Que le vrai test débute

Analyse du marché

Aperçu

  • De l’avis de plusieurs agronomes, la période de pollinisation pourrait être décalée d’au moins une semaine sinon deux
  • Il est presque acquis que les surfaces de maïs ont diminué par rapport aux anticipations initiales du USDA
  • Le marché du blé semble avoir tourné à la hausse cette année

Quand nous regardons dans notre rétroviseur, on note que les prix du maïs atteignent leur maximum durant la dernière semaine du mois de juin alors que celui des fèves est plutôt atteint pendant la deuxième ou même troisième semaine de juillet. Bien évidemment, ce sont des moyennes des 15 ou même 30 dernières années. Il pourrait en être différent cette année. Les semis se sont réalisés en temps voulu, mais l’émergence des plants s’est réalisée plus tardivement cette année. De l’avis de plusieurs agronomes, on pense que la période de pollinisation pourrait être décalée d’au moins une semaine sinon deux. Cela reste à voir, mais il reste un test très important à passer pour le marché des grains; la publication du rapport des ensemencements réels le 30 juin.

Les prix du maïs atteignent leur maximum durant la dernière semaine du mois de juin alors que celui des fèves est plutôt atteint pendant la deuxième ou même troisième semaine de juillet.

Un rapport attendu

Ce rapport est devenu sans doute le plus important de l’année puisque le USDA collige toutes les informations des producteurs au sujet des surfaces semées et de l’assurance récolte. À partir de ce moment, les négociants auront une idée plus juste des véritables semis réalisés ce printemps. 

La publication du 30 mars dernier indiquait que les producteurs américains allaient semer : 90 millions d’acres de maïs (-6 % par rapport à l’année 2016), 89,5 millions d’acres de soya (+7 %) et 46,1 millions d’acres de blé (-8 %). 

Le printemps pluvieux à plusieurs endroits aux États-Unis a peut-être découragé certains producteurs qui ont dû abandonner des surfaces de maïs au profit du soya. Plusieurs centaines d’acres de maïs ont dû être semés au moins deux fois! Les producteurs ont aussi le choix d’abandonner les champs et de faire une réclamation d’assurance. 

Il est presque acquis que les surfaces de maïs ont diminué par rapport aux anticipations initiales du USDA. De plus, le retard des semis pourrait signifier une stabilisation ou une légère détérioration des rendements par rapport aux données recueillies l’an dernier. 

Transfert maïs-soya 

Le soya est dans une classe à part en raison du transfert des surfaces de maïs vers le soya. Nous saurons combien d’acres ont été véritablement transférés lors de la publication du rapport. Par contre, les chiffres déjà proposés suggèrent que nous aurons peut-être plus de surfaces en soya qu’en maïs cette année. 

 Il n’y a pas que le transfert maïs-soya qui préoccupe les producteurs de soya, il y a aussi le transfert possible entre le blé de printemps et le soya. Les problèmes vécus suite au temps sec des derniers mois au Dakota du Nord et du Sud et au Minnesota pourraient avoir encouragé ce transfert. 

Une troisième raison qui explique la tangente prise par le soya cette année est le fait que les producteurs ont opté davantage pour la nouvelle variété de soya de Monsanto accueillie en grande pompe l’an dernier et qui a produit des rendements records. Monsanto a rapporté une hausse notable de ses ventes le printemps dernier suggérant une hausse de l’utilisation de ses semences. 

Le marché du blé semble avoir tourné à la hausse cette année. Les perspectives de récolte mondiale sont à la baisse. Il est bien possible que la production de maïs connaisse la même tangente. Quant au soya, il faudra du bien mauvais temps aux États-Unis cet été et de mauvaises récoltes en Amérique du Sud pour changer la tendance négative bien pesante sur les marchés. 

Frédéric Hamel est présentement directeur, Stratégie commerciale chez TRT-ETGO, professeur en formation continue à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe et consultant en environnement et gestion des risques. Provenant du milieu rural, il a travaillé dans sa jeunesse dans plusieurs entreprises agricoles de sa région de la vallée du Richelieu.

Détenteur d’un baccalauréat en finance et du titre de CFA (analyste financier agréé), il a travaillé à FIMAT, à la Banque Royale et à MF Global en gestion des risques financiers pour les entreprises. En tant que gestionnaire spécialisé en produits dérivés (GSPD), titre octroyé par l’Institut canadien des valeurs mobilières, il propose différentes structures de gestion de prix (contrepartie) sur les denrées et autres commodités à des entreprises clientes et à des producteurs agricoles. De plus, il s’intéresse activement au marché émergent des crédits carbone et autres crédits environnementaux en Amérique du Nord.