De petits changements qui rapportent gros

Aperçu

  • En théorie, une amélioration du rendement et de la commercialisation de 5 % et une diminution des coûts de 5 % représentent un gain de 15 % sur votre résultat net, mais en réalité cela peut aller jusqu'à 117 %
  • Faites appel à un agronome, à des services professionnels en marketing, et ayez une bonne connaissance de vos coûts de production
  • Adopter la méthode de comptabilité d'exercice peut s'avérer très utile pour la planification financière

Kristjan Hebert explique comment de petites améliorations peuvent véritablement faire une grande différence dans votre exploitation. M. Hebert est associé directeur du cabinet Hebert Grain Ventures de Fairlight, en Saskatchewan. Il possède une vaste expérience en gestion d’entreprises agricoles. Il a amorcé sa carrière en agriculture à l’âge de 15 ans en louant sa première parcelle; à l’âge de 17 ans, il exploitait 500 acres et avait sa propre entreprise de pulvérisation à forfait. 

Pourquoi des améliorations de 5 % peuvent-elles faire la différence?

J’utilise l’analogie du baseball pour expliquer cela. Un frappeur avec une moyenne au bâton de 0,300 ne fait qu’un coup sûr de plus toutes les 20 présences officielles au bâton qu’un frappeur possédant une moyenne de 0,250. Ça semble peu, mais sur une saison ou sur quelques années, cette différence est considérable. Transposons cela à la production de canola (voir le graphique). Si on améliore le rendement et la commercialisation de 5 % et qu’on réduit les coûts de 5 %, on arrive en théorie à un gain de seulement 15 %, mais, dans les faits, le rendement net augmente de 117 %.

« L’essentiel est d’avoir un plan et de connaître votre coût de production. Si vous réalisez à coup sûr des profits, il sera difficile de faire faillite. »

Quelle somme cela représente-t-il pour un produit agricole ordinaire?

Et bien, l’exploitation de référence cultivant du canola avait un rendement net de 50 $ l’acre. En mettant en œuvre la règle d’amélioration des 5 %, on arrive à 108,50 $ l’acre; sur un an, ce serait plus que le double. Dans l’Ouest canadien, dans un rayon de 130 km2, on trouve plusieurs fermes, mais l’une d’entre elles dans ce rayon ferait 100 $ l’acre de plus que les autres. La différence des 5 % est donc phénoménale.

Que peut-on faire pour améliorer le rendement de 5 %? Passer de 40 à 42 boisseaux l’acre semble faisable.

En effet, et votre agronome peut vous aider à le faire. Demandez-lui s’il existe un meilleur ensemble de macronutriments. L’utilisation de la potasse, l’avez-vous considérée? Utilisez-vous le bon mélange de produits et traitez-vous vos semences? Quelle est la qualité du germe de vos semences et le poids de 1 000 grains?

Qu’en est-il de la commercialisation? On aime tous penser qu’on accomplit le meilleur travail possible.

La formation est la clé. Comprenez-vous bien les contrats à terme, le marché des options, les opérations au comptant, les contrats à terme sur écart, et à quel moment reporter les contrats à terme sur écart? Les services d’un professionnel en marketing peuvent être fort utiles. Certaines personnes ont le marketing dans le sang. L’essentiel est d’avoir un plan et de connaître votre coût de production. Si vous réalisez à coup sûr des profits, il sera difficile de faire faillite.

Sur le plan des coûts, cela peut sembler un peu paradoxal lorsqu’il est question d’utiliser plus d’intrants, alors qu’il ne s’agit que d’un des éléments de l’équation.

Je recommande fortement l’utilisation d’une plus grande quantité d’intrants, qui est, dans la plupart des cas, en corrélation directe avec la marge brute. Cependant, de petites améliorations comme le contrôle par section à la ferme ont entraîné une diminution de 8 % du volume d’intrants utilisé et le rendement n’en a pas souffert.

Quelle est la différence en matière de chevauchement? En quoi la conduite automatisée est-elle avantageuse? Grâce à la conduite automatisée, les périodes de travail s’étendent sur 24 heures. Nous parlons beaucoup de main-d’œuvre, de puissance et de machinerie. Quelle est votre dépréciation réelle? Quels sont les traitements versés aux tierces parties, les coûts du carburant et du travail à forfait, les taux de location, en bref, les coûts d’exploitation? Ces coûts peuvent varier de 100 $ l’acre d’une exploitation à l’autre.

Ainsi, deux fermes voisines pourraient produire le même nombre de boisseaux et vendre au même prix, et l’une des deux obtiendrait 100 $ de plus l’acre, simplement parce qu’elle est plus efficiente que l’autre. Pour savoir facilement si vous avez trop d’équipements, demandez-vous combien d’acres de plus vous pouvez cultiver avec la même gamme d’équipement et un employé en plus ou en moins.

Vous préconisez d’adopter la méthode de la comptabilité d’exercice qui permet aux producteurs d’avoir un bon portrait financier de leur ferme. Pouvez-vous nous en dire davantage?

’aimerais que les comptables, les experts-conseils, les agents d’assurance et les banquiers exigent que cette méthode soit utilisée en agriculture. À mon avis, ce changement aurait autant d’impact positif que le passage   au semis direct dans l’Ouest canadien. Les deux premières années peuvent être pénibles parce que personne ne comprend la méthode, mais à terme, elle transforme complètement la relation avec les prêteurs. Elle permet aux producteurs de planifier judicieusement parce qu’ils connaissent avec certitude la situation financière de leur exploitation. La connaissance de votre ratio de levier et de votre capacité à assurer le service de la dette améliore admirablement votre capacité à planifier l’avenir.

  Exploitation de référence Améliorations de 5 %
Rendement du canola
40 bu/acre
42 bu/acre
Prix
10 $/bu
10,50 $/bu
Rendement brut
400 $/acre
441 $/acre
Coûts totaux
350 $/acre
332,50 $/acre
Rendement net
50 $/acre
108,50 $/acre

D'après un article de l'AgriSuccès