L’heure de la retraite est encore loin

Photos gracieusement fournies par les familles Hinz et Grueter

Shaun et Ellen Grueter savent exactement ce qu’ils veulent : devenir agriculteurs à temps plein, déménager de la petite ville de Humboldt, en Saskatchewan, à la campagne, et élever une famille à la ferme. Mais ces rêves ne sont pas faciles à réaliser.

« Nous aimerions avoir un plan, un certain degré de certitude et un échéancier », dit Ellen. Toutefois, la feuille de route du jeune couple est toujours en cours d’élaboration.

Tous deux occupent un emploi à temps plein; Shaun est mécanicien de machinerie lourde pour un concessionnaire d’équipement agricole de Humboldt, et Ellen est gestionnaire des communications pour le compte de SaskCanola, emploi qui exige des allers et retours d’une heure entre Humboldt et Saskatoon.

Dès qu’il a un peu de temps libre, Shaun prête main-forte à George Hinz, le père d’Ellen, et tous deux tirent profit de ce partenariat à la ferme. Détenteur d’un baccalauréat en agriculture avec spécialisation en science du sol, George se passionne pour l’agronomie et la gestion des affaires de l’entreprise. Il est heureux de pouvoir compter sur un gendre doué en mécanique.

« Shaun est un vrai fonceur, affirme George. Entre son emploi et la ferme, il travaille de longues heures. »

Le transfert de la ferme n’est pas pour demain

Shaun et Ellen Grueter, George et Caroline Hinz

Pour un observateur de l’extérieur, Shaun et Ellen pourraient facilement réaliser leur rêve : ils n’auraient qu’à reprendre la ferme des parents d’Ellen. Toutefois, le contexte actuel n’est pas propice.

George n’est âgé que de 53 ans, soit seulement 20 ans de plus que Shaun. En tant qu’agriculteur, il a traversé des années difficiles, mais la dernière décennie a été généralement favorable pour l’industrie céréalière. En 2017, George a produit des pois jaunes, des pois perdrix, de l’orge brassicole, du canola, du blé fourrager et du blé de force rouge. Les rendements et la qualité de ces cultures ont été excellents. George n’est pas du tout prêt à prendre sa retraite.

Par comparaison, lorsque George a repris la ferme de son père, à la fin des années 1980, il y avait une différence d’âge de 40 ans, son père voulait prendre sa retraite et aucun des frères aînés de George ne s’intéressait à l’agriculture.

« Durant leur jeunesse, mes frères ont travaillé à la sueur de leur front à la ferme, et l’idée de reprendre l’exploitation ne les intéressait pas », relate George.

Lorsqu’on lui demande comment il entrevoit sa ferme dans dix ou quinze ans, George imagine Shaun et Ellen à la barre de l’exploitation, mais cet échéancier représente une éternité aux yeux de la nouvelle génération.

Persévérance et vision d’avenir

Ne reculant devant aucun obstacle, Shaun et Ellen continuent à franchir les étapes qui leur permettront de concrétiser leur rêve. En échange de la main-d’œuvre qu’il fournit, Shaun utilise l’équipement de George pour exploiter un certain nombre de parcelles louées. Le jeune couple a aussi acheté quelques équipements.

« J’aimerais avoir mon propre atelier chauffé où je réparerais notre équipement et où je ferais quelques réparations à temps perdu pour d’autres agriculteurs », dit le jeune homme.

Toutefois, Shaun et Ellen ne possèdent pas de terre où ils pourraient construire une maison ou un atelier, et ils n’ont pas profité de l’augmentation de la valeur des terres agricoles qui a donné lieu à des hausses de valeur nette. Ils n’ont pas non plus atteint le stade où ils enregistrent un revenu agricole suffisant pour pouvoir quitter leur emploi à temps plein.

L’année dernière, George et Shaun ont augmenté considérablement la superficie de terre louée conjointement afin d’atteindre 2 800 acres cultivés, mais il s’agit d’une superficie modeste en Saskatchewan – en particulier si deux familles la partagent.

De plus, George et son épouse Caroline ont trois autres filles qui entrent dans l’équation. Deux d’entre elles ont une carrière et la troisième, qui est en train de terminer son secondaire cinq, s’intéresse vivement à l’élevage des animaux. Comme dans la plupart des familles, il devra y avoir des discussions au sujet des moyens de traiter tous les enfants équitablement.

« Les experts financiers spécialisés en agriculture font remarquer que chaque génération n’a pas les moyens de racheter la ferme, souligne Ellen, mais nous voulons trouver une solution équitable pour mes sœurs, car c’est l’harmonie de la famille qui prime. »

Shaun et Ellen explorent donc d’autres moyens de réaliser plus rapidement leur rêve de pratiquer l’agriculture à temps plein, mais ils devront faire preuve de détermination et de dévouement et entretenir des communications soutenues avec la famille.

Un accord officiel serait souhaitable

Shelly Carberry
PricewaterhouseCoopersLLP
Humboldt (Saskatchewan)

Récemment, Shaun et Ellen ont sollicité l’aide du cabinet comptable PricewaterhouseCoopers s.r.l. (PwC) de Humboldt. Bien qu’il s’agisse d’une relation professionnelle embryonnaire, Shelly Carberry de PwC constate que le couple voudra peut-être un jour conclure un accord plus officiel avec les parents d’Ellen.

« Nous avons affaire à de nombreuses familles qui pratiquent l’agriculture ensemble, mais qui n’ont écrit nulle part qui a acheté quel équipement et à quel moment, dit Mme Carberry. Certains équipements ont peut-être été achetés individuellement et d’autres conjointement. Cela peut devenir un problème difficile à régler lorsque la dynamique de l’exploitation change. » Elle souligne qu’il est toujours judicieux d’établir un accord écrit afin d’éviter les malentendus.

Parfois, un accord de coentreprise officiel peut s’avérer utile, car il permet d’établir les précisions suivantes :

  • l’apport de chaque partie à la coentreprise
  • le partage des coûts et des recettes

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2018) de Kevin Hursh.


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