Le terme « durabilité » n’est plus un simple mot à la mode

Tout le monde semble avoir une définition différente de la production alimentaire durable. Même si cette notion demeure quelque peu abstraite et subjective, les initiatives en matière de durabilité ont une incidence concrète sur un nombre croissant de producteurs.

En janvier dernier, un sommet sur le blé dur a attiré près de 300 personnes à Swift Current, en Saskatchewan, capitale de la production de blé dur. Greg Viers, gestionnaire de l’approvisionnement en blé dur de Barilla Amérique, était l’un des conférenciers.

Barilla est le premier fabricant de pâtes au monde, et le Canada est le premier exportateur de blé dur destiné à la fabrication de pâtes. Il va sans dire que Barilla est un client important. Cette entreprise familiale, maintenant dirigée par la quatrième génération, a démarré à Parme, en Italie, en 1877.

Aujourd’hui, Barilla possède 28 usines de pâtes et exerce ses activités dans plus de 100 pays. Son usine de pâtes située à Ames, en Iowa, a récemment fait l’objet d’un important agrandissement et serait maintenant la plus grande des États-Unis.

La culture du blé dur occupe plus de cinq millions d’acres dans le sud de la Saskatchewan et de l’Alberta chaque année, mais les milliers de producteurs de blé dur ne font pas affaire directement avec des utilisateurs finaux comme Barilla. L’exposé de Greg Viers était donc une occasion unique pour les producteurs d’entendre le point de vue d’un gros client, en personne.

« La durabilité, a dit M. Viers, est cruciale pour Barilla. » Cette valeur est illustrée par le slogan de l’entreprise : « Bon pour vous, bon pour la planète ».

Sur le site Web du fabricant, une pyramide alimentaire figure côte à côte avec une pyramide de l’environnement inversée pour illustrer l’engagement de Barilla à produire des aliments sains aux effets environnementaux les plus faibles possible.

« Nous sommes déterminés à atteindre l’objectif de nous procurer la totalité de nos matières premières stratégiques de façon responsable et de former des chaînes d’approvisionnement durables, du champ à la table, pour assurer le bien-être des humains, des animaux et de la planète » (traduction libre), peut-on lire sur le site Web.

Marketing destiné aux consommateurs

Un producteur qui participait au sommet a questionné M. Viers à propos de l’allégation « Sans OGM » que l’on trouve sur les emballages de certains produits Barilla. Cette mention n’est-elle pas trompeuse pour les consommateurs? Après tout, aucun pays ne produit de blé ou de blé dur génétiquement modifié à une échelle commerciale.

M. Viers était d’accord, mais il a précisé que la majorité des consommateurs en savent très peu sur les OGM et qu’il est avantageux, d’un point de vue commercial, de leur garantir que les produits sont exempts d’OGM.

M. Viers a aussi offert un aperçu de la chaîne d’approvisionnement au-delà de Barilla, abordant particulièrement les exigences de Walmart. Chaque année, Barilla participe à un sondage de ce détaillant sur l’indice de durabilité qui comporte des questions sur l’épandage d’engrais et l’érosion du sol.

Le sondage comporte aussi la question suivante : « Pour quel pourcentage de votre approvisionnement en grain êtes-vous en mesure de cerner le pays, la région ou la ferme d’origine? »

Comme les producteurs de blé dur, la plupart des agriculteurs canadiens ne vendent pas leurs produits directement aux utilisateurs finaux, mais ceux-ci s’intéressent de plus en plus aux pratiques employées dans les fermes et ont une influence grandissante sur ces pratiques.

D’après un article de l’AgriSuccès (juin 2018) de Kevin Hursh.