Employer l’endettement comme levier sur la ferme

  • 18 juil. 2019

L’endettement n’est pas forcément mauvais. En fait, disent des experts, les entreprises peuvent avoir besoin de s’endetter pour de nombreuses raisons.

La dette est un des facteurs essentiels de la prospérité de l’industrie, dit Jean‑Philippe Gervais, vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada.

La dette agricole : savoir s’endetter peut être payant. Partagez sur Twitter

« Chaque ferme a des besoins uniques et sa propre capacité à assurer le service de la dette », indique Heather Watson, directrice générale de Gestion agricole du Canada.

L’âge et l’expérience d’un producteur ainsi que le stade de maturité d’une ferme sont à prendre en considération, tout comme la tolérance du producteur à l’égard du risque, dit Mme Watson.

Sharon Ardron, spécialiste en gestion agricole au ministère de l’Agriculture du Manitoba, sait que les producteurs recourent au crédit à l’exploitation ou au crédit commercial pour effectuer leurs transactions comme le financement d’intrants, ainsi qu’à des prêts à terme pour leurs achats d’équipement ou de terre.

Endettement

Avant de s’endetter davantage, les producteurs doivent évaluer leur situation financière, dit M. Gervais.

Il convient d’évaluer la dette courante par rapport aux capitaux propres de l’entreprise, ainsi que la capacité actuelle à honorer les obligations au titre de la dette, dit‑il.

Il s’agit ensuite de prévoir des facteurs comme les recettes et les coûts futurs ainsi que les hausses possibles de taux d’intérêt, de même que leur impact sur la capacité à assurer le service d’une dette plus importante.

« Évaluez la solidité financière de la ferme en effectuant un test de tension fondé sur différents scénarios – favorable, défavorable et catastrophique – afin de valider la capacité de l’entreprise à rembourser des dettes plus élevées », conseille Mme Ardron.

Certains producteurs envisageront peut‑être de souscrire une assurance pour atténuer le risque financier accru.

Les producteurs doivent aussi déterminer s’il est judicieux, du point de vue des affaires, de s’endetter davantage; cela permettra‑t‑il à l’exploitation de progresser?

« Cela fera‑t‑il diminuer les coûts ou augmenter les revenus? illustre Mme Ardron. Les avantages l’emportent‑ils sur les coûts associés à la nouvelle dette et sur le risque accru lié à un endettement supplémentaire? »

Le fait de confier l’examen du plan d’activités à une source fiable permet de faire ressortir des options que le propriétaire de l’entreprise n’aurait pas nécessairement entrevues ou des éléments qui auraient été négligés, dit‑elle.

Surendettement

Des emprunts trop importants ou des conditions d’emprunt incompatibles avec la situation financière de la ferme peuvent conduire au surendettement de certaines exploitations et compromettre la capacité des producteurs d’assurer le service de la dette, prévient Mme Watson.

Les institutions financières utilisent normalement un ratio de couverture du service de la dette pour évaluer la capacité des exploitations agricoles d’honorer leurs obligations au titre de la dette, souligne M. Gervais.

Durant les périodes difficiles, il arrive que les producteurs deviennent plus frileux à l’idée de s’endetter davantage. Par exemple, certains producteurs choisiront d’utiliser leur équipement plus longtemps au lieu de le remplacer, indique Mme Ardron.

Malgré les difficultés rencontrées en 2018 et en 2019, M. Gervais indique qu’il existe des possibilités d’investissement – ainsi que des occasions où l’endettement rapporte – pour les entreprises qui sont dans une bonne situation financière et qui cherchent à accroître leur productivité.

En conclusion

Avant de s’endetter davantage, les producteurs doivent déterminer si cette décision est judicieuse du point de vue des affaires et solliciter les conseils de l’équipe de gestion de la ferme, disent des experts. Dans les bonnes circonstances, la dette permet d’accroître la productivité d’une ferme et de faire progresser l’exploitation agricole.

Article par : Richard Kamchen