L'efficacité avant la taille

cows-feeding

Aperçu

  • La taille de la ferme a certes de l’importance, mais une ferme plus grande n’est pas nécessairement plus rentable
  • L'efficacité est essentielle pour devenir un producteur supérieur à la moyenne
  • Dressez un portrait financier de votre exploitation puis comparez-la aux données de référence de votre secteur

Lorsqu’il est question de maximiser la rentabilité, la taille de la ferme a certes de l’importance, mais une ferme plus grande n’est pas nécessairement plus rentable. Il est tout aussi important de posséder les compétences nécessaires et de savoir gérer sa ferme.

Roger Mills, de Steinbach, au Manitoba, est expert-conseil auprès de producteurs laitiers. Il affirme que ses évaluations comparatives montrent que la rentabilité des producteurs les plus efficaces est de 10 à 15 fois supérieure à la moyenne, et ce, quelle que soit la taille de leur exploitation.

Ces résultats illustrent une tendance relativement mondiale. John Roche, expert- conseil international auprès d’exploitations laitières établi en Nouvelle-Zélande, affirme qu’aux prix actuels, le producteur laitier moyen au Royaume-Uni devrait exploiter 413 vaches pour toucher le revenu national moyen. Or, les producteurs qui occupent le premier quartile n’auraient besoin de traire que 53 vaches pour obtenir ce revenu.

Si votre exploitation n’est pas efficace à sa taille actuelle, elle ne deviendra jamais plus efficace simplement parce que vous augmentez sa taille.

« Lorsque les prix chutent, seuls les producteurs qui occupent le premier quartile sont rentables, selon M. Roche. Est-il donc plus important d’avoir une grande exploitation ou de savoir la gérer? Je peux vous garantir qu’une perte de 1 000 $ par vache n’a rien de plaisant lorsque vous trayez 1 500 vaches. Dans cette situation, je préférerais n’exploiter que 150 vaches. »

L'efficacité est la première étape

Une grande exploitation bien gérée peut bénéficier d’économies d’échelle parce qu’elle peut répartir ses coûts fixes sur des rentrées plus importantes, selon M. Mills. Toutefois, ces exploitations doivent être très efficaces avant d’envisager une expansion.

« Il est inutile de chercher à agrandir simplement pour agrandir, prévient-il. Si votre exploitation n’est pas efficace à sa taille actuelle, elle ne deviendra jamais plus efficace simplement parce que vous augmentez sa taille. » Ce conseil est valable dans tous les pays et dans tous les secteurs de l’agriculture.

La gestion de l’endettement est essentielle à l’efficacité, selon M. Mills, qui insiste pour que les producteurs avec qui il travaille ne consacrent pas plus de 30 % de leurs revenus bruts au service de la dette. Tout dépassement de ce niveau pèserait considérablement sur l’entreprise.

Dans le secteur laitier canadien, qui est soumis à la gestion de l’offre, les producteurs doivent maximiser leur quota pour optimiser leur efficacité. Si vos projections de trésorerie sont établies sur un taux d’utilisation des quotas de 98 % et que votre taux réel n’est que de 85 %, vous éprouverez des problèmes.

« L’utilisation de fourrage de qualité et l’ajout de suppléments ou de concentrés aux rations peuvent contribuer à optimiser le rendement par vache, selon M. Mills. Il est très important de porter attention à des détails comme la reproduction et la détection des chaleurs, même lorsque vous êtes très occupé en été. Ces détails peuvent se traduire par de grandes différences à long terme pour votre exploitation. »

Êtes-vous un producteur d’élite? Comparez-vous pour le savoir

« Si je suis avec un groupe d’agriculteurs et que je leur demande “Parmi vous, qui sont des agriculteurs supérieurs à la moyenne?”, ils lèvent tous la main, selon M. Roche. Si je leur demande qui est un agriculteur inférieur à la moyenne, personne ne lève la main. Personne n’aime se considérer comme moyen. »

En faisant affaire avec un spécialiste des finances pour analyser au moins cinq années de registres financiers de votre ferme, vous pouvez dresser un portrait financier de votre exploitation. En vous comparant ensuite aux données de référence de votre secteur, vous pouvez déterminer où vous vous situez. Si votre classement laisse à désirer, vous pouvez chercher les anomalies et déterminer les éléments que vous devriez améliorer.

Selon M. Roche, il n’est plus suffisant de se situer dans la moyenne. Les agriculteurs doivent chercher à s’améliorer jusqu’à ce qu’ils atteignent le niveau de l’élite, étant donné que les meilleurs agriculteurs ont la résilience nécessaire pour demeurer rentables même pendant les crises financières.

Une autre façon de mesurer la réussite

Les générations précédentes étaient prêtes à travailler pour travailler, selon M. Mills. Mais aujourd’hui, lorsque les gens se marient et ont des enfants, ils veulent également prendre part à leur vie familiale.

L’an dernier, M. Roche a rencontré un groupe de producteurs laitiers du Waikato, en Nouvelle-Zélande. Puisqu’il faisait mauvais, ils se sont réfugiés dans la laiterie de l’un des producteurs, où ils ont discuté pendant trois heures. Les résultats financiers de ce producteur montraient qu’il était de 30 à 50 % plus efficace que la plupart des agriculteurs et que ses profits se situaient dans la tranche supérieure de 20 % de son groupe de comparaison. La discussion a donc surtout porté sur la raison pour laquelle il ne mettait pas tout en œuvre pour produire plus de lait et augmenter encore ses revenus. M. Roche a été profondément touché par sa réponse.

L’agriculteur lui a dit : « Je veux passer plus de temps sur mon bateau avec mon épouse et mes trois jeunes enfants pendant l’été au lieu d’être dans mon tracteur à nourrir le bétail. Je gagne bien assez d’argent en travaillant comme je le fais. »

D'après un article de l'AgriSuccès (mai/juin 2016) de Lorne McClinton (@LorneMc).

Saviez-vous que nous offrons des événements d'apprentissage sur ce genre de sujets partout au Canada? Trouvez un événement près de chez vous.