Maîtriser l’art de la communication aide à maintenir le bon fonctionnement de la ferme

De bonnes habiletés interpersonnelles sont très utiles lorsqu’il s’agit de déterminer les points forts et les points faibles de chacun et la place qui leur convient dans l’exploitation agricole.

« Il est risqué de ne pas posséder de bonnes habiletés interpersonnelles, en particulier les aptitudes à la communication », dit Karin Naslund du cabinet Legacy Family Business Advisors et de LifeBright Learning, à Camrose, en Alberta.

Les habiletés interpersonnelles peuvent s’avérer capitales pour la réussite d’une ferme, certaines plus que d’autres. Partagez sur Twitter

Communication

Il est important que la communication soit efficace, très claire, détaillée et porteuse de soutien, dit‑elle.

« L’aspect interpersonnel et l’établissement des relations avec vos coéquipiers ont une incidence déterminante sur le maintien en poste », dit Mme Naslund.

Le problème est que ces compétences reçoivent peu d’attention, ce qui rend la tâche particulièrement difficile pour les nouvelles recrues, dont les employeurs s’attendent à ce qu’ils volent rapidement de leurs propres ailes avec un minimum de communication.

« Il est tenu pour acquis que les nouveaux employés ont déjà travaillé dans une ferme ou possèdent des connaissances en agriculture, et qu’ils sauront exactement comment s’y prendre au travail », dit Mme Naslund.

Points forts et points faibles

Tout le monde veut donner le meilleur de lui‑même, mais comment y arrive‑t‑on?

« Êtes‑vous disposé à faire des évaluations du rendement ou à donner de la rétroaction difficile lorsque le rendement ne correspond pas à vos attentes? » demande Elaine Froese, productrice et spécialiste du transfert des fermes familiales.

Quelquefois, les employés ne sont pas à la hauteur des fonctions qu’on leur a confiées, souligne Ken Keis, président et chef de la direction de Consulting Resource Group International. Toutefois, le gestionnaire a‑t‑il vraiment porté attention aux points forts des gens?

« Avant de pouvoir entretenir des relations approfondies, vous devez comprendre le style et la personnalité de chacun », ajoute M. Keis.

Un vent de changement

La génération Y [en anglais seulement] et la génération Z aspirent à une plus grande transparence à la ferme et souhaitent abolir la culture du secret tout en ouvrant les voies de communication, selon M. Keis.

« Le style décisionnel [en anglais seulement] est une habileté interpersonnelle qui influe sur la perception des gens avec qui vous travaillez : trouvent‑ils que vous prenez des décisions dans un esprit de collaboration – une situation gagnant‑gagnant pour tout le monde – ou vous considèrent‑ils pratiquement comme un dictateur? » ajoute Mme Froese.

Elle explique que les jeunes générations ont appris différents styles de gestion et acquis des habiletés interpersonnelles à l’université et dans leur travail à l’extérieur de la ferme.

En outre, elles ont plus tendance à considérer la ferme comme une entreprise, et ont pleinement conscience du fait que les relations interpersonnelles ont une incidence déterminante sur la prospérité de l’exploitation, indique Mme Naslund.

Fossé générationnel

Il en résulte un fossé générationnel : les éventuels successeurs ont l’impression que les membres de la génération précédente sont de mauvais communicateurs et s’en trouvent contrariés.

De son côté, la génération âgée est convaincue que les jeunes d’aujourd’hui acceptent mal la critique.

Il faut peut‑être accuser la technologie, qui fait que les conversations en face à face sont remplacées par des réponses instantanées sur des téléphones intelligents. Le problème est que ce mode de communication est dépourvu du ton qui caractérise la communication verbale, souligne Mme Froese.

En conclusion

La compréhension des points forts et des points faibles des employés et la reconnaissance des différences générationnelles sont indispensables au maintien d’une équipe solide d’employés agricoles. L’attention à ces caractéristiques, disent des experts, est un moyen d’atténuer le risque.

Article par : Richard Kamchen