La planification est essentielle pour gérer les situations d’urgence à la ferme

Don Connick en a vu, des feux de friches, mais ceux qui ont fait rage en octobre dernier dans les régions de Tompkins, de Burstall et de Leader, dans le Sud‑Ouest de la Saskatchewan, étaient particulièrement impressionnants.

« C’était un monstre de flammes », relate ce producteur agricole de Gull Lake, qui est aussi administrateur de la Agricultural Producers Association of Saskatchewan. « La visibilité était presque nulle, et le vent nous soufflait du sable dans les yeux. C’était le chaos. »

Effort communautaire

M. Connick indique que des pompiers volontaires, des agriculteurs, des grands éleveurs et des membres de colonies huttériennes ont lutté pour empêcher les flammes de s’étendre aux champs et aux pâturages desséchés. Les rafales, qui atteignaient parfois plus de 100 kilomètres à l’heure, ont permis aux feux de se propager rapidement. Les flammes franchissaient des tronçons de route de 30 mètres sans difficulté.

Selon M. Connick, c’est grâce aux producteurs agricoles qui ont utilisé leur matériel aratoire qu’on a fini par maîtriser la situation.

« Ils ont réussi à devancer les flammes et à creuser de très larges sillons coupe‑feu le long de la réserve de route, ce qui a permis de venir à bout du brasier », explique M. Connick, qui ajoute que les blessures subies par certains habitants de la région ont nécessité des mois d’hospitalisation et de rétablissement.

Dommages importants

Les feux de friches ont dévasté environ 85 000 acres de pâturages et de prairies de fauche, coûté la vie à plus de 750 bovins et détruit des kilomètres de clôtures.

« Une famille a perdu près de 200 bêtes d’un même groupe, souligne M. Connick. Un autre homme a perdu la totalité de son troupeau de bovins, qui comptait quelque 85 têtes. C’est leur chèque de paie qui est parti en fumée. »

Enseignements tirés

Selon M. Connick, on a tiré plusieurs enseignements de cette catastrophe. Il exhorte chaque municipalité rurale, chaque ville et village, et chaque ferme à élaborer un plan d’urgence.

« Tâchez d’être prêts à affronter toutes sortes de situations d’urgence. Créez un plan réalisable et assurez‑vous que les personnes touchées en sont informées. »

M. Connick indique qu’en certaines occasions, des curieux ont entravé les efforts des pompiers et des premiers intervenants.

« Ils se déplaçaient dans leur véhicule, congestionnaient les routes et, de façon générale, gênaient la circulation. Quelques‑uns ont failli subir de graves blessures. »

Il ajoute que tous les badauds qui utilisaient leurs téléphones, envoyaient des messages textes et publiaient des photos sur les médias sociaux ont encombré le réseau cellulaire, ce qui a nui à la capacité des intervenants d’effectuer des appels d’urgence à l’aide de leurs téléphones cellulaires.

En conclusion

Prenez le temps dès maintenant d’élaborer un plan d’urgence pour votre ferme en tenant compte de toutes les situations d’urgence possibles, et veillez à ce qu’il soit prêt à être mis en œuvre rapidement au besoin.

Article par : Neil Billinger