’économie. Les cycles sont une vague infinie qui monte et qui descend. Il y a un creux, une reprise, une croissance, un sommet, un ralentissement puis on repart la machine avec un creux, une reprise, etc. Ça monte. Ça descend.

Actuellement on est dans un creux, c’est bien évident. Je dis souvent à mes clients que le remède pour un prix faible est un prix encore plus faible. Pourquoi? Parce que quand le prix est faible, l’utilisation croît année après année. Les éleveurs prennent de l’expansion, la taille des cheptels augmente, la population aussi et le prix faible des dernières années donne une confiance aux utilisateurs.

Le maïs et le soja

C’est exactement ce qu’on voit, car depuis 2012, l’année de la sécheresse aux États‑Unis, la demande mondiale est en hausse de 20 à 30 % pour le maïs et le soja. La catapulte est en train de se crinquer, comme dirait mon grand‑père!

Éventuellement, comme tout bon cycle économique, la production va reculer, doucement ou abruptement, et les prix devront s’ajuster pour bien refléter l’équilibre entre l’offre et la demande grandissante.

Bref, ce n’est pas une question de prix, c’est une question de temps. Ça peut prendre un an ou deux, comme ça peut en prendre cinq ou dix, mais tôt ou tard, si la demande continue de croître au même rythme, il faudra prévoir un rééquilibre des prix l’année où les rendements seront plus faibles.

En conclusion

Les cycles économiques montent et descendent, et les prix pour le maïs et le soja sont dans un creux, mais ne vont pas y demeurer longtemps.

Simon Briere est un stratège de marché qui travaille avec RJO Canada, une filiale de R.J. O’Brien & Associates, LLC (RJO) de Chicago, spécialisée dans les contrats à terme et les options. RJO est le plus ancien et le plus important cabinet indépendant de courtage aux États‑Unis.

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