L'amélioration de l'entreposage du grain exige une vision à long terme

Pensez au long terme

Aperçu

  • La capacité des producteurs de livrer du grain sur-le-champ constitue un avantage concurrentiel
  • Comme les prix du grain atteignent habituellement le niveau le plus bas de leur cycle durant la récolte, la capacité de livrer plus tard durant l’année signifie souvent des recettes plus élevées
  • L'endroit et la taille des cellules d'entreposage est un choix important
  • Installer des systèmes de surveillance aux cellules peut prévenir les pertes financières dues à la détérioration du grain

Lorsque l’espace de livraison est restreint au silo-élévateur, les producteurs qui sont en mesure de livrer du grain immédiatement, quelles que soient les conditions météorologiques, ont un net avantage sur ceux qui n’ont pas cette capacité. C’est une des raisons pour lesquelles les producteurs de céréales, d’oléagineux et de cultures commerciales à l’échelle du Canada accroissent leur capacité d’entreposage dans des endroits centralisés et accessibles en tout temps, sans égard aux conditions climatiques.

Les céréaliculteurs canadiens ont toujours aimé entreposer leur production à la ferme. Comme les prix du grain atteignent habituellement le niveau le plus bas de leur cycle durant la récolte, la capacité de livrer plus tard durant l’année signifie souvent des recettes plus élevées.

« La dimension est fonction de la variété de cultures que vous produisez actuellement et qu’elle doit offrir une marge de manœuvre pour l’avenir. »

À une certaine époque, les producteurs avaient tendance à entreposer du grain sur la moindre parcelle de bonne dimension, rappelle Lyle Muyres, vice-président, Marketing, de l’entreprise Corr Grain Systems, à Regina. Aujourd’hui, les fermes de 20 000 acres ne sont pas rares dans les Prairies. Les producteurs veulent entreposer tout leur grain au même endroit afin d’en faciliter la gestion. Beaucoup utilisent des sacs à grains pour entreposer temporairement leur grain au champ durant la période mouvementée de la récolte, puis ils déplacent leur grain dans leur lieu d'entreposage central où il est plus facile de surveiller de près l’état de la récolte.

« Bon nombre des raisons pour lesquelles les producteurs améliorent leurs systèmes d’entreposage et de manutention du grain sont liées à l’efficacité logistique et à l’efficacité de la main-d’oeuvre, fait valoir Terry Betker de la société Backswath Management de Winnipeg. Certains agriculteurs utilisent trois ou quatre moissonneuses-batteuses et récoltent quatre ou cinq milliers de boisseaux par heure, donc l’utilisation de grosses cellules leur fait gagner beaucoup de temps. »

La location par rapport à l’achat

Selon M. Betker, les producteurs ont de bonnes raisons économiques de se doter d’une capacité d’entreposage correspondant à la taille de leurs moissonneuses-batteuses, de leurs chariots à grains et de leurs camions. La centralisation de l’entreposage du grain améliore la logistique entourant les allées et venues des camions et elle simplifie les opérations, car il n’est plus nécessaire de se rendre à différents emplacements quand vient le moment de livrer le grain.

La majorité des producteurs qui installent de nouveaux systèmes d’entreposage du grain louent ces systèmes. Ce choix s’explique par le fait que la location peut s’avérer beaucoup plus avantageuse que l’achat du point de vue fiscal, explique Tere Stykalo, un spécialiste en agriculture responsable de la région du Sud pour le cabinet MNP de Dauphin, au Manitoba.

« Lorsqu’un producteur achète une cellule à grain, il peut demander la déduction pour amortissement à un taux de seulement 10 % par année, selon la méthode de l’amortissement dégressif. Au cours de la première année, il ne peut réclamer que la moitié de ce taux, soit 5 %, ajoute M. Stykalo. Ainsi, pour l’achat d’une simple cellule au coût de 50 000 $, un producteur peut amortir un montant de seulement 2 500 $ la première année et un montant de 5 000 $ l’année suivante. Par comparaison, s’il louait une cellule au coût de 50 000 $ pendant cinq ans, il pourrait réclamer une déduction des frais de location de 10 000 $ par année. »

« Ce sont des chiffres très simples que j’utilise à titre d’exemple uniquement, précise-t-il. Le producteur peut racheter l’équipement à faible coût à la fin de la période de location, mais la location est parfois beaucoup plus avantageuse que l’achat d’un point de vue fiscal. »

Ayez un plan d’ensemble

Selon M. Muyres, la première chose à prendre en considération est l’endroit où vous installerez vos nouvelles cellules. Gardez à l’esprit des facteurs comme l’élévation, l’efficacité du drainage et, bien sûr, l’expansion future. Le simple fait qu’un emplacement soit adapté aux camions et au matériel de manutention que vous utilisez aujourd’hui ne signifie pas qu’il conviendra aux plus gros équipements que vous pourriez utiliser ultérieurement.

Un jour ou l’autre, tout le monde a déjà installé une cellule à grain au mauvais endroit ou sur un terrain trop bas, dit-il. « Installez-la à un endroit où il n’y a pas d’accumulation d’eau, et cela vaut non seulement pour l’endroit où vous installez vos cellules, mais aussi pour l’endroit où se trouvera votre équipement au moment du chargement. »

Il peut aussi être difficile de choisir la cellule de la bonne dimension parce que celle-ci varie d’une exploitation à l’autre. M. Muyres estime que la dimension est fonction de la variété de cultures que vous produisez actuellement et qu’elle doit offrir une marge de manœuvre pour l’avenir. Les producteurs qui produisent 10 ou 12 cultures différentes choisissent d’installer de nombreuses cellules d’une capacité plus modeste, tandis que ceux qui produisent seulement deux ou trois cultures en très grande quantité optent pour quelques cellules plus spacieuses.

« L’objectif est de pouvoir installer la vis à grain ou le convoyeur dans une cellule et de ne pas avoir à déplacer l’appareil pendant deux ou trois jours, dit-il. Donc, que vos cellules aient une capacité de 20, de 30 ou même de 50 milliers de boisseaux, choisissez une dimension qui réduit au minimum la nécessité de déplacer l’équipement au moment de la récolte. Par ailleurs, cela vous permettra, à vous ou aux transporteurs contractuels, de sortir le grain très efficacement. »

Utilisez la technologie existante

Sachez que plus les cellules à grain dans une ferme sont grosses, plus un producteur risque de subir une perte financière catastrophique en cas de détérioration. C’est pourquoi presque tous les producteurs installent des systèmes de surveillance, ainsi que des systèmes d’aération et d’autres dispositifs, pour gérer l’état de leur grain.

« Il est important d’acquérir la technologie d’aération et de surveillance adaptée à vos nouvelles cellules, souligne M. Muyres. Ne choisissez pas un système en particulier seulement parce que votre voisin en possède un. Choisissez celui qui convient le mieux à la taille de votre système pour conditionner votre grain. »

La technologie évolue rapidement. Les systèmes les plus récents permettent de surveiller le grain même lorsque vous êtes absent. Si la température dans une cellule commence à grimper, le système envoie une alarme à votre téléphone intelligent, et vous pouvez actionner les ventilateurs à l’aide de votre appareil mobile – même si vous êtes à l’extérieur du pays.

Sollicitez l'aide d'experts

« Si vous envisagez de construire une nouvelle installation de manutention des grains, je vous recommande de faire appel à un spécialiste de la gestion des grains, dit M. Muyres. Vous pouvez vous débrouiller seul, mais un spécialiste vous aidera à départager les nombreuses options qui s’offrent à vous. »

« Il est aussi important de vous assurer que les personnes qui installeront vos cellules possèdent l’expertise qui correspond à vos besoins, ajoute-t-il. Beaucoup de produits d’excellente qualité sont montés par des installateurs aux compétences douteuses. C’est la même chose que lorsqu’on fait construire une maison : la qualité de la main-d’œuvre est probablement aussi importante que la qualité du produit que vous achetez. »

Le fait d’avoir une capacité d’entreposage suffisante à votre ferme vous place en meilleure position d’être celui au terminal qui peut effectuer des livraisons à temps, afin de tirer le meilleur rendement possible.

D'après un article de l'AgriSuccès (septembre/octobre 2015) de Lorne McClinton (@LorneMc).