Trois générations de croissance et de prospérité à Beverly Greenhouses

Dale (à gauche) et Jan VanderHout, propriétaires de troisième génération de Beverly Greenhouses

Les VanderHout produisent des légumes de serre au Canada depuis presque six décennies. Les frères Jan et Dale VanderHout sont les exploitants de la troisième génération à la ferme Beverly Greenhouses, l’un des plus importants producteurs de concombres de serre de la province, situés près de Hamilton, en Ontario. Et tout indique que leurs huit enfants seront de la quatrième génération.

Les ambitions des deux frères et leur passion pour la croissance de leur entreprise sont indissociables de la longévité et du succès de Beverly Greenhouses, tout comme leur forte volonté de travailler.

« Dale et moi travaillons très fort jour après jour et avons réussi à prendre de l’expansion au fil des ans, dit Jan. C’est le secret de notre viabilité. Ceux qui n’ont pas investi pour prendre de l’expansion et pour moderniser leur entreprise se sont rapidement retirés de l’industrie. »

Aujourd’hui, Beverly Greenhouses cultive 27 acres de concombres anglais et fait pousser ses propres semis de concombres dans des serres de multiplication dont la superficie totalise deux acres. La production est échelonnée de manière à ce qu’il y ait toujours des concombres prêts à être récoltés, et c’est l’entreprise Bayshore Vegetable Shippers de Burlington, en Ontario qui les expédie vers les grands détaillants du secteur alimentaire du Canada et des États-Unis.

Découvrez les installations d'emballage ultramodernes de Beverly Greenhouses permettant d'empaqueter quotidiennement 144 000 concombres. Partagez sur Twitter

Désinsectisation biologique

Concombre prêt pour la récolte

Lutte antiparasitaire biologique

La production durable est l’un des principes directeurs de la ferme. Les fongicides et les pesticides chimiques sont relégués au second plan derrière les méthodes biologiques. Il s’agit d’une pratique inhabituelle. Le recours exclusif à des méthodes biologiques pour lutter contre les parasites dans des serres de multiplication nécessite une surveillance étroite et la volonté d’accepter que des dommages soient causés aux cultures en cas d’éclosion de parasites.

« C’est une grande préoccupation. Il faut exercer un contrôle constant, et nous acceptons les dommages éventuels pour pouvoir maintenir notre programme de lutte biologique. Dès qu’on intègre des produits chimiques, les méthodes biologiques sont anéanties », explique Jan.

Les VanderHout chauffent leurs serres à la biomasse forestière, possèdent des panneaux solaires sur certains de leurs bâtiments et viennent de commencer à produire de l’électricité de base pour leur propre utilisation. Ils réutilisent la chaleur de la génératrice au gaz naturel comme source de chauffage d’appoint pour leurs serres. En outre, toute leur infrastructure d’irrigation et de fertilisation est un système de recyclage en circuit fermé.

« Toute l’eau que nous prélevons ressort sous forme de concombres, et les nutriments sont recyclés et réutilisés », dit Jan.

Production durable : coup d’œil sur la production de concombres de la famille VanderHout

Les propriétaires de Beverly Greenhouses, Jan et Dale VanderHout, ont choisi de miser sur des pratiques novatrices, comme la lutte biologique antiparasitaire, le chauffage à la biomasse et un système de recirculation à l’eau, pour garantir la croissance soutenue de leur exploitation d’une superficie de 27 acres.

Déboulonner les mythes

La durabilité passe aussi par le maintien de l’acceptabilité sociale. Beverly Greenhouses ouvre fréquemment ses portes à des groupes de visiteurs, dont des rédacteurs spécialisés en alimentation, des professionnels du domaine culinaire, des étudiants en agriculture de l’Université McGill et des classes d’écoliers.

L’objectif, explique Jan, est de sensibiliser les gens à la façon dont les aliments sont produits, de les aider à comprendre les soins apportés aux légumes de serre ainsi que les rôles de l’automatisation et de la technologie.

« Nous voulons montrer aux gens les bonnes pratiques que nous employons et dissiper les mythes qui circulent, dit-il. Seul un faible pourcentage de Canadiens a déjà visité une ferme, donc il est important de raconter la vraie histoire. »

Les politiciens à tous les ordres de gouvernement sont un autre public cible. On souhaite les amener à prendre des décisions stratégiques qui tiennent compte des répercussions éventuelles sur l’agriculture. Ce désir de contribuer à l’élaboration d’une réglementation intelligente et de maintenir la compétitivité de l’industrie incite Jan à donner beaucoup de son temps à différentes organisations horticoles.

Il est actuellement président de l’Ontario Fruit and Vegetable Growers’ Association et de l’Ontario Greenhouse Alliance ainsi que membre des conseils d’administration de l’association Ontario Greenhouse Vegetable Growers et du Conseil canadien de l’horticulture.

Cela se traduit souvent par un horaire surchargé et par de longues journées à l’extérieur de la maison, mais Jan croit que le jeu en vaut vraiment la chandelle, tant pour lui et sa ferme que pour l’industrie en général, en particulier lorsque les efforts de lobbying entraînent un changement positif.

« Certains pensent à tort que les bonnes choses se produisent par accident, souligne-t-il. Les gens ne savent pas qu’il se passe beaucoup de choses en coulisse pour faire des heureux. »

Expansion

Beverly Greenhouses compte un quart de travailleurs de la région et trois quarts de travailleurs saisonniers mexicains, de sorte que l’accès à la main-d’œuvre est une grande priorité. Sans les travailleurs étrangers, qui sont nombreux à travailler pour les VanderHout depuis des années, l’entreprise n’aurait pas pris autant d’expansion – et toute expansion future serait impossible.

La multiplication des règlements environnementaux, conjuguée à ce que Jan appelle une « mentalité toujours plus axée sur l’application de la loi », représente aussi un défi.

Étant donné que 80 % de la production de légumes de serre de l’Ontario est destinée aux États-Unis, le flux des échanges transfrontaliers est crucial. Mais cela crée aussi des débouchés presque illimités, d’autant plus que le marché chinois commence à s’ouvrir aux fruits et légumes de serre de l’Ontario.

Il faut seulement une quinzaine d’heures en avion-cargo à atmosphère contrôlée pour qu’un concombre de serre de l’Ontario arrive sur le plus grand marché de consommation au monde, où les produits canadiens sont très prisés.

« La possibilité d’accroître la production est extraordinaire vu les perspectives que nous offre ce marché, se réjouit Jan. La Chine représente notre débouché le plus prometteur, et nous avons tout intérêt à développer ce marché pour protéger notre potentiel commercial. »

Les VanderHout envisagent l’avenir à long terme avec optimisme. « Sans faire de jeu de mots, nous espérons continuer à “cultiver” notre réussite commerciale », dit Jan, sourire en coin.

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2019) par Lilian Schaer.


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