Le nouveau visage de l’éleveur de bétail canadien

Le tiers des éleveurs‑naisseurs de l’Ouest canadien sont âgés de 60 ans ou plus, et la génération du baby‑boom arrive à la retraite.

Le Dr Murray Jelinski, professeur vétérinaire au Collège de médecine vétérinaire de l’Ouest de l’Université de la Saskatchewan, a analysé les données du Recensement de l’agriculture 2016. Il a demandé à Statistique Canada de préparer une analyse démographique personnalisée des producteurs en fonction de leur âge et de la taille du troupeau.

« Dans l’ensemble du Canada, nous avons perdu un peu plus de 12 % de nos producteurs entre 2011 et 2016, fait remarquer M. Jelinski. En observant les données démographiques, nous savons qu’au moins autant de producteurs quitteront le secteur d’ici le recensement de 2021. »

Stabilité du troupeau

Si le nombre de producteurs diminue, le cheptel bovin est pour sa part demeuré relativement stable depuis 2011. M. Jelinski précise que les producteurs dans la quarantaine agrandissent leurs troupeaux, en particulier si des membres de leur famille plus jeunes manifestent un intérêt pour la ferme.

« Ces personnes possèdent le capital et elles ont la capacité de travailler avec leurs institutions financières et d’autres investisseurs afin d’agrandir leur troupeau, ajoute M. Jelinsky. Ils sont déjà confiants dans leur capacité à gérer de grands troupeaux. Je suis d’avis que ces producteurs sont audacieux et qu’ils continueront de prendre de l’expansion. »  

Possibilités pour les jeunes

Il croît que le secteur offre d’immenses possibilités aux producteurs plus jeunes comme Levi Hull. L’agriculteur de 29 ans exploite avec ses parents une ferme située près de Willowbrook en Saskatchewan, soit à environ 175 kilomètres au nord est de Regina. La ferme abrite environ 1 000 vaches mais M. Hull et ses parents possèdent chacun leurs propres animaux.

« Le niveau d’endettement est très élevé les premiers temps et vous avez besoin de beaucoup de capitaux propres pour que ça fonctionne, explique M. Hull. C’est presque crucial d’être épaulé par quelqu’un qui pratique déjà l’agriculture, que ce soit dans le domaine de la céréaliculture ou dans celui de l’élevage. »

M. Hull ajoute qu’il est possible d’accroître sa superficie de différentes manières lorsque les éleveurs de bétail plus âgés prennent leur retraite, que ce soit en achetant ou en louant des terres où en ayant recours à la location‑achat de terres.

Il est aussi d’accord avec l’évaluation positive de M. Jelinski au sujet des possibilités futures, dans la mesure où l’entreprise reste assez rentable.

« Il n’est pas nécessaire de faire fortune, ça peut aussi être notre mode de vie. Dans la mesure où l’on peut faire suffisamment d’argent pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise, je crois que c’est un domaine qui pourrait attirer des jeunes hommes et des jeunes femmes. » 

En conclusion

Le vieillissement démographique des éleveurs de bovins de l’Ouest canadien permettra aux producteurs plus jeunes de préserver la stabilité générale du cheptel dans un secteur qui demeure somme toute rentable. Le fait de recevoir un coup de pouce de la part d’une personne déjà établie dans l’industrie peut aider à compenser les niveaux d’endettement élevés.

Article par : Neil Billinger